Les membres de la Caisse Desjardins de Notre-Dame-du-Mont-Carmel n’ont pas approuvé, dans une proportion suffisante, le projet de regroupement proposé avec la Caisse du Centre-de-la-Mauricie.

Fusion des Caisses Desjardins: résistance à Notre-Dame-du-Mont-Carmel

Shawinigan — La Caisse Desjardins du Centre-de-la-Mauricie n’élargira pas ses cadres comme prévu, à court terme du moins. Contre toute attente, les membres de la Caisse Notre-Dame-du-Mont-Carmel n’ont pas atteint une majorité suffisante pour accepter la fusion, de sorte que cette institution restera autonome.

Des assemblées générales extraordinaires sur ce projet de regroupement devaient se dérouler mardi et mercredi. Lors de la première soirée, les membres de la Caisse Desjardins Cité de Shawinigan ont voté à l’unanimité en faveur de la fusion. Au même moment, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, les membres n’approuvaient ce projet que dans une proportion de 55 %. Or, il aurait fallu que les deux tiers des membres présents donnent leur aval pour que le regroupement se réalise.

Dans ces circonstances, l’assemblée extraordinaire des membres de la Caisse Desjardins du Centre-de-la-Mauricie, prévue mercredi, a tout simplement été annulée. Les trois structures demeureront autonomes.

À l’échelle provinciale, il se forme occasionnellement des poches de résistance aux projets de fusion de Desjardins. Le phénomène demeure toutefois assez marginal, surtout dans la région. Les propositions de regroupement sont passées avec de très fortes majorités au cours des dernières années.

Michel Giguère, président du conseil d’administration de la Caisse de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, avale la pilule avec philosophie. Certains signes avant-coureurs démontraient que le projet ne passerait pas comme une lettre à la poste, dont la participation de 124 membres lors de l’assemblée d’information, le 10 septembre.

«On savait qu’on aurait de l’opposition», convient-il. «Ce que les gens disaient, c’est qu’ils craignaient de perdre un peu leur emprise sur leur caisse. C’est ce que j’ai senti. Ils veulent garder leur caisse, avec leur direction autonome, tout simplement. »

M. Giguère fait remarquer que les assemblées générales annuelles de la caisse attirent toujours une centaine de personnes à Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Les quelque 2900 membres sont donc très impliqués.

«Nous avons une caisse très active, très vivante», se félicite M. Giguère. «On va continuer, nous allons appliquer notre gouvernance, comme Desjardins nous demande de le faire. Comme dirigeants, nous avons la responsabilité de suivre la direction que nos membres demandent.»

«Je ne prends pas ça d’une façon négative», ajoute le président. «Nous avons eu un vote positif, à 55 %, mais malheureusement, ça nous prenait 66 %. Pour nous, ce projet représentait l’évolution de Desjardins. De plus en plus, nous avons de la difficulté avec la gestion du personnel. Nous avons des personnes qui s’en vont à la retraite bientôt, dont notre directrice dans quelques mois. Nous allons donc faire des concours et combler ces postes! Nous allons prendre nos responsabilités pour le futur de la caisse.»

André Héon, directeur général par intérim de la Caisse du Centre-de-la-Mauricie, souhaite également faire contre mauvaise fortune bon coeur à la suite de ce verdict.

«On reconnaît le droit des membres à émettre leur opinion dans ce projet», commente-t-il. «Desjardins va vivre avec l’exercice de la démocratie.»

«Le résultat ne nous étonne pas autant qu’il nous interpelle», philosophe M. Héon. «Les dirigeants étaient fiers et convaincus des gains que les membres pouvaient faire en terme de qualité de services et d’accessibilité. Mais les membres l’ont vu autrement. Ils ont droit de décision sur certains éléments et c’en était un. On respecte ça.»

La Caisse du Centre-de-la-Mauricie demeurera donc une entité regroupant quelque 44 000 membres et 150 employés. Il faut noter que même si les membres de la Caisse Cité de Shawinigan ont approuvé le projet de fusion à l’unanimité, leur désir ne pourra se concrétiser à court terme.

«C’est une question légale», explique M. Héon. «Quand le projet est préparé, il fait l’objet de différentes approbations, à la Fédération (des Caisses Desjardins du Québec) et à l’Autorité des marchés financiers, avant qu’on aille le soumettre à nos membres. C’est un document légal et s’il manque un morceau, le projet ne fonctionne pas.»

Voilà pourquoi les trois caisses demeureront autonomes à court terme. Compte tenu de l’intérêt des membres de la Caisse Cité de Shawinigan et des réalités géographiques, cette entité sera sans doute regroupée avec celle du Centre-de-la-Mauricie un jour ou l’autre. Il faudra toutefois recommencer les fastidieuses démarches.

«Les discussions devront reprendre entre les dirigeants, s’ils le souhaitent», indique M. Héon. «Mais il faudrait reprendre les étapes de présentation de dossier dans les structures d’approbation et ensuite, aux membres. Ça ne peut pas se faire à court terme.»