L'immeuble abritant les bureaux du Capital Gazette, visé par une attaque la semaine dernière.

Fusillade au Capital Gazette: harcelée par le suspect, une femme raconte sa terreur

WASHINGTON — Une Américaine harcelée sur Internet par l’homme qui a tué cinq personnes dans un journal local a raconté la terreur dans laquelle elle a vécu pendant plusieurs mois à cause de ses messages menaçants.

Dans une interview diffusée lundi sur la chaîne NBC, la jeune femme, qui a demandé à être identifiée sous le nom de «Lori», a affirmé avoir tout de suite su qu’il était l’auteur de la fusillade de jeudi dans le Capital Gazette à Annapolis, au Maryland.

Dès que c’est arrivé, «j’ai décroché le téléphone et dit: "je sais qui est votre suspect"», a raconté la jeune femme, filmée de manière à ce qu’on ne reconnaisse pas son visage.

«Je savais que s’il allait faire quelque chose comme une fusillade, cela viserait le Capital», a-t-elle poursuivi.

Jarrod Ramos, 38 ans, a abattu cinq personnes au Capital Gazette et a été arrêté dans la foulée. Il a été inculpé de cinq meurtres.

Cet homme entretenait une relation conflictuelle avec le journal après l’avoir attaqué, sans succès, en diffamation. Il lui reprochait un article intitulé «Jarrod veut être ton ami», dans lequel le Capital Gazette détaillait le cas de Lori.

Dans l’interview à NBC, cette dernière a raconté les longs mois de harcèlement en ligne.

Dans une interview diffusée lundi sur la chaîne NBC, la jeune femme, qui a demandé à être identifiée sous le nom de «Lori», a affirmé avoir tout de suite su qu’il était l’auteur de la fusillade de jeudi dans le Capital Gazette à Annapolis (Maryland).

Tout commence avec un courriel que lui envoie en 2009 Jarrod Ramos, son ancien camarade de lycée. «Il m’a dit à un moment qu’il me contactait parce que j’étais la seule personne qui avait été gentille avec lui au lycée», souligne-t-elle, précisant qu’elle lui avait dit ne pas se souvenir de lui.

Ils échangent des messages tous les deux jours environ puis Lori reçoit un «courriel vraiment méchant», «sortant de nulle part» parce qu’elle n’a pas répondu assez rapidement à son dernier message. Les messages de Jarrod Ramos deviennent de plus en plus menaçants.

Lori porte plainte en 2011, et Ramos plaide coupable. Il évite la prison, mais est placé en liberté conditionnelle pendant 18 mois.

Furieux contre l’article du Capital Gazette relatant sa condamnation, il lance des poursuites en diffamation contre le journal en 2012, rejetées après un appel en 2015.

De son côté, la jeune femme a continué à vivre dans la terreur.

«J’avais peur qu’il apparaisse n’importe où, n’importe quand, et me tue», relate-t-elle. «Je sais qu’il ne peut pas venir et me trouver aujourd’hui, mais j’ai été tourmentée, traumatisée, et terrorisée pendant tellement longtemps que, je crois, ça m’a changée en tant que personne».