Une cérémonie chargée d’émotions pour les membres de la famille de Bernard Landry, dont sa fille Pascale et sa femme Chantal Renaud.

Funérailles de Bernard Landry: une «cérémonie exceptionnelle»

TROIS-RIVIÈRES — D’anciens confrères et amis de Bernard Landry de la région ont assisté mardi aux funérailles d’État de l’ancien premier ministre du Québec.

L’auteure et ancienne candidate péquiste dans Trois-Rivières Djemila Benhabib a pris la parole lors des funérailles de Bernard Landry. Cette amie de l’ancien premier ministre du Québec a évoqué le courage de l’homme qui a consacré sa vie au service public et à un son rêve le plus cher, celui de faire l’indépendance du Québec.

«Le monde appartient à ceux qui luttent, disait le grand Hugo et M. Landry était de ceux-là. Un battant», a mentionné l’auteure lors de son hommage.

«Bernard Landry caressait cette idée d’indépendance comme une exigence incessante et pressante. Une obsession. Une obsession presque maladive.

Peut-on reprocher à un patriote de trop aimer sa patrie, sa nation, son peuple? D’ailleurs a-t-on déjà vu, un jour, un patriote mourir d’avoir trop aimé les siens?»

Djemila Benhabib a aussi abordé dans son hommage le parcours politique tumultueux de Bernard Landry. «La vie d’un patriote n’est pas de tout repos. Car à chaque fois que nous pensons avoir atteint le sommet, ce dernier s’éloigne de nous», a-t-elle dit.

«Le chaos nous guette. M. Landry a traversé toutes ces épreuves sans jamais perdre pied. Il a toujours maintenu sa propre flamme allumée en plus de garder celles des autres bien vivantes. C’était un mobilisateur né. Parler, convaincre, transmettre le goût du pays était chez lui un réflexe naturel, une vocation.»

Responsable de plusieurs ministères sous René Lévesque, dont celui des Finances, Yves Duhaime qualifie «d’exceptionnelle et grandiose» la cérémonie de mardi. «Il y avait une très grande foule», a noté l’ancien député de Saint-Maurice.

«Ce qui m’a frappé le plus, c’est que les communautés culturelles étaient représentées. Ça reflétait très bien l’image que M. Landry reflétait d’être ouvert et en étroite relation avec les communautés culturelles.»

Député de Laviolette et ministre du PQ aux côtés de Bernard Landry, Jean-Pierre Jolivet mentionne aussi que la cérémonie a été «exceptionnelle». Il a particulièrement aimé lorsque la fille de Bernard Landry a parlé de la vie familiale de l’ancien premier ministre.

«Maka Kotto nous a de son côté démontré que nous sommes un parti comme Bernard le voulait, acceptant les autres ethnies qui ont le goût d’être des Québécois comme tout le monde», a-t-il souligné.

L’ancien ministre du Parti québécois et commentateur politique Yves-François Blanchet a été frappé par la grande diversité des personnes présentes. «J’ai vu une salle où il y avait des gens de toutes les époques et de tous les partis, sans ordre. Il n’y avait pas de ligne de parti ou de génération pour rendre hommage à M. Landry», a-t-il précisé en mentionnant que la cérémonie était très touchante.

Bien qu’exceptionnelles, ces funérailles d’État ne pouvaient totalement rendre hommage à l’homme remarquable qu’était Bernard Landry. C’est du moins ce que croit Yves-François Blanchet. «Quand on a connu l’homme, ce n’est pas vraiment à la hauteur. Mais c’est probablement le plus proche qu’on pouvait se rendre», a-t-il ajouté.

Le doyen de la Chambre des communes, Louis Plamondon, était également à Montréal mardi pour rendre un dernier hommage à l’ancien chef du PQ. «C’était un très bel hommage. On a touché l’homme et le politicien. On a bien démontré à quel point il était visionnaire au point de vue économique», a avoué le député du Bloc québécois. «Bernard Landry est un des artisans du Québec économique moderne.»

Louis Plamondon cite en exemple le crédit d’impôt accordé par Bernard Landry à l’industrie du jeu vidéo. Une lettre du président-directeur général d’Ubisoft a d’ailleurs été lue lors de la cérémonie. «Tout le monde disait que c’était trop généreux ce crédit d’impôt. Et aujourd’hui, c’est 10 000 emplois», a mentionné M. Plamondon.

Le respect de Bernard Landry pour ses adversaires politiques a toujours impressionné Louis Plamondon. «Il était extrêmement respectueux de ses adversaires et respecté par eux. Il était un battant», a-t-il précisé en avouant que Bernard Landry l’a toujours influencé à ce niveau.