Le professeur d’économie à l’UQTR Frédéric Laurin a dénoncé certains comportements dangereux d’automobilistes envers les cyclistes.

Frédéric Laurin interpelle les automobilistes

TROIS-RIVIÈRES — Le professeur en économie à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Frédéric Laurin, a interpellé les automobilistes sur les réseaux sociaux après avoir vécu et été témoin de comportements dangereux alors qu’il était à vélo.

«Ce qui a fait déborder le vase, c’est que vendredi j’étais sur la piste cyclable sur le boulevard des Chenaux, où les lignes sont bien faites», raconte M. Laurin. «J’étais en plein milieu, et quelqu’un s’est mis à m’engueuler».

M. Laurin affirme que des épisodes semblables lui sont arrivés à plusieurs reprises depuis l’an dernier. Se faire frôler ou crier dessus sans raison valable sont parmi les exemples donnés par le cycliste d’expérience.

Un phénomène récent en région
«À Trois-Rivières, je n’avais jamais vu ça avant», indique l’homme qui pratique le cyclisme dans la région depuis maintenant neuf ans.

Frédéric Laurin croit que ces comportements surviennent parce que certaines personnes sont influencées par une idéologie de plus en plus répandue quant aux cyclistes.

«Ici, il n’y a pas beaucoup d’automobiles, pas beaucoup de vélos, il n’y a jamais de problèmes de circulation», explique-t-il. «Pour moi, ça ne peut pas juste venir de la friction naturelle, comme à Montréal ou à Québec».

Le professeur à l’UQTR estime que le problème est davantage culturel. «À mon avis, ça a été un peu l’influence des radios de Québec, à force de parler des cyclistes».

M. Laurin insiste sur le fait que des comportements dérangeants sont non seulement désagréables, mais également dangereux. «Il se passe plein de choses dans la tête d’un cycliste: il y a peut-être du vent, des obstacles à éviter, il faut faire attention aux piétons, aux voitures», souligne-t-il.

Surprendre un cycliste en pleine rue pourrait donc sans doute causer un accident. «Si quelqu’un me crie dessus alors que je suis en train de penser à mille choses en même temps, il se peut que ça me surprenne et que je prenne une débarque», affirme M. Laurin.

Éduquer pour mieux comprendre
Selon M. Laurin, la principale solution à la guerre voiture-cycliste demeure l’éducation, afin que les automobilistes comprennent mieux la réalité des déplacements en vélo.

«Quand je roule sur le bord d’un trottoir, parfois je dois me décoller parce qu’il y a une bouche d’égout mal placée, un trou, de la vitre; un obstacle que l’automobiliste ne voit pas», soutient Frédéric Laurin.

Il explique également que certains cyclistes ne peuvent rouler seulement sur les pistes cyclables. «Sur certaines pistes cyclables, ce serait dangereux de faire mon entraînement», explique M. Laurin. «Il a des gens qui sont là juste pour rouler tranquillement, d’autres en patins à roues alignées ou qui font de la course à pied».

Frédéric Laurin est conscient que les cyclistes se doivent de respecter les règlements, au même titre que les automobilistes. «Il faut s’habituer et que les cyclistes apprennent à bien respecter le Code de la route de façon sécuritaire».

Rappelons que selon le Code de la sécurité routière, les automobilistes qui souhaitent dépasser un cycliste doivent s’assurer qu’un espace d’au moins 1 m sépare les deux usagers dans une zone de 50 km/h et moins, alors que cette distance doit être de 1,5 m dans les zones de plus de 50 km/h.