De gauche à droite, Daniel Barriault, Frédéric Dion et Jacob Racine.
De gauche à droite, Daniel Barriault, Frédéric Dion et Jacob Racine.

Frédéric Dion est de retour d’Amérique du Sud

Matthieu Max-Gessler,  Initiative de journalisme local
Matthieu Max-Gessler, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
MONTRÉAL — Après un mois et demi de péripéties sur la Cordillière des Andes, dans la jungle amazonienne et des déserts de sel en Amérique du Sud, l’aventurier Frédéric Dion a finalement remis les pieds au Québec, lundi. Même si son épopée ne s’est pas toujours déroulée sans imprévus, le Montcarmellois a atteint son objectif: rejoindre le pôle intérieur du continent, soit le point le plus éloigné des côtes.

«Ç’a été pas mal plus de défis que prévu, on a composé avec des terrains complètement différents. On s’y attendait, mais entre ce que tu peux planifier à la maison et ce que tu vis sur le terrain, c’est complètement différent», souligne Frédéric Dion.

Parmi les éléments les plus marquants de ce périple, l’aventurier mentionne les conditions météorologiques, alors que le trio a été confronté à des températures très élevées et un taux d’humidité à 90 %. «Je ne tripe pas sur le froid, mais quand il fait 45 degrés, je peux dire que je préfère un -12», lance-t-il.

Frédéric Dion garde un excellent souvenir de son bref séjour en radeau improvisé sur le Rio Grande. Bien que cette portion du voyage ait viré au vinaigre, alors qu’une rapide montée des eaux a forcé le trio à regagner la berge et à poursuivre sa route sur la terre ferme, les paysages que le Montcarmellois a vus en valaient vraiment la peine, assure-t-il.

«Les deux jours qu’on a passés sur le fleuve étaient extraordinaires. On avait l’impression d’être seuls au monde, parce qu’il n’y avait pas de civilisation. On a vu des voiliers de perroquets: je ne pensais pas que ça existait! Cette section-là était magique, même si avec la décision de quitter la rivière, ça s’est transformé en enfer. Mais on était zen avec cette décision-là.»

Pas fait pour la jungle

L’aventurier garde cependant un souvenir moins agréable de la jungle que ses compagnons et lui ont dû traverser à quelques reprises. Les derniers pas que les aventuriers ont dû franchir avant d’atteindre le pôle intérieur étaient particulièrement pénibles.

«La distance n’était pas grande, c’était à un kilomètre et demi derrière une ferme, dans la jungle, mais imagine un terrain où il y a des arbustes pleins d’épines, des herbes coupantes et grimpantes. Il y a des guêpes, je me suis fait piquer deux fois et on a trouvé quatre nids en 1,5 km. On s’est aussi fait avertir par les fermiers de faire attention aux anacondas, qui font un pied de diamètre, et aux sangliers. Je ne peux pas dire que j’ai tripé tant que ça sur la jungle. Tu es toujours sur tes gardes, parce que tu te demandes si des fourmis ne vont pas te sauter dessus, sans compter les chenilles avec des piquants venimeux. J’avais hâte de revenir au Québec et de retrouver une forêt un peu plus passive», raconte-t-il avec humour.

L’amitié qui unit les trois comparses a tenu bon tout au long de l’aventure, selon Frédéric Dion. «On ne s’est pas chicané une seule fois, on a gardé une entente extraordinaire. Je savais que j’avais de super coéquipiers, mais j’ai quand même été surpris de leur capacité à faire face à toutes sortes de scénarios improbables», souligne-t-il.

Le Montcarmellois se dit extrêmement reconnaissant envers Daniel Barriault et Jacob Racine, qui lui ont permis de terminer son aventure de manière sportive, comme il le souhaitait. En effet, les vélos des trois aventuriers étaient trop endommagés pour qu’ils puissent poursuivre leur route avec ce moyen de transport. Ses deux compères ont donc permis à Frédéric Dion de récupérer des pièces sur leur monture afin qu’il puisse réparer la sienne. Alors que l’aventurier mauricien a continué à pédaler, ses deux acolytes ont terminé le trajet dans une voiture de location.

La suite des choses

Si l’aventure est terminée, le travail ne fait que commencer pour Frédéric Dion, qui va réaliser un film à partir des images qu’il a captées avec ses coéquipiers Daniel Barriault et Jacob Racine tout au long de leur périple. L’aventurier passera les prochains mois de l’hiver à faire du montage avant de vendre son film, qu’il est possible de précommander sur son site internet.

Le Montcarmellois reprendra également ses conférences. La première à son agenda aura lieu le 14 mars, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Même s’il vient à peine de rentrer au bercail, Frédéric Dion ne peut s’empêcher de commencer à réfléchir à sa prochaine destination, un choix qui se fera en concertation avec sa conjointe. «On a parlé de l’Australie, mais j’y vais toujours une chose à la fois. On décide ça en famille, puisque le projet inclut aussi un tour du monde avec elle. Mais j’ai hâte de me rasseoir devant mon ordinateur et de penser à ma prochaine destination», reconnaît-il.

Le voyage de Frédéric Dion en Amérique du Sud s’inscrivait dans le défi qu’il s’est lancé d’atteindre les sept pôles intérieurs des sept continents en dix ans. Il a déjà atteint le centre de l’Antarctique en skis tractés par un cerf-volant, en 2014.