Fraudeur en série épinglé à La Tuque

LA TUQUE — Accusé de fraude, vol, emploi de faux documents, recel et entrave à un agent de la paix, Alexander Row devra demeurer derrière les barreaux le temps des procédures judiciaires. C’est ce qu’a décidé le juge David Bouchard aux termes de l’enquête sur remise en liberté, mardi, au palais de justice de La Tuque.

«J’en viens à la conclusion que la détention est nécessaire. […] Je suis convaincu que si je vous remets en liberté monsieur, il y a un risque important que vous ne vous présentiez pas devant le tribunal», a tranché le juge.

«La preuve qui m’est soumise est une preuve fiable […] La probabilité de condamnation est importante», a-t-il ajouté.

Le juge Bouchard a également souligné qu’il avait très peu d’information sur l’accusé et son mode de vie.

Le 8 novembre 2019, Alexander Row aurait commis un vol de matériel électronique d’une valeur d’environ 800 dollars, à la boutique La Source de La Tuque. Le vol a été capté par des caméras de surveillance, mais ce n’est que plus tard que le suspect sera identifié.

Au début du mois de janvier 2020, Alexander Row est retourné à la même boutique et c’est là qu’il a été reconnu par des employés. Sur place, les policiers ont procédé à l’arrestation de l’individu.

Alexander Row

Alexander Row s’est alors identifié avec un permis de conduire de l’État de New York au nom de David Albert Redman et un certificat de naissance de l’Ontario. Il a été amené par la suite au poste de police où l’enquêteur n’a pas été en mesure de confirmer l’identité du suspect.

«Après plusieurs informations fausses, le suspect a décidé de donner un autre nom : Alexandre Roy. […] Avec le peu d’informations, on réussit quand même à faire le lien avec Alexander Row», a raconté le procureur de la Couronne.

Ce dernier a également déposé en preuve un mandat d’arrestation valide de la Nouvelle-Écosse.

Alexander Row a de nombreux antécédents en semblable matière dans d’autres régions, mais également dans d’autres provinces du Canada. On parle de fraude, fraude à l’identité et vol à l’étalage. Il était d’ailleurs sous le coup d’une probation lors des crimes commis à La Tuque.

«Tous vos antécédents judiciaires sont relatifs à des crimes de moralité. Il faut donc toujours être prudent lorsqu’on entend un délinquant nous dire certaines affirmations. […] Vous aviez une condition claire de ne pas détenir de documents bancaires et de carte de crédit. Vous avez été trouvé en possession de ce type de cartes là», a noté le juge David Bouchard.

Lors de l’enquête sur remise en liberté, Alexander Row, qui se défend seul, avait offert au tribunal de mettre sa voiture en garantie, un Lincoln Navigator 2007.

«La garantie que vous offrez au Tribunal aujourd’hui, c’est un véhicule au nom d’une compagnie qui n’est pas à votre nom et qui est ouverte depuis seulement décembre 2019? Un véhicule qui n’est pas immatriculé à votre nom?», a questionné le procureur.

D’ailleurs, le juge David Bouchard a noté que la garantie offerte par l’accusé était peu fiable.

Durant les procédures, le procureur de la Couronne a insisté sur deux critères pour demander qu’Alexander Row demeure détenu, soit pour assurer sa présence au tribunal et pour la protection du public.

«Ses antécédents sont quand même récents et en continu dans chaque province canadienne. Monsieur semble s’essayer dans chaque province, on part de la Nouvelle-Écosse, on va en Alberta… On commet un crime, on est reconnu coupable, on déménage dans une autre province. Il semble y avoir un certain pattern», a fait remarquer Me Thériault.

Alexander Row reviendra devant le tribunal au mois de février.