François-Philippe Champagne a été le conférencier de la dernière des Grandes rencontres du Collège Laflèche.

François-Philippe Champagne prépare l'avenir

«Pensez globalement mais agissez localement». Cette phrase à elle seule pourrait résumer ce que François-Philippe Champagne a tenté de faire, mardi, en présentant aux étudiants du Collège Laflèche le dernier des entretiens de la série des Grandes rencontres.
Intitulée «L'économie mondiale version 2.0, un monde d'opportunités», sa conférence avait pour but de les préparer à un avenir modelé par l'économie mondiale et l'émergence de nouvelles puissances économiques. De quoi donner le vertige... comme le curriculum vitae de M. Champagne d'ailleurs qui, en soi, est une illustration de son propos.
Lui-même diplômé du Collège Laflèche, avocat de formation, diplômé en maîtrise aux États-Unis, il a travaillé en Italie, en Suisse et en Angleterre. Nommé Jeune leader mondial par le Forum économique mondial, il est vice-président du conseil d'administration de Bionest Technologies, membre des conseils d'administration du Centre d'excellence en efficacité énergétique et de TakingITGlobal ainsi que président du Banff Forum au Canada.
Jusqu'en 2012, il a été membre du comité de direction d'AMEC et auparavant, vice-président du groupe ABB. Sur cette lancée, il se prépare maintenant à disputer l'investiture libérale fédérale de la circonscription de Saint-Maurice-Champlain, dans l'intention de porter ses idées jusque sur la scène politique canadienne. Et justement, son discours qui insistait particulièrement sur l'innovation et l'exportation et l'importance des PME, faisait écho à celui encore récent, des Legault et Couillard lancés en pleine campagne électorale.
Véritable Economic Reality Show, la conférence de M. Champagne a tenu plusieurs étudiants sur le bout de leur chaise, certains n'hésitant pas, comme il l'avait demandé d'ailleurs, à l'interrompre pour poser des questions ou exprimer leur scepticisme. «Ne cherchez pas à retenir les chiffres, les a prévenus le conférencier, seulement les tendances.» Et la tendance est que le monde occidental n'est plus le nombril du monde et qu'ils feraient bien d'en prendre note.
«Nous entrons dans un siècle d'innovation a-t-il prévenu. Les technologies ont remplacé les ressources naturelles. Surveillez la Chine mais aussi l'Indonésie, le Pakistan, l'Iran et le Brésil. Ce qui s'y passe affectera votre avenir», a-t-il prévenu.
Si la plupart de la centaine d'étudiants présents connaissait déjà le G8 (maintenant G7), beaucoup ont découvert d'autres regroupements économiques puissants comme le BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et le N11 ((Bangladesh, Corée du Sud, Égypte, Indonésie, Iran, Mexique, Nigeria, Pakistan, Philippines, Turquie et Vietnam).
Fascinés, les étudiants ont questionné le conférencier sur le mouvement mondial de la main-d'oeuvre, sur l'impact des technologies de communication sur les valeurs et l'éthique, sur les conséquences d'une croissance trop rapide et sur la disparité sans cesse croissante entre riches et pauvres.
Une jeune fille a aussi voulu savoir si un Québec indépendant s'en tirerait mieux qu'au sein de la fédération canadienne. Seule question qui a provoqué un bref moment de réflexion chez le conférencier-aspirant politicien, conscient de la présence de médias dans la salle. Il a finalement répondu qu'un territoire qui aspire à l'indépendance en faisant valoir qu'il a suffisamment de richesses naturelles pour se débrouiller seul, ferait mieux de se rappeler que ce qui vaut cher un jour, peut ne plus rien valoir le lendemain.
Le conférencier a aussi déclaré que le Canada, grand exportateur de richesses naturelles justement, peut aussi compter sur des points forts comme son système bancaire, ses marchés boursiers et surtout, sa qualité de vie qui continue d'attirer des milliers d'immigrants.
«L'avenir sera nano-bio-info», a-t-il déclaré en conclusion en réponse à un étudiant qui voulait connaître son idée sur les prochains phénomènes économiques. Et à son avis, la Mauricie a tout ce qu'il faut pour tirer son épingle du jeu. Certaines entreprises le feraient déjà très bien.