Le CIUSSS-MCQ confirme que deux décès sont directement liés au novovirus causé par les framboises contaminées.

Framboises contaminées: au moins deux décès au Centre-du-Québec

Trois-Rivières — Ce sont finalement deux personnes qui ont perdu la vie dans la région au printemps dernier, en lien avec la consommation de framboises contaminées provenant de Chine. Des 345 cas enregistrés dans la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec, c’est spécialement du côté de la rive sud du fleuve Saint-Laurent que les cas de contamination ont été enregistrés.

C’est ce qui ressort des analyses réalisées par le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, qui a eu à intervenir par le biais de la direction régionale de la Santé publique lors de ces éclosions. La très grande majorité des cas a d’ailleurs été enregistrée dans des résidences pour personnes âgées de la région d’Arthabaska et de l’Érable.

Rappelons qu’au printemps et à l’été dernier, plus de 700 cas confirmés ou potentiels de novovirus avaient été signalés au Québec, dont la plus grande partie dans la région. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) ainsi que le ministère de la Santé ont conclu, à la suite d’une enquête épidémiologique et alimentaire, à une contamination de framboises congelées et importées de la Chine.

Une contamination au novovirus, un groupe de virus associés aux gastroentérites, entraîne des symptômes également apparentés aux gastroentérites. De plus, il est extrêmement contagieux lorsqu’une personne est en contact avec une personne infectée ou avec une surface contaminée qui n’a pas été désinfectée.

Aujourd’hui, le CIUSSS-MCQ est en mesure de confirmer que les éclosions sont survenues dans les six CHSLD d’Arthabaska et de l’Érable, de même qu’au CHSLD de Lyster, tous au Centre-du-Québec. Trois éclosions sont survenues, soit en mars, en avril et en mai.

Des 345 cas enregistrés à la direction de la Santé publique, deux cas ont mené à des décès. «On considère que le décès est survenu lorsque la gastroentérite a été un facteur aggravant ou déclencheur», constate la porte-parole du CIUSSS-MCQ, Valérie Provencher. Le premier décès est survenu lors de l’éclosion de mars, le second lors de l’éclosion de mai. Toutefois, il n’a pas été possible de savoir dans quels établissements étaient survenus ces décès.

On note par ailleurs que d’autres décès ont pu survenir dans les établissements durant ces périodes, mais que la Santé publique a déterminé que le lien entre l’infection au novovirus et le décès ne pouvait être directement fait, étant donné que le décès était survenu trop de temps après l’infection pour qu’elle en soit la cause.

Le CIUSSS explique également qu’étant donné la grande contagion du novovirus, les personnes ayant succombé à cette contamination pourraient ne pas avoir mangé de framboises contaminées, mais avoir simplement contracté le virus lors des épisodes d’éclosion.

Évidemment, rappelle Mme Provencher, les mesures habituelles en cas d’éclosion de gastroentérite ont toutes été mises en place lors des trois épisodes, en même temps que se menait l’enquête de la Santé publique et du MAPAQ pour tenter d’identifier la source de la contamination.

En date d’aujourd’hui, les framboises crues ont été retirées du menu servi dans les résidences pour personnes âgées. «Nous avons un rôle de vigilance à jouer, et ça se continue avec des mesures pour prévenir une éventuelle contamination. Les framboises font toujours partie des menus servis à nos usagers, mais elles seront souvent transformées ou chauffées avant d’être servies. Elles ne sont plus servies crues», indique Valérie Provencher.

Rappelons que cette contamination a mené à un rappel massif l’été dernier, qui visait trois importateurs québécois s’étant procuré des framboises chez le même producteur chinois.