Pierre Thibodeau , Charles Tétreau, David Morin, Cédric Tremblay-Fournier, Yannick Gentes sont d’avis que l’imposition des frais supralocaux par les villes comme Shawinigan et Trois-Rivières auront des effets négatifs non seulement sur les finances des familles mais aussi sur leur santé.

Frais supralocaux pour les activités sportives: des effets négatifs sur la santé

SAINT-ÉTIENNE-DES-GRÈS — Les tarifs supralocaux imposés aux non-résidents par des villes comme Shawinigan et Trois-Rivières auront un impact financier pour plusieurs familles, mais pourraient également avoir des effets négatifs sur la santé des jeunes. C’est ce que déplore un regroupement d’éducateurs physiques et d’autres professionnels du milieu de la santé, tous des citoyens de Saint-Étienne-des-Grès, l’une des nombreuses municipalités ciblées par cette surtaxe liée aux activités sportives.

Yannick Gentes, David Morin, Pierre Thibodeau et Cédric Tremblay-Fournier, des enseignants en éducation physique, ainsi que le professeur clinicien en kinésiologie à l’UQTR, Charles Tétreau, ont envoyé une lettre au conseil municipal de leur municipalité pour témoigner de leur déception face à la sortie publique du maire, Robert Landry. Celui-ci maintient depuis quelques mois que la Municipalité n’assumerait pas la facture associée aux tarifs supralocaux, pas même en partie.

M. Landry a déjà spécifié que selon lui, Saint-Étienne dispose d’infrastructures intéressantes: environ 300 jeunes pratiquent le soccer et 200 sont inscrits au baseball. La pratique du hockey est rendue possible grâce à un partenariat avec Saint-Boniface.

«Les enfants n’ont pas à se sentir limités dans leurs choix de sports et des sports, il y en a plein d’autres. Ce ne sont pas toutes les disciplines qui sont offertes à Saint-Étienne», répond l’un des signataires de la lettre, Pierre Thibodeau. «Pour certains parents, la facture pourrait grimper de 2000 $ supplémentaires par année avec les tarifs. Et ils ne seront pas tous capables de payer. À la fin, ce sont les enfants qu’on privera d’activités sportives selon leurs goûts. Ils seront menottés. Pour d’autres, ils devront se contenter du volet récréatif, même s’ils aspirent à un niveau plus compétitif.»

Les signataires de la lettre portent tous deux chapeaux: celui d’éducateur ou de professionnel de la santé, mais aussi celui d’entraîneur. Des médecins de Saint-Étienne-des-Grès les encouragent également dans cette démarche afin de sensibiliser le conseil municipal. «Saint-Étienne est un endroit prisé par les jeunes familles et la plupart sont assez actives dans les sports. Ce n’est pas le bon message qui est envoyé aux Stéphanois, d’autant plus que les hausses demandées par Shawinigan et Trois-Rivières sont faramineuses.»

Ces tarifs envoient un message discordant par rapport à la politique pour la santé de la population, récemment instaurée par le gouvernement provincial. Il y a quelques jours, la ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, voyait dans ces frais un obstacle à la pratique de l’activité physique. Le regroupement a d’ailleurs contacté Mme Charest ainsi que le député de Maskinongé, Simon Allaire, pour leur parler de cette situation qu’ils jugent préoccupante.

La Municipalité a avisé le regroupement, mardi, qu’elle était ouverte à les rencontrer dans les prochains jours. À savoir s’ils pourront en venir à un terrain d’entente, Pierre Thibodeau préfère jouer de prudence. «On veut que cette rencontre soit positive. On espère trouver des solutions ensemble.»