Karine Saint-Arnaud, résidente de Saint-Maurice, est venue avec son fils pour demander au conseil de revoir à la baisse les tarifs supralocaux.

Frais supralocaux à Trois-Rivières: «Ce montant est exagéré»

TROIS-RIVIÈRES — La Ville de Trois-Rivières serait-elle prête à revoir la hauteur des montants exigés en frais supralocaux aux non-résidents de Trois-Rivières qui souhaitent venir pratiquer un sport dans l’une ou l’autre de ses installations? C’est la question qu’a adressé Karine Saint-Arnaud, une mère de famille résidente de Saint-Maurice, au conseil municipal de Trois-Rivières, mardi soir.

Sans obtenir de réponse claire à cette question, il a toutefois été possible de comprendre que la Ville était présentement, et jusqu’au 28 février, en négociation avec les différentes municipalités visées par ces frais supralocaux, et qu’elle réévaluera le tout une fois cet exercice de négociation terminé.

La Ville de Trois-Rivières a eu à défendre sa position sur plusieurs tribunes depuis les derniers jours concernant ces nouveaux tarifs, alors que des médias de partout au Québec se sont intéressés à la question. Mme Saint-Arnaud a profité de la tribune offerte au conseil municipal pour questionner les élus sur le calcul qui avait été effectué.

Rappelons que les nouveaux tarifs exigibles, qui s’ajoutent par ailleurs aux frais d’inscription dans les différentes associations sportives, varient de 136 $ jusqu’à 716 $ pour les sports de glace comme le hockey. Pour les sports de gazon, dont le baseball et le soccer, ce montant sera de 311 $ par enfant non-résident. Pour Mme Saint-Arnaud, cela se traduit par une facture supplémentaire de 622 $ pour ses deux garçons qui jouent au baseball.

Cette dernière se questionnait sur la méthode de calcul, faisant remarquer qu’une famille qui a plusieurs enfants ne paie pas davantage de taxes municipales. Elle a également calculé que le montant exigé pour l’inscription de ses garçons représentait près de 25 % des taxes municipales annuelles payées par un Trifluvien ayant une maison moyenne de 150 000 $.

«Ce montant, je ne suis pas folle, il est exagéré. Je trouve ça dommage de devoir dire à mes enfants qu’ils ne pourront pas jouer au baseball cette année parce que pour nous, c’est trop», a-t-elle fait remarquer.

La directrice du Service des loisirs et de la vie communautaire, Sophie Desfossés, est venue expliquer que la Ville avait basé son calcul, pour les sports de gazon, sur les coûts d’opération liés à l’entretien, l’ensemencement, le personnel, les frais d’électricité, etc. Ce calcul avait permis d’établir les coûts à 950 000 $ annuellement. En divisant ce montant par le nombre d’inscriptions, on en arrivait à 311 $ par joueur, un montant exigé aux non-résidents mais qui ne le sera pas aux résidents.

Le conseiller municipal Denis Roy a indiqué à Mme Saint-Arnaud qu’elle avait fait le choix de rester à Saint-Maurice, avec les services qui y étaient offerts mais aussi le bas niveau de taxation en conséquence, et que cette décision de la Ville avait été prise dans un souci d’équité. La citoyenne a cependant répliqué qu’elle travaillait à Trois-Rivières, qu’elle y faisait son épicerie, y achetait de l’essence et participait quotidiennement à l’activité économique de la ville, sans forcément que ça ne se traduise par un compte de taxes municipales. «Tout le reste de mon économie passe ici», a-t-elle lancé, rappelant qu’elle ne s’opposait pas au principe d’équité, mais que des frais moins élevés seraient plus acceptables.

Le conseiller municipal François Bélisle, aussi président de la Commission sur la culture, les loisirs et la vie communautaire, a rappelé que les discussions se déroulaient présentement entre les différentes administrations municipales. «On reçoit ce que les gens disent. On ne fera jamais rien pour mettre en péril les organisations trifluviennes», a-t-il indiqué.

Par ailleurs, en marge de la séance publique, la mairesse suppléante Ginette Bellemare a fait savoir que la Ville tiendrait très bientôt un point de presse sur la question pour faire connaître sa position.