Un programme de formation de courte durée permettra de former des aides-cuisiniers dans neuf régions du Québec, dont en Mauricie.

Formation en restauration: Jean Boulet annonce 1,1 M$

TROIS-RIVIÈRES — Afin de soutenir le recrutement de main-d’œuvre dans le secteur de la restauration, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, vient d’annoncer la mise en place d’un programme de formation de courte durée. Il permettra de former des aides-cuisiniers dans neuf régions du Québec, dont la Mauricie, ce qui représente un investissement de plus de 1,1 million $. «La rareté de la main-d’œuvre, c’est particulièrement fort dans les restaurants et chez nous, c’est hyper pertinent. Des aides-cuisiniers, on a besoin d’en former. À chaque fois que je vais dans un restaurant, ils me parlent tous de leur problème de rareté de main-d’œuvre», a confié au Nouvelliste le député de Trois-Rivières.

«Alors que les touristes représentent une clientèle importante pour les restaurateurs de la région de la Mauricie, plusieurs d’entre eux ont de la difficulté à recruter du personnel de cuisine. La mise en place du programme de formation de courte durée pour former des aides-cuisiniers démontre que les intervenants du marché du travail peuvent se concerter pour offrir des solutions sur mesure et répondre aux besoins en matière de main-d’œuvre. Je suis convaincu que ce projet bénéficiera aux restaurateurs de la Mauricie, tout en permettant à des concitoyennes et concitoyens d’intégrer durablement le marché du travail», renchérit le ministre régional.

Le programme vise à attirer une main-d’œuvre appartenant à des groupes sous-représentés sur le marché du travail (immigrants, personnes expérimentées, personnes handicapées, etc.) en leur offrant de la formation de courte durée sous forme d’un stage menant à une attestation d’études professionnelles en cuisine de restauration rapide.

Se déroulant sur trois ans, le programme permettra de pourvoir 90 postes dans le même nombre d’entreprises. Des emplois comme serveurs de comptoir, aides de cuisine et personnel de soutien, tous en déficit de main-d’œuvre en Mauricie, figurent au nombre des postes à pourvoir.

Le programme débutera en mai 2019, sous la coordination du Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT). Il comprend 174 heures de formation théorique et 210 heures de stage.

«Ça ne peut pas faire de tort. Ce n’est pas une cachette qu’il y a de la pénurie de main-d’oeuvre en restauration. Pas mal tout le monde est touché plus ou moins fortement. Dans notre cas, comme on fait de la cuisine maison, qu’on fait tout nous-mêmes, on a un peu un avantage, on est capable d’aller recruter des gens qui ont vraiment un intérêt pour la cuisine», a confié le chef-propriétaire du restaurant Le Castel 1954, Dominic Lapointe.

Selon lui, la nouvelle génération est de moins en moins intéressée par ce genre de travail qui demande beaucoup d’heures et d’efforts. «Si on est capable d’augmenter le niveau de graduation, ça va aider l’industrie nécessairement», poursuit-il. «On a un intérêt à embarquer dans le programme qui nous a été proposé. Dans les cuisines, c’est un peu un concept familial, l’équipe est soudée serrée. Quand on rajoute des éléments dans l’équipe, il faut que s’assurer que ça fonctionne avec le reste de l’équipe. On ne le sait jamais tant qu’on n’a pas essayé les individus», fait remarquer le restaurateur.

Le CQRHT travaillera donc en collaboration avec les commissions scolaires et les organismes spécialisés en employabilité pour adapter le contenu de la formation et pour encadrer les participants et leurs compagnons lors des stages.

En plus de permettre de développer l’employabilité des participants et d’offrir la possibilité de pourvoir des postes vacants, ce projet permettra d’élaborer un programme et des outils de formation qui seront disponibles pour l’ensemble des entreprises du secteur au terme du projet. Il permettra également de développer des compétences de formation et d’intégration à l’intérieur des entreprises (moniteurs, compagnons, formateurs internes) en vue qu’elles deviennent des milieux d’apprentissage efficaces.

Cette initiative a été élaborée à partir de pistes de solutions présentées par les partenaires du secteur touristique et liées à la rareté de la main-d’œuvre.

L’objectif est de permettre à 68 personnes d’obtenir leur diplôme d’AEC en cuisine et d’obtenir un taux de rétention de 60 % six mois après la fin du programme. Après avoir réussi le programme, les participants auront la possibilité de poursuivre leurs études pour obtenir le diplôme d’études professionnelles en cuisine. Enfin, le projet permettra de rendre disponible un programme et des outils pour les entreprises du secteur.

La profession d’aide-cuisinier est sur la liste des professions priorisées par la CPMT car la relève diplômée est insuffisante (1800 personnes diplômées pour quelque 6000 emplois disponibles).