Le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec doit analyser les quelque 5000 candidatures déposées pour suivre la formation accélérée de préposé aux bénéficiaires.
Le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec doit analyser les quelque 5000 candidatures déposées pour suivre la formation accélérée de préposé aux bénéficiaires.

Formation des préposés aux bénéficiaires: sélectionner 399 élèves parmi 5000 candidatures

Trois-Rivières — La mise en route de la formation accélérée pour des préposés aux bénéficiaires force les intervenants du CIUSSS régional et des centres de formation professionnelle à presser le pas pour sélectionner les élèves parmi quelque 5000 candidatures et structurer ladite formation.

Guillaume Cliche, agent d’information au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, l’avoue volontiers: la tâche de sélectionner 399 élèves parmi 5000 personnes s’annonce colossale en si peu de jours, car la formation doit commencer le 15 juin.

«Nous avons 399 bourses accessibles pour la région. Les candidats doivent répondre à certains critères de base. Après, il faut passer des entrevues pour voir leur intérêt. Les entrevues se font cette semaine. Ça va mobiliser les ressources humaines. Mais les entrevues vont se faire à distance. Ce sera plus rapide et on sera en respect de la distanciation sociale.»

Les 399 bourses allouées par Québec correspondent aux plus récents relevés concernant le nombre réel de préposés aux bénéficiaires requis en Mauricie et au Centre-du-Québec. Lors de l’annonce de ce programme spécial, il y a une semaine, le gouvernement avait indiqué que les besoins étaient de 411 préposés.

M. Cliche rappelle que les candidats à cette formation accélérée de 375 heures doivent être prêts à s’engager à travailler à temps plein, à travailler durant les soirs, les nuits et les fins de semaine et à travailler au moins un an au sein du CIUSSS régional dès la fin de la période de formation. De plus, la formation leur permet de travailler uniquement en CHSLD. Un préposé aux bénéficiaires qui reçoit la formation standard de 870 heures peut travailler non seulement en CHSLD, mais aussi en centres hospitaliers. Il peut également offrir des soins à domicile.

Des 5000 candidatures déposées, environ 4600 personnes seront écartées de ce processus de formation accélérée. Le CIUSSS ne se privera pas de cette source de recrutement potentielle: l’organisation rappellera aux gens que des emplois sont disponibles comme aides de service, mais aussi aux services alimentaires et de buanderie.

Pendant que le CIUSSS se prépare à sélectionner les élèves, les centres de formation professionnelle se préparent à les accueillir. Au Centre de formation professionnelle Bel-Avenir de Trois-Rivières, la mission d’organiser une telle formation est commencée, d’autant plus que toutes les informations concernant ce programme n’ont pas encore été acheminées, notamment sur le nombre d’élèves par cohorte afin de respecter la distanciation sociale.

«Pour tous les centres de formation professionnelle, c’est tout un défi. On est restreint dans le temps. On pensait lancer des cohortes de façon décalée, question de répartir les ressources humaines et les locaux pour se donner une marge de manœuvre. Mais il faut partir les cours en même temps», raconte Pierre Laliberté, directeur de Bel-Avenir.

M. Laliberté s’attend à avoir une dizaine de cohortes composées d’une vingtaine d’élèves. Il devra ajuster la formation selon les cours à donner en classe et en laboratoire.

«Pour les classes théoriques, ça va. Mais nous avons trois laboratoires avec de l’équipement. Je ne peux pas partir 10 ou 12 groupes en même temps et tout le monde arrive dans les laboratoires pour apprendre l’utilisation d’un lève-personne. Chaque fois qu’on change de groupe, il faut désinfecter. On regarde pour différentes solutions. Je peux louer des lève-personnes et des lits et utiliser un gymnase pour faire un méga laboratoire.»

Environ 15 enseignants sont volontaires pour offrir la formation dans ce cours accéléré. Toutefois, le fait qu’il se déroulera en été pourrait causer des problèmes pour la prise de vacances.

«On devrait être prêt le 15 juin, souligne M. Laliberté. On va être prêt pour un certain nombre de cohortes.»

Le défi est tout aussi important au Centre-du-Québec. Quatre groupes d’une vingtaine d’élèves seront en classe à Victoriaville et à Drummondville, alors que deux groupes étudieront à Nicolet, précise Manon Samson, conseillère en communication de la Commission scolaire des Bois-Francs.

«On aura 206 élèves. On n’est pas encore arrêté sur le nombre d’enseignants. On reçoit des directives, mais il y a un certain ajustement à faire. Au niveau des exigences, c’est phénoménal sur les équipes. C’est considérable comme travail.»

Mme Samson mentionne qu’il est possible que la distanciation sociale de deux mètres soit écartée, à condition que les élèves portent les équipements de protection. La Commission scolaire des Bois-Francs a toutefois envoyé tout son matériel dans les centres de santé durant la crise du coronavirus, si bien qu’elle a dû se réapprovisionner.

Si des ajustements demeurent à être effectués avant le lancement de la formation accélérée, la Commission scolaire des Bois-Francs a statué sur le début des cours. Ce sera le 17 juin.