La première période de consultation entourant le lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice avait pris fin le 30 juin dernier. C’est donc un mois supplémentaire qui a été ajouté par Parcs Canada après que certains citoyens en aient exprimé le souhait.
La première période de consultation entourant le lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice avait pris fin le 30 juin dernier. C’est donc un mois supplémentaire qui a été ajouté par Parcs Canada après que certains citoyens en aient exprimé le souhait.

Forges-du-Saint-Maurice: les citoyens s’expriment pour une deuxième fois

Pierrick Pichette
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Les citoyens n’ont pas eu peur de livrer leurs états d’âme lors de la deuxième journée de consultation publique pour déterminer l’avenir du lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice qu’a tenue Parcs Canada, samedi matin. Ils ont pu se rendre sur les lieux de 10h à 12h et de 13h à 15h pour s’exprimer quant à l’élaboration du nouveau plan directeur qui devrait guider la gestion du parc pour les dix prochaines années.

C’est «à la demande générale» de certains citoyens qui n’avaient pas eu la chance de faire valoir leur point lors de la première séance que Parcs Canada a décidé de tenir cette deuxième période de consultation publique. Dès l’avant-midi, quelque quarante citoyens étaient présents pour faire entendre leurs avis sur l’orientation que devrait prendre ce nouveau plan directeur. Selon l’organisme, la journée s’est déroulée à merveille. «On a pu constater l’engouement et l’attachement des gens envers les Forges-du-Saint-Maurice. Ils sont arrivés avec des critiques positives et une volonté de travailler très fort à la valorisation de ce joyau régional. C’est exactement pour cette raison que nous avions choisi de tenir une séance de consultation supplémentaire et nous ne sommes pas déçus», mentionne le gestionnaire des lieux historiques nationaux de la Mauricie et de l’ouest du Québec, Daniel Beaudin.

Il est à noter que le plan directeur proposé actuellement par l’organisme se penche sur trois principaux enjeux, soit la fréquentation inférieure au potentiel du lieu, la dégradation des vestiges archéologiques et des installations d’accueil des visiteurs ainsi que la nécessité de reconnaître, honorer et présenter les différents avantages de ce site historique. Ce sont ces trois problématiques principales que Parcs Canada voudra régler au cours des dix prochaines années à l’aide de différentes mesures.

Des citoyens déçus

D’ailleurs, les citoyens n’ont pas caché leur mécontentement face à l’orientation que Parcs Canada a choisi de donner à son plan directeur pour les Forges-du-Saint-Maurice. Selon eux, l’organisme se bat pour «préserver des forges qui, déjà, ne sont plus attractives» alors qu’il devrait être permis de rêver à un avenir florissant pour l’endroit. «J’ai l’impression que nous avons choisi d’avancer avec un véhicule médiocre et que nous nous projetons dix ans plus tard avec le même véhicule un peu restauré. Ça me fait peur pour l’avenir de voir les choses de cette façon», a déclaré en son nom personnel le coordonnateur au tourisme d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières, Daniel Rioux.

Présent lors de la journée de consultation, le député fédéral de Trois-Rivières, Robert Aubin, partage l’avis de la population sur cette question. «Ce n’est pas avec des rénovations mineures qu’on réussira à rendre le site attractif. Il faut pouvoir rêver les Forges-du-Saint-Maurice de demain. J’ai l’impression qu’avec ce plan, nous ne faisons que sauver une décroissance année après année alors qu’il faudrait plutôt inverser le processus et travailler pour faire croître les activités. En ce moment, je me vois mal partir avec ce plan sous le bras en étant certain de défendre l’avenir de cet endroit», a-t-il tenu à ajouter.

Un budget «absurde»

En plus de son budget annuel de 190 000 $ alloué pour les Forges-du-Saint-Maurice, Parcs Canada a réussi à obtenir une subvention de plus de 1,6 M$ issue du programme de financement d’Infrastructure Canada ainsi qu’une somme de 225 000 $ provenant du gouvernement permettant de bonifier l’expérience client. L’organisme assure également être en discussion pour mettre la main sur un autre 500 000 $ de subventions grâce à trois différents programmes de financement du gouvernement fédéral.

Pour l’ensemble des gens présents lors des séances de consultation, il s’agit d’un budget nettement inférieur à la somme d’argent nécessaire pour réellement revitaliser le lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice. «Je considère les 190 000 $ alloués annuellement pour l’entretien du site complètement absurdes. C’est loin d’être assez pour régler les problèmes auxquels nous faisons face. Sans vouloir lancer la pierre à Parcs Canada, je crois qu’il serait nécessaire d’établir les coûts réels du plan directeur, qui se situent probablement dans les millions, et d’ensuite tenter d’obtenir le plus d’argent possible pour le réaliser», a fait savoir Robert Aubin.

Une gestion locale exigée

Par ailleurs, les personnes présentes ont déploré le fait que les décisions entourant les Forges soient prises à l’externe et non par un comité régional s’assurant que les caractéristiques locales soient considérées dans les pourparlers. «Tant qu’il n’y aura pas une unité de gestion locale et tant que la Ville ne bougera pas pour s’impliquer activement dans l’avenir du site, la situation n’avancera pas», souligne le citoyen Alain Tapps. En réponse à ces demandes, Parcs Canada n’écarte par la possibilité d’instaurer un comité de bénévoles de la région pour prendre part aux décisions qui seront prises et faire valoir les intérêts régionaux dans la mise en oeuvre du plan d’avenir des Forges-du-Saint-Maurice.

Rappelons qu’il est toujours possible pour les citoyens de s’exprimer sur le sujet en ligne, au parcscanada.gc.ca/forges. La période de consultation publique prendra fin le 30 juillet prochain, date à partir de laquelle Parcs Canada procédera à l’analyse des commentaires reçus dans le but de rédiger un plan directeur répondant mieux aux besoins ressentis par les gens d’ici.