Élaine Zakaïb

Fonds de 200 M$: création totale de 534 emplois

«Et c'est pas fini, c'est rien qu'un début.» Cette chanson décrit bien ce qui risque de se passer autour du Fonds de diversification économique dans les prochaines semaines. Car si les annonces se sont multipliées au cours des derniers jours en région, il en reste davantage à dévoiler, si l'on se fie à la ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, Élaine Zakaïb.
Jusqu'à présent, plus de 15,2 millions de dollars ont été versés dans 25 projets, générant des investissements de près de 78 millions de dollars et la création de 279 emplois de même que la consolidation de 1876 autres.
Or, dans une entrevue exclusive accordée au Nouvelliste, Mme Zakaïb a révélé vendredi que c'est un total de 58 dossiers qui sont déjà autorisés. On parle donc de 534 emplois créés et de 3400 autres consolidés. Ce qui fait qu'avec 21 millions de dollars déjà assurés aux entreprises, c'est 10 % de l'enveloppe de 200 millions qui est engagée, pour des investissements générés de 114 millions de dollars. Et le quart des contributions sont non remboursables.
«Je suis pas mal fière de ce qui a été fait. La région s'est prise en main. Et c'est prévu au budget», a-t-elle indiqué tout en avouant qu'un nouveau gouvernement pourrait tout changer. «Il est toujours temps de déposer un projet», renchérit Mme Zakaïb, qui en a dénombré 91 seulement en 2013.
Quand on lui fait remarquer que Bécancour n'a pas été très gâtée lors de la tournée exceptionnelle de son gouvernement alors que la fermeture de Gentilly-2 a eu lieu sur son territoire (par exemple, 2,25 millions de dollars ont été annoncés à Drummondville jeudi et 230 000 $ à Kingsey Falls hier), la ministre réplique «qu'on n'est pas pour refuser des projets parce qu'ils ne sont pas situés à Bécancour». «Et il y a un très gros projet, IFFCO, qui avance bien», a-t-elle souligné.
Interrogée à savoir si le Fonds de 200 millions ne pourrait pas jouer un rôle quelconque pour attirer la fameuse usine de silicium métal FerroAtlántica, Mme Zakaïb a répondu par la négative en précisant que l'entreprise bénéficierait de la même aide financière, quelle que soit la région choisie.
Vendredi matin, elle a confirmé l'attribution de prêts totalisant 620 000 $ à l'entreprise Boiseries Leblanc inc. de Louiseville pour un projet estimé à 1 575 000 $ visant l'automatisation de sa production. L'aide financière comprend le versement d'un prêt de 370 000 $ issu du Fonds de diversification économique et d'un prêt de 250 000 $ provenant d'Investissement Québec. Onze emplois spécialisés viendront s'ajouter à la vingtaine actuelle.
«Cela vient contredire les idées fausses selon lesquelles l'augmentation de la productivité peut nuire à l'emploi», a commenté la ministre.
Entreprise familiale fondée en 1985, Boiseries Leblanc se spécialise dans la fabrication et la vente d'armoires de cuisine et de salle de bain ainsi que de composants de bois et de meubles pour les secteurs résidentiel, commercial et institutionnel. L'entreprise souhaite réaliser cet investissement important afin d'améliorer justement sa productivité et sa compétitivité.
«Et cela va aussi permettre de créer dès cet été l'une des plus grandes salles de montre du Québec. Nos prévisions nous laissent entrevoir une hausse annuelle de 20 % de nos ventes. Bien que notre entreprise soit des plus diversifiées, nous comptons maintenir l'ensemble de notre éventail d'activités, soit leprofilage, le tournage, le meuble et l'ébénisterie», a fièrement conclu le président François Leblanc.