Les clowns Guillaume Vermette et Maxime Larose lors de leur passage à l’école Mond’ami de Trois-Rivières.

Fondation Dr Clown: faire du bien par le rire

Trois-Rivières — Par un simple sourire, une grimace ou encore une chanson, les artistes de la Fondation Dr Clown réussissent à faire le bien partout où ils passent. Dans un souci de sortir des grands centres que sont Montréal et Québec, la Fondation étend maintenant ses services à des établissements de Trois-Rivières.

«Ça fait 16 ans que la Fondation Dr Clown existe et nous étions principalement dans les hôpitaux pédiatriques, dans les CHSLD ou encore les écoles ayant une clientèle spécialisée de Montréal et de Québec. Mais dès maintenant, nous avons des programmes à Trois-Rivières», explique Marie-Chantal Renaud, directrice de création de la Fondation Dr Clown.

La Fondation Dr Clown souhaite intervenir dans un premier temps à Trois-Rivières auprès de personnes âgées de CHSLD ainsi qu’auprès des enfants à besoins particuliers comme ceux de l’école Mond’ami. D’ailleurs, le clown Guillaume Vermette, connu pour ses nombreux projets de clown humanitaire, ainsi que Maxime Larose ont pris part jeudi aux premiers pas de la Fondation Dr Clown à Trois-Rivières.

Guillaume Vermette et Maxime Larose avouent avoir passé un très bon moment avec les enfants de l’école Mond’ami. Si certains élèves, dont quelques-uns présentent des déficiences intellectuelles, pouvaient être un peu craintifs lorsque les deux clowns sont arrivés, le contact s’est fait rapidement.

«On commence toujours doucement, parce que certains n’aiment pas le bruit ou qu’une personne soit envahissante. Mais on a pu se permettre d’aller assez loin dans la folie. Et ç’a été très bien reçu. Il faut prendre le temps d’écouter et de s’adapter», souligne le clown Guillaume Vermette, qui a normalement plus l’habitude des missions humanitaires dans des pays dévastés par la guerre. «La qualité numéro un d’un clown thérapeutique, c’est l’écoute.»

Des résidents d’un CHSLD de Trois-Rivières se sont bien amusés jeudi avec le clown Maxime Larose.

La direction de l’école Mond’ami a tellement apprécié la venue des deux clowns, qu’elle a démontré un réel intérêt à établir un projet plus concret avec la Fondation Dr Clown. «Jeudi matin, on s’amusait avec les jeunes, mais il y a une pédagogie qu’on peut pousser de l’avant pour favoriser les apprentissages en milieu scolaire», mentionne le clown Maxime Larose. «On aide l’enseignant à atteindre des objectifs pédagogiques.»

Lorsque les clowns interviennent auprès de personnes âgées comme ce fut le cas jeudi dans un CHSLD de Trois-Rivières, ils mettent l’accent sur la réminiscence des souvenirs. Les clowns portent des vêtements qui rappellent la mode des années 30 ou 40 et font ressurgir des souvenirs signifiants principalement chez les personnes âgées ayant des troubles cognitifs. Les clowns de ce programme visant les aînés sont des membres «de la belle visite». Il s’agit d’une approche différente de celle appliquée pour les enfants. «Dès qu’ils nous voient, ils nous aiment beaucoup. On leur rappelle l’époque où ils étaient dans la force de l’âge», mentionne la directrice de création de la Fondation Dr Clown.

Réalité surprenante, les clowns thérapeutiques arrivent à percer les carapaces de certains enfants ou personnes âgées. Guillaume Vermette et Maxime Larose sont émus lorsqu’ils se souviennent des intervenants, enseignants ou infirmières qui viennent les voir en larmes pour leur dire qu’ils ont fait réagir une patiente qui ne bougeait jamais ou encore fait parler un enfant qu’on croyait être muet.

«Je ne suis pas dans une relation de pouvoir avec personne. Si je suis incapable de descendre les marches, un enfant autiste va me le montrer. Il n’est pas dans une relation avec un adulte qui lui dit toujours ce qu’il doit faire», précise Maxime Larose. «On se place très bas dans l’échelle et ça donne le pouvoir à l’enfant.»

Les clowns qui vont œuvrer sur le territoire de la région ont été choisis il y a quelques mois à la suite d’un rigoureux processus d’embauche. Par la suite, ils ont été formés pour intervenir dans les règles de l’art des programmes de la Fondation Dr Clown. Les artistes qui vont collaborer avec la fondation sont Remy Francoeur et Stéphanie Brunelle, connue également sous le nom de la clown Bouclette.

«Ils ont été formés pour bien interagir auprès de la clientèle et être bien au courant de l’approche de la Fondation Dr Clown», précise Marie-Chantal Renaud.