Sept ans après l'enlèvement de sa petite-fille, Henri Provencher poursuit son travail au sein de la fondation portant le nom de Cédrika.

Fondation Cédrika Provencher: vers une méthode plus professionnelle

Lancée en 2010, la Fondation Cédrika Provencher tente toujours de faire bouger les choses afin de s'assurer que plus aucun enfant ne disparaisse comme ce fut le cas le 31 juillet 2007 pour la petite Trifluvienne de neuf ans. L'argent reste toutefois le nerf de la guerre et l'organisme tente maintenant de devenir plus crédible.
Les projets ne manquent pas dans l'esprit d'Henri Provencher, le président de la Fondation, lui qui tente d'éveiller les consciences face à ce sujet. Une tâche difficile, puisqu'un enlèvement reste quelque chose de quasi impossible à prévoir.
«C'est un travail qui se fait en sourdine. On prépare des choses qu'on tente de mettre sur pied, qu'on essaie de faire lever», note-t-il.
Pour l'instant, les forces de l'organisme reposent sur quelques bénévoles, et M. Provencher ne cache pas qu'il est fréquent pour l'équipe d'être épuisée.
«Nous n'avons pas un gros bilan. Nous n'avons pas fait des milliers de choses parce que la plupart des gens ne peuvent donner que quelques heures par semaine. Dans mon cas, c'est une trentaine d'heures», raconte M. Provencher.
La volonté de la Fondation est maintenant de devenir plus professionnelle, grimper au prochain échelon. La recherche de partenaires est maintenant en cours afin d'avoir des employés rémunérés.
«Je n'avais jamais eu le temps de m'attarder à cela. Je n'ai jamais fait de demandes de subventions. Mais nous en sommes rendus là. Le problème, c'est que c'est comme le chien qui court après sa queue. Si tu n'as pas d'argent, tu ne peux pas développer de projet, mais si tu n'as pas de projet, tu ne peux pas aller chercher d'argent», raconte le président.
Afin d'obtenir de l'aide supplémentaire, la Fondation alliera ses forces avec l'Université du Québec à Trois-Rivières. Par l'entremise de deux projets d'intervention dans la communauté (PICOM), les étudiants donneront un coup de main à M. Provencher afin d'établir un systèmede contrôle interne et de gouvernance. Le but est de rassurerles donateurs quant à l'utilisation des fonds amassés par l'organisme.
De plus, d'autres étudiants auront comme mandat de mettre en place un premier modèle de demande de subventions. Non seulement le tout servira de levier pour la Fondation, mais les étudiants seront évalués, leurs travaux comptant dans le cadre d'un cours à l'hiver 2015.
«Ils vont venir nous aider à différents niveaux comme la comptabilité, les communications et le marketing. Nous allons utiliser le tout à bon escient. J'ai fait cette demande parce que je n'ai pas toutes ces capacités, je ne suis qu'un grand-père bien ordinaire. Je préfère prendre le temps qu'il faut, parce que ce que je veux faire, je veux bien le faire.»
Deux journées d'activités
M. Provencher et son équipe en sont à leurs derniers préparatifs en vue de la Journée mondiale de prévention des enlèvements d'enfants, qui se déroulera au parc portuaire de Trois-Rivières.
Ce soir, c'est au théâtre Beauvallon que seront lancées les activités de la Fondation avec la présentation du spectacle équestre Excalibur. Le but, avant l'événement, était d'amasser 5000 $, mais la vente de billets ne s'est pas déroulée comme prévu, si bien qu'il sera difficile de combler les 250 places de l'endroit.
«Beaucoup de gens appellent pour me dire qu'ils vont se rendre sur place, donc ça semble bien aller. Pour ce qui est des réservations comme tel, ce n'est pas terrible», avoue le grand-père.
Le lendemain, la Fondation a convié la population, particulièrement les plus petits, au centre-ville de Trois-Rivières. Des conférenciers devraient s'adresser aux personnes qui seront présentes, alors que des activités ont été prévues pour les enfants.
Le tout se terminera en soirée avec la procession au flambeau dans les jardins du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.