Les résidents des municipalités de Saint-Édouard-de-Maskinongé, Saint-Justin et Saint-Barnabé devront bientôt composer avec la disparition de leur guichet automatique Desjardins.

Fini le guichet automatique

SAINT-BARNABÉ — En retirant le guichet automatique des municipalités de Saint-Barnabé, de Saint-Justin et de Saint-Édouard-de-Maskinongé, la Caisse Desjardins de l’ouest de la Mauricie disparaîtra physiquement de ces trois localités d’ici un mois.

Devant la baisse importante et constante du nombre d’utilisateurs de ces équipements, ceux-ci seront retirés le 22 février. Selon les données fournies par Desjardins, seulement 7 % de toutes les transactions sont effectuées dans des guichets automatiques. Les trois localités sont exclues du programme de remplacement de guichets automatiques mis de l’avant par cette institution financière.

«Les guichets automatiques avaient l’habitude d’avoir 8000 transactions par mois. Ces trois guichets automatiques sont sous la barre des 2000 chacun. L’utilisation est en baisse de 5 % à 10 % partout. À la dernière assemblée générale annuelle, on a sursauté en prenant connaissance des baisses. À Saint-Barnabé, la baisse est de 14 % par rapport à l’année précédente. Cette décision n’est pas basée sur la rentabilité, mais sur l’utilisation. C’est aussi une décision d’affaires. Le conseil d’administration a regardé ça en disant que si les membres utilisent les guichets automatiques et que ça nous coûte quelque chose, on les garde. Si ce n’est pas le cas, ça ne vaut pas la peine», note la directrice générale de la Caisse Desjardins de l’ouest de la Mauricie, Sylvie Desaulniers.

Saint-Justin, Saint-Barnabé et Saint-Édouard n’avaient plus de service au comptoir depuis juin 2016. La disparition des guichets automatiques vient mettre un terme à des décennies de présence physique de Desjardins au sein de ces territoires.

Sylvie Desaulniers est la directrice générale de la Caisse Desjardins de l’ouest de la Mauricie.

«Je sais que les gens ne seront pas contents. On va prendre le temps de les écouter. Il faut démontrer notre empathie. On sait que ce n’est pas drôle. Desjardins fait partie de l’histoire de ces municipalités, mais des guichets automatiques ne seront pas si loin. C’est une question de réalité», ajoute Mme Desaulniers.

L’institution financière s’apprête à investir quelque 300 000 $ pour remplacer les guichets automatiques à Louiseville, Sainte-Ursule, Yamachiche, Saint-Paulin, Saint-Élie-de-Caxton et Saint-Étienne-des-Grès en février. Les citoyens de Saint-Justin, de Saint-Édouard et de Saint-Barnabé sont invités à utiliser ces guichets. Mais pour permettre une période de transition la plus harmonieuse possible, Desjardins va bientôt contacter les 500 membres de ces trois communautés afin de connaître leurs besoins en matière de transactions courantes.

«Il faut s’occuper des gens. C’est la préoccupation du conseil d’administration», mentionne la directrice générale.

Ces gens seront accompagnés pour maîtriser les services offerts en ligne. Si jamais un membre désire toujours effectuer ses transactions par guichet automatique, il sera transporté vers un guichet aux frais de la Caisse Desjardins de l’ouest de la Mauricie. L’institution financière annonce qu’elle a une entente avec la Corporation des transports collectifs de la MRC de Maskinongé pour véhiculer ces gens. L’entente est d’un an. L’institution financière analysera la situation par la suite.

Michel Lemay est le maire de Saint-Barnabé.

Par ailleurs, Desjardins va soutenir financièrement un projet structurant dans ces trois localités. L’institution financière fournira jusqu’à 25 000 $ par projet.

Décision sans appel

Le maire de Saint-Barnabé, Michel Lemay, avoue que cette décision annoncée lundi le déçoit, mais il est aussi conscient du changement des habitudes des gens.

«Il n’y a pas d’autre solution. Les technologies avancent. La génération d’aujourd’hui transfère de l’argent par téléphone intelligent. Desjardins a des décisions administratives à prendre. Ils doivent faire face à des obligations de compétition.»

François Gagnon, maire de Saint-Justin, se dit aussi déçu, mais reconnaît que ce scénario était presque «écrit dans le ciel».

Le maire de Saint-Justin, François Gagnon.

«On a beau argumenter, c’est irrévocable et sans appel. Le bon côté est qu’ils vont encadrer les utilisateurs du guichet automatique, leur soumettre des solutions alternatives. Et Desjardins offre une compensation pour des projets structurants.»

Selon M. Gagnon, la Municipalité réfléchit à déplacer sa halte-vélo qui est actuellement située sur le terrain de la fabrique. Comme l’église est à vendre, cette halte devra être relocalisée, près de la bibliothèque ou au terrain des loisirs. Ce projet pourrait profiter de la subvention de Desjardins.

Le Nouvelliste n’a pu entrer en contact avec le maire de Saint-Édouard, Réal Normandin.