Dominic Fugère, directeur général du Grand Prix de Trois-Rivières.

Financement du GP3R: pas d'huile sur le feu

Trois-Rivières — Le directeur général du Grand Prix de Trois-Rivières, Dominic Fugère, n’entend pas ajouter de l’huile sur le feu dans le débat qui semble vouloir se dessiner autour de la table du conseil municipal concernant le financement de son événement. Et s’il refuse de commenter les propos tenus par la conseillère municipale Mariannick Mercure au sujet des ententes financières qui seront vraisemblablement votées lors de la prochaine séance du conseil municipal mardi prochain, il rappelle toutefois les retombées économiques importantes que son événement génère pour l’ensemble de la région.

On se souviendra que la conseillère municipale Mariannick Mercure y est allée d’une déclaration sur sa page Facebook publique, après qu’on ait appris la nouvelle que le Championnat mondial de rallycross ne serait pas de retour à Trois-Rivières. Mme Mercure disait se questionner sur la nécessité de non seulement trouver une alternative pour combler cette deuxième fin de semaine de l’événement, mais aussi d’en planifier une troisième, en hiver, moyennant une contribution financière de la Ville de 100 000 $. Une contribution, a toutefois précisé le maire Jean Lamarche, qui servirait à animer le centre-ville durant ces événements.

«Jusqu’où allons-nous aller pour stimuler la sacro-sainte croissance économique? Ça me fait mal au cœur de savoir qu’on sous-finance notre réseau de transport en commun depuis des années, prétextant manquer de moyens financiers, mais qu’on dilapide ainsi des fonds publics, particulièrement à l’ère de l’urgence climatique. Quand est-ce qu’on va se lever debout et dire: ça suffit», a-t-elle questionné, avançant que la Ville contribuait annuellement au GP3R pour 1,52 M$, dont 320 000 $ pour des murets et de l’asphalte.

Dominic Fugère ne souhaite toutefois pas entrer dans une guerre de mots avec l’élue municipale. «Je ne commenterai pas, parce qu’il n’y a rien de neuf dans ses propos. C’est un discours qu’elle tenait déjà. On ne parle pas le même langage, c’est tout», a-t-il seulement indiqué, au bout du fil.

Selon des données compilées par Segma Recherche et fournies à Tourisme Québec pour l’édition 2018 du GP3R, l’événement a généré des retombées directes totales de 12 millions de dollars, des retombées liées à l’exploitation de l’événement, aux dépenses des visiteurs provenant de l’extérieur du territoire de même qu’aux dépenses des équipes. Par ailleurs, la valeur ajoutée à l’économie québécoise atteint 5,8 M$, avec 96,6 emplois créés ou maintenus et 1,6M$ en revenus fiscaux pour les gouvernements du Québec et du Canada.

Le budget d’exploitation du Grand Prix de Trois-Rivières était, en 2019, de 6,1 M$, dont une contribution financière de 914 000 $ de la Ville de Trois-Rivières en plus d’une contribution non récurrente de 75 000 $ pour les festivités entourant le 50e anniversaire du GP3R, note Dominic Fugère.

Du côté de Tourisme Mauricie, sans entrer dans le débat qui se dessine autour de la table du conseil municipal, on a rappelé l’importance du GP3R dans l’écosystème touristique régional. «Ça fait partie de nos incontournables. Les activités qui se tiennent sur ce site, de la course automobile en plein périmètre urbain, se voient très peu ailleurs et rendent l’événement unique», constate Émilie Lavergne, responsable des relations avec les médias chez Tourisme Mauricie, qui ajoute que les festivités organisées autour de l’événement, notamment au centre-ville trifluvien, accentuent le caractère unique de l’événement. «On n’a qu’à voir les retombées que ça peut générer chez les hôteliers. C’est impossible de trouver un endroit où dormir dans la région lors du Grand Prix. C’est complet partout. Ce sont des données qui ne mentent pas. On ne peut pas nier l’apport du Grand Prix de Trois-Rivières à l’ensemble de la Mauricie et plus spécifiquement à Trois-Rivières», ajoute-t-elle.

La conseillère municipale Mariannick Mercure n’a pas souhaité, jeudi, donner d’entrevue au sujet de sa publication Facebook, mais devrait s’adresser au public et aux médias mardi soir, lors de la séance du conseil municipal. Impossible donc de savoir, pour le moment, si elle compte demander le vote sur la ou les résolutions qui toucheront les contributions financières de la Ville à être versées au GP3R, mais la teneur de ses propos publiés sur son compte Facebook laissent croire qu’elle pourrait en effet exiger le vote.