PHOTO IVANOH DEMERS/LA PRESSE Photos génériques pour illustrer le milieu de la santé. Hôpital, Hôpitaux, maladie, malade, urgence, soins , perfusion Photo prise à l'hôpital Jean-Talon à Montréal, Québec. Sur la photo: Sérum, plasma, patient. ( Gauche à droite) Référence -30 Ivanoh Demers

Financement des soins de santé dans la région: un manque de 22,4 M$

«Des milliers de patients aux quatre coins du Québec écopent, dont plusieurs en Mauricie-Centre-du-Québec, parce que le gouvernement libéral ne finance pas les services de santé de manière équitable entre les régions». Voilà ce qu'a déclaré vendredi le porte-parole de la CAQ en matière de santé, François Paradis, selon lequel les soins de santé sur les deux rives sont présentement sous-financés de 22,4 millions de dollars.
Chaque année, le ministère évalue le manque à gagner et les surplus de ressources de 11 programmes de santé. Or, en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, la CAQ a appris que la Mauricie-Centre-du-Québec est l'une des huit régions du Québec sous-financées, avec un déficit de 131,4 millions de dollars. Pour François Paradis, cette inégalité entre la Mauricie-Centre-du-Québec et le reste du Québec est inacceptable, car derrière ces chiffres se cachent des personnes qui vivent dans l'incertitude et l'anxiété des listes d'attente.
«En Mauricie-Centre-du-Québec, la situation continue de se détériorer sous le règne libéral. Le sous-financement persiste depuis l'arrivée de Philippe Couillard au pouvoir. Résultat? Les 508 000 résidents de la Mauricie-Centre-du-Québec subissent des délais d'attente interminables et écopent dans plusieurs programmes de santé, notamment en santé mentale, en santé physique, ainsi que dans l'aide aux personnes âgées. Comment le ministre Gaétan Barrette peut-il justifier que d'une région à l'autre, des patients reçoivent moins de services et sont traités comme des citoyens de seconde zone?» a soulevé le porte-parole caquiste.
En mars 2016, le manque de ressources à l'échelle du Québec était estimé à 319 millions de dollars, comparativement à 247 millions en mars 2014, a poursuivi le député de Lévis. «Ainsi, depuis que Gaétan Barrette a fait son entrée au ministère de la Santé, les inégalités régionales ont bondi de 72 millions. C'est révoltant. Le ministre a été incapable de corriger cette injustice jusqu'à maintenant, tout comme les péquistes qui l'ont précédé», a lancé François Paradis.
Pour régler une fois pour toutes ce problème d'équité dans les établissements de santé, la CAQ presse le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, à tenir parole et à réformer rapidement le financement du réseau de la santé pour déployer le financement à l'activité.
«Concrètement, il faut que l'argent suive le patient. Une réforme en profondeur est incontournable, surtout compte tenu des derniers chiffres qu'on dévoile, prouvant que les inégalités de financement se sont grandement détériorées depuis l'arrivée des libéraux. Cette réforme prendra de nombreuses années avant d'être complétée, mais rien n'excuse que rien ne soit fait à court et moyen terme pour inverser la tendance. Il est inacceptable que les inégalités de financement soient aussi élevées. Le ministre de la Santé le sait et doit agir en conséquence», affirme François Paradis.
Lors de la période de questions, le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, a interrogé le ministre Barrette sur ce sous-financement. «Dans la Mauricie-Centre-du-Québec, il manque notamment 23 millions dans les services spécialisés, les urgences et les soins palliatifs. Il manque quatre millions pour soutenir les personnes âgées. Pourtant, les citoyens de Trois-Rivières, Nicolet, Drummondville et Victoriaville paient les mêmes impôts que tout le monde, mais ils n'ont pas accès à tous les services de santé et les services sociaux auxquels ils ont droit. Pourquoi sont-ils pénalisés?», a-t-il demandé.
Pour le ministre Barrette, le commentaire du représentant de la CAQ était à saveur électorale. Et il a rappelé le programme électoral de la CAQ qui consiste, dit-il, à «vouloir baisser les impôts pour donner plus de services».