Le recteur cédera sa place vers la fin décembre.
Le recteur cédera sa place vers la fin décembre.

Fin de mandat pour le recteur de l’UQTR Daniel McMahon: «L’Université est en bonne position maintenant» [VIDÉO]

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La présentation à la communauté universitaire d’un candidat au poste de recteur, la semaine dernière, rappelle que le mandat de Daniel McMahon, amorcé en janvier 2016, tire à sa fin. «Il y a eu beaucoup de candidatures et d’excellentes candidatures» à ce poste, dit-il. Il cédera son siège quelque part vers la fin de décembre.

Ordonné diacre le 16 août dernier, c’est un tout autre genre d’implication qui attend l’homme en 2021. C’est le seul sujet dont Daniel McMahon ne veut toutefois pas parler tant qu’il portera le titre de recteur de l’UQTR. «L’Université est laïque», fait-il valoir.

Le recteur quittera son siège l’esprit en paix. Il a en effet réussi le défi qu’il s’était lancé: redresser les finances de l’UQTR, qui étaient assez mal en point à son arrivée tout en continuant à développer l’Université malgré tout. «C’est ça qui m’avait motivé à venir. L’Université était dans une situation très triste», se souvent-il.

Le 28 septembre prochain, le conseil d’administration adoptera les états financiers. Le budget sera enfin en équilibre.

«Le plan de redressement, c’est réglé. La personne qui va prendre le relais va être dans une bonne situation», se réjouit le comptable de formation. «Elle n’arrive pas avec le couteau sur la gorge, un peu comme moi j’avais quand je suis arrivé. On l’a fait en 4 ans au lieu de 6 ans. L’Université est en bonne position maintenant», annonce-t-il. «Et on l’a fait sans compressions», tient-il à souligner.

C’est en partie grâce au renouvellement de la formule de financement du gouvernement que cela fut possible. «Et comme par hasard, qui était à la table de négociation de cette formule-là?», demande-t-il, sourire en coin.

«L’UQTR est parmi les universités qui ont eu le correctif le plus important», souligne-t-il en mentionnant le travail effectué par son équipe pour lui permettre de réaliser cette négociation.

La cerise sur le gâteau, pour lui, ce sont les statistiques officielles de la rentrée qui viennent tout juste d’arriver sur son bureau.

Malgré la COVID-19, l’UQTR connaît en effet une augmentation de son nombre d’étudiants de 2,67 % pour le trimestre d’automne par rapport à l’an dernier. Toutes les universités au Québec n’ont pas cette chance.

«La part des étudiants locaux augmente par rapport à la démographie réelle», pavoise le recteur alors que les cégeps régionaux, eux, ont connu des baisses de clientèle dans les dernières années. «Nous n’avons pas eu cette baisse. On met bien en évidence les forces de l’Université et donc les étudiants nous choisissent», analyse-t-il.

Les professeurs y sont en majorité jeunes et branchés. Certains ont reçu des chaires de recherche exceptionnelles. «Les étudiants les voient dans les réseaux sociaux et les médias», dit-il. «Et Trois-Rivières est un milieu qui coûte moins cher», ajoute-t-il. Bref, ce succès «est multifactoriel».

Daniel McMahon a imposé une amende symbolique de 2 $ à tous ceux et celles qui prononçaient devant lui le mot problème. Cet argent a été remis en bourses aux étudiants.

D’ailleurs, le recteur ne veut pas vraiment parler de ses réalisations personnelles. «Ce sont les réalisations de l’ensemble», estime-t-il.

Deux choses dans son bureau le démontrent. On y trouve en effet un tableau orné de dizaines de signatures de cadres s’engageant formellement à travailler de manière transversale. «C’est un nouveau modèle qu’on appelle le leadership partagé», explique-t-il.

Dès son arrivée, le recteur avait averti que tous ceux et celles qui prononceraient le mot «problème» en sa présence écoperaient d’une sorte d’amende symbolique de 2 $. Environ 1000 $ par année ont ainsi été amassés et transformés en bourses étudiantes.

«C’est de la psychologie à 5 cents, peut-être, mais ça marche», a-t-il constaté.

Accusé à quelques reprises de ne rien connaître à la recherche, malgré ses 25 d’enseignement à l’UQTR, parce qu’il n’a pas de doctorat, Daniel McMahon lance aujourd’hui le défi suivant à ses détracteurs: «J’aimerais qu’ils comparent les résultats de mon rectorat avec ceux des rectorats précédents pour voir si, au niveau du développement de la recherche, ils ont été si pénalisés que ça. Ils vont être surpris», dit-il. Le recteur s’empresse toutefois de ne pas s’approprier ce résultat. «C’est celui de l’ensemble de l’équipe», insiste-t-il.

Parmi les éléments marquants de son mandat, le recteur souligne notamment le développement du nouveau campus de Drummondville.

L’événement qui aura toutefois eu des retentissements moins positifs, à l’UQTR, voire dans toutes les universités du Québec, c’est le lock-out des professeurs imposé en 2018 en pleine négociation de renouvellement de la convention collective.

«Dans les circonstances qui prévalaient à ce moment-là, on ne pouvait pas faire autre chose», réitère le recteur. «Avec l’exécutif syndical qu’on a aujourd’hui, il n’y en aurait pas eu, de lock-out», nuance-t-il.

Ce qui aura toutefois le plus marqué Daniel McMahon, au cours de son passage au rectorat toutefois, c’est la collation des grades. «C’est la jonction du travail passé avec de la perspective de voir le futur. C’est la satisfaction du travail que la communauté universitaire fait pour une personne. Il n’y a rien pour battre ça», dit-il. Les annonces de nouvelles chaires de recherches apportent également un grand sentiment de fierté, ajoute-t-il.

Le recteur se réjouit également de la nouvelle planification stratégique qui sera adoptée le 28 septembre et qui aura fait participer toute la communauté universitaire. Elle révèle, estime-t-il, tout le potentiel que contient l’UQTR pour les prochaines années. Les soucis financiers maintenant derrière elle, «je ne vois pas de limites à ce que l’Université peut faire», croit Daniel McMahon.

La personne qui le remplacera au rectorat sera accueillie par une «équipe solide», dit-il. «C’est le temps de peser sur l’accélérateur.»

Daniel McMahon a été ordonné diacre en août dernier. On le voit ici en compagnie de son épouse, Liette Boisvert.

S’il avait un message ou un conseil à adresser à son successeur, ce serait: «Fais confiance à ta gang. Et la gang est large», dit-il.

Daniel McMahon n’a qu’une seule inquiétude pour l’UQTR et toutes les autres universités, d’ailleurs: «On ne peut pas être dans une COVID qui va durer trois ans», estime-t-il, car rien ne vaut une vraie vie étudiante sur un campus bien réel. «Je ne veux même pas y penser.»

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