Repos bien mérité pour le personnel scolaire en prévision d’une rentrée qui s’annonce encore compliquée en septembre.
Repos bien mérité pour le personnel scolaire en prévision d’une rentrée qui s’annonce encore compliquée en septembre.

Fin d’année scolaire épuisante et rentrée historique

Trois-Rivières — Alors que s’achève une année scolaire 2019-2020 grandement bouleversée par la COVID-19 et le confinement, le directeur général du Centre de services scolaire de l’Énergie (anciennement la commission scolaire), Denis Lemaire, estime que cette saga se «finit de façon très positive en général».

«Je veux que tout le monde parte en vacances au minimum un mois et après ça, on bûchera parce que tout le monde est brûlé mort», dit-il. «Au retour, il faut qu’on soit frais et dispos parce qu’on n’a pas fini», prévoit-il.

«Je ne crois pas que mentalement, on va être vraiment en vacances», croit de son côté Pascal Blondin, directeur général du Centre de services scolaire de la Riveraine. «On va avoir notre rentrée scolaire dans la tête.»

Du côté de Chemin-du-Roy, le directeur, Luc Galavani, entrevoit le mois de septembre comme «une rentrée tout à fait particulière et historique au Québec. Il y a encore beaucoup de questions en suspens» par rapport aux mesures annoncées par le ministre de l’Éducation.

Une concertation régionale des cinq centres de services scolaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec sera donc faite en fin de journée, ce lundi 22 juin, dit-il, afin de s’entendre notamment au niveau du transport scolaire, de l’utilisation des cafétérias et de l’accès aux casiers, surtout au niveau secondaire», dit-il, là où il y a beaucoup plus d’enjeux, notamment la gestion des cours optionnels en 4e et 5e secondaires. Le 22 juin, le Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy rencontrera les directions des écoles primaires et le 23, celles du secondaire.

Pour Denis Lemaire, «l’enseignement à distance, pour nous, ce n’est vraiment pas l’idéal, autant pour les élèves, que pour leur motivation, leur façon de travailler, leur soutien, les élèves en difficulté. On se dit qu’ils sont mieux en présence à l’école», constate-t-il.

«Ça fait 20 ans qu’on parle de formation à distance. On a une belle opportunité», estime pour sa part Luc Galvani. La formation à distance pour les élèves en difficulté fait toutefois «partie des déceptions qu’on a eues», reconnaît-il. «On n’a pas été en mesure de bien accompagner toute cette clientèle-là.» S’il devait y avoir une deuxième vague et un confinement partiel, ce sont les élèves en difficulté qu’on ferait le plus revenir en personne à l’école, indique Luc Galvani.

En dépit de tout ça, Denis Lemaire dresse un bilan des mesures COVID «très positif, malgré le fait qu’il y avait énormément d’incertitudes, énormément de changements d’orientations».

Le personnel, autant du côté des enseignants que du personnel de soutien ou même des directions d’établissements et des gestionnaires, «tout le monde a mis l’épaule à la roue et on s’est viré vite de bord», dit-il.

«On a eu à s’ajuster beaucoup. Est-ce qu’on était prêt à faire face à cette situation? Assurément pas. Ça a pris une période de transition, ne serait-ce qu’au niveau de l’équipement informatique», raconte Pascal Blondin. «Un des services qui a travaillé le plus fort, dans toute cette situation-là, c’est le service informatique qui a été sollicité du jour un du confinement jusqu’à aujourd’hui», dit-il, car il faut s’assurer que s’il y a encore du confinement, à la prochaine rentrée scolaire «on ait assez de matériel informatique pour en fournir aux élèves qui n’en ont pas.»

Denis Lemaire croit que l’adaptation a été plus difficile pour les adultes que pour les enfants. «Pour les élèves, c’était un jeu. Il n’y en avait pas, de problème. Ils ont très bien fait ça», dit-il. Du côté du personnel, toutefois, «on essaie de travailler à proximité des plus petits, mais il fallait garder notre deux mètres.»

La difficulté s’est davantage posée du côté des élèves qui ne se sont pas présentés à l’école, après le 11 mai. «Ça a été excessivement complexe, à distance. Je ne vous le cacherai pas, que ce soit en milieu favorisé ou défavorisé, la présence des élèves aux activités scolaires à distance a varié de 25% à 50% «et c’était bien plus proche du 25% que du 50%», dit-il.

«L’enjeu majeur, c’est que le jeune savait qu’il réussissait son année, donc ce jeune-là avait moins d’intérêt à continuer, à moins qu’on parle du jeune en 5e secondaire qui voulait s’en aller au collégial et qui ne voulait pas perdre d’acquis», souligne M. Lemaire.

Il y avait aussi ceux et celles qui étaient sur le point de vivre un échec. «Eux, on les a quand même gardés en apprentissage. Plusieurs jeunes ont travaillé fort jusqu’à la fin», dit-il.

N’empêche, estime Denis Lemaire qu’il «y a eu trop d’improvisation, mais c’était la première fois qu’on vivait ça. Pour le mois de septembre, s’il y a une deuxième vague, il faudra être prêt.»

Notamment, «il devra y avoir des évaluations», estime le directeur du Centre de services scolaire de l’Énergie, ce qu’il n’y a pas eu durant le confinement.

Lors de la rentrée, les directions s’attendent à ce qu’on procède surtout à une consolidation d’acquis chez les élèves.

«Il y en a qui fonctionnent très bien à distance», fait valoir Pascal Blondin, mais «certains élèves vulnérables ne se sont pas branchés souvent. On a un défi de mise à niveau avec cette clientèle-là», dit-il.

M. Blondin croit que malgré tout, «ce n’est pas une année gâchée. C’est sûr qu’au niveau des apprentissages, il y a un certain trou, mais ce n’est pas irréparable», estime-t-il.

Ce dernier salue le fait que le personnel ait fait l’apprentissage à vitesse grand V des technologies de l’information et des communications. «Et la collaboration avec les familles, ça a été du rapide.»

Après le retour en classe partiel du 11 mai, il n’y a eu aucun de cas de COVID-19 parmi le membres du personnel ou chez les élèves sur le territoire des centres de services scolaire de la Riveraine et de l’Énergie. À Chemin-du-Roy, toutefois, 19 cas de COVID-19 se sont manifestés. «Ça peut être anxiogène, mais lorsque les gens voient que les choses se redressent rapidement, ça peut être aussi rassurant», estime Luc Galvani en levant son chapeau «à toutes les directions de services».