Le chef du Parti libéral, Philippe Couillard a perdu tous ses députés libéraux en Mauricie. Il s’agit de Pierre Giguère, Pierre Michel Auger, Jean-Denis Girard et Marc H. Plante.

Fiers du bilan malgré tout

SHAWINIGAN — Les quatre députés libéraux qui sollicitaient à nouveau la confiance des électeurs en Mauricie n’ont pas espéré longtemps, lundi soir. Le vent caquiste s’est levé à travers le Québec dès la fermeture des bureaux de vote, balayant la région sur son passage. Alors que Pierre Michel Auger cherchait ses mots, ses collègues Marc H. Plante, Pierre Giguère et Jean-Denis Girard accueillaient le verdict populaire avec sérénité.

Du groupe, le député sortant de Champlain paraissait le plus sonné par le passage du tsunami caquiste.

«Je ne sais pas quoi dire», commente M. Auger. «C’est rare que je suis sans mots, mais cette fois, je le suis. Je regarde les résultats et ça n’a aucun sens. Je suis surpris de voir quelqu’un qui n’a jamais rien fait pour qui que ce soit avoir un si haut résultat alors que nous avons sauvé Cloutier-du Rivage, Aleris, le programme de prothèses mammaires avec Annie Hardy, le CLSC de Sainte-Geneviève-de-Batiscan qui a été agrandi...»

«Je suis surpris, déçu, découragé», enchaîne M. Auger. «Sincèrement, je ne comprends pas. J’avais dit que gagne ou perd, c’était ma dernière campagne électorale. À deux reprises, le médecin a voulu m’arrêter en raison d’une hernie cervicale. J’étais censé me faire opérer, mais j’ai décidé de continuer quand même la campagne. Je vais prendre six mois de convalescence. La politique, pour moi, c’est terminé.»

Tout aussi sonnés, ses trois collègues se consolaient toutefois à l’idée qu’au plan local, rien ne pouvait ralentir une vague pareille. Les libéraux, martèlent-ils, ont laissé la maison en ordre.

«J’ai un grand respect pour les citoyens», assure Marc H. Plante, député sortant de Maskinongé. «Je prends les résultats avec tristesse, mais sans amertume.»

Depuis 2003, aucun comté en Mauricie n’avait accordé plus de votes aux libéraux que celui de Maskinongé. Plusieurs observateurs considéraient que si une circonscription pouvait résister au désir de changement, c’était celle-là.

«Je faisais 550 activités par année», témoigne M. Plante. «J’ai fait une campagne extraordinaire, dans le respect, près des citoyens. Tout ce qui devait être fait a été fait avec cœur, passion et détermination. C’est une page qui se tourne, mais ce n’est pas la fin du livre...»

Dans Laviolette–Saint-Maurice, le député sortant, Pierre Giguère affichait aussi une belle sérénité.

«Être député, c’est un privilège», rappelle-t-il. «J’ai été là pendant quatre ans et demi. Je n’oublierai jamais ça. Je remercie la population de m’avoir donné cette opportunité. La population de Laviolette–Saint-Maurice a fait un nouveau choix et je le respecte hautement.»

De son côté également, il ne voit pas comment il aurait pu renverser la tendance nationale.

«Je suis en paix avec moi-même», assure M. Giguère. «Même que physiquement, j’ai eu quelques signes en fin de campagne, la semaine passée. Je ne pouvais pas en faire plus. Demain matin, je vais marcher la tête haute.»

À Trois-Rivières enfin, Jean-Denis Girard souhaitait surtout féliciter les candidats et remercier ses bénévoles. Il quitte avec le sentiment du devoir accompli et fidèle à sa philosophie, il préfère regarder en avant.

«Sincèrement, je ne crois pas que j’aurais pu en faire plus», témoigne-t-il. «Je suis très fier de voir où Trois-Rivières est rendue aujourd’hui. On doit respecter le choix des électeurs, mais on veut du changement pour quelle raison? Quand ça va bien, pourquoi changer? Le taux de chômage est à son plus bas. Les défis sont maintenant complètement différents. J’offrais une continuité, un travail intense, passionné, mais les gens ont choisi de travailler autrement.»