<em>Le Nouvelliste</em> fête ses 100 ans vendredi.
<em>Le Nouvelliste</em> fête ses 100 ans vendredi.

Fier d’être centenaire

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Fierté. Voilà le mot qui résume bien ce que ressent l’équipe du Nouvelliste en ce centième anniversaire.

La toute première édition du quotidien trifluvien était publiée le 30 octobre 1920. Il s’est passé bien des choses en 100 ans, mais la passion et le devoir de livrer une information crédible sont toujours au rendez-vous.

«Nos racines sont là depuis 100 ans. C’est là-dessus que reposent la notoriété et la qualité de l’information. Avoir 100 ans est une fierté pour tous les employés, pour tous ceux qui en ont été les artisans. Et c’est aussi une fierté de voir une région qui a réussi à maintenir ce journal pendant 100 ans, qui l’a appuyé», déclare le directeur général et rédacteur en chef du Nouvelliste, Stéphan Frappier.

Jean-Marc Beaudoin est entré au Nouvelliste en 1968 et a pris sa retraite en 2015. Toujours chroniqueur dans les pages du quotidien régional, M. Beaudoin affirme qu’un tel anniversaire est fort honorable.

Stéphan Frappier

«C’est une institution, commente-t-il. Le Nouvelliste a traversé toutes les crises sociales, la Grande Dépression, la guerre, la désindustrialisation. On les a traversées avec le monde. On marche ensemble. Le Nouvelliste a été solidaire de campagnes de promotion comme celle du pont Laviolette, pour le développement du réseau autoroutier dans les années 1970. Je trouve ça édifiant comme anniversaire. Ce n’est pas rien, une organisation qui dure 100 ans et qui est promise à de l’avenir.»

Sylvain Mayer estime aussi qu’une entreprise centenaire est un événement.

Sylvain Mayer

«Je suis entré au journal en 1985, rappelle le vétéran photographe. J’ai vu passer sept présidents et cinq rédacteurs en chef. Faire partie de l’entreprise depuis tout ce temps, c’est une fierté. Et je me sens privilégié d’avoir vécu autant de changements dans la région. J’étais aux premières loges quand on a annoncé le projet de Trois-Rivières sur Saint-Laurent. Quand l’usine Alcan a fermé, j’étais là. Pour les bonnes et les moins bonnes nouvelles, j’étais là! Comme photographe, j’étais là pour être les yeux du lecteur.»

Jean Gagnon, représentant publicitaire depuis près de 32 ans, a vécu de belles aventures depuis toutes ses années au sein d’une entreprise pour laquelle son épouse et son père ont déjà travaillé.

Jean-Marc Beaudoin

«J’ai beaucoup, beaucoup de respect envers cette compagnie. Je suis attaché au Nouvelliste. Mon métier m’a ouvert beaucoup de portes. Fêter un centième anniversaire, ça inspire de la fierté. C’est vraiment spécial. Je trouve que c’est grandiose.»

«C’est une marque importante qui n’est pas donnée à tout le monde. Ça démontre l’importance de l’information crédible, professionnelle. Ça démontre qu’il y a toujours un besoin. Si les gens en veulent encore après 100 ans, c’est parce qu’il y a une demande!», analyse le président de la Coopérative de solidarité Le Nouvelliste, Louis Ménard, en rappelant toutefois que d’autres quotidiens québécois, comme La Tribune de Sherbrooke et Le Soleil de Québec, existent depuis plus longtemps que Le Nouvelliste.

Le regard vers l’avenir

Le Nouvelliste a connu des années fastes, mais aussi des périodes plus sombres en tant qu’entreprise. L’année 2019 a été marquée par la naissance d’une coopérative de travailleurs qui a repris la propriété du journal après la fin des émissions pour le Groupe Capitales Médias.

Selon Stéphan Frappier, Le Nouvelliste peut justement miser sur de profondes racines dans son milieu afin d’entrevoir l’avenir avec optimisme.

Louis Ménard

«Le soutien de la communauté a fait la différence pour la relance en mode coopératif. Dans la dernière année, avec le bouleversement qu’on a connu, la collectivité a démontré son attachement envers Le Nouvelliste. On a toujours un bon impact dans la collectivité. Ce sont des points positifs.»

Louis Ménard avance l’idée que le modèle coopératif va amener les employés et la communauté à s’approprier une entreprise auparavant contrôlée par un propriétaire unique.

«C’est un changement drastique qu’on n’attendait pas, mais qui va peut-être nous amener à réaliser l’importance d’un journal comme le nôtre, à y faire plus attention, à ne pas le tenir pour acquis. J’espère qu’on est un trait d’union entre le passé et l’avenir.»

«Le nom du Nouvelliste est toujours reconnu. La marque du Nouvelliste est très bonne. Et les gens voient la crédibilité des journaux. J’ai confiance», lance Jean Gagnon.

Jean Gagnon

Pour Jean-Marc Beaudoin, c’est justement la crédibilité des journaux traditionnels qui va assurer leur pérennité.

«Les gens commencent à réaliser que les réseaux sociaux ne sont pas une source d’information fiable. C’est très manipulé par toutes sortes d’intérêts. Il va falloir revenir à une information crédible. Les journaux font cette preuve. C’est de l’information vérifiée, documentée. C’est ce qui fait que les journaux sont encore très lus.»