En pleine négociation, le Syndicat des Métallos, section locale 9700, de l’Aluminerie de Bécancour, lance un appel au calme à la suite de feux d’artifice lancés devant des résidences de cadres.

Feux d’artifice chez des cadres d’ABI: le syndicat lance un appel au calme

BÉCANCOUR — Ayant été informés par les médias que des feux d’artifice avaient été lancés devant des résidences de cadres d’ABI en pleine nuit cette semaine, le Syndicat des Métallos et la section locale 9700 ont tenu à prendre leurs distances vendredi de tels gestes, lançant un appel au calme pour laisser place à la négociation.

«Ce n’est pas le type d’action que le syndicat organise, ni qu’il cautionne. Cela nuit même à notre concentration sur le processus de négociation. La négociation est essentielle pour conclure une entente à la satisfaction des membres. Nous souhaitons y consacrer nos énergies», explique le président de la section locale 9700, Clément Masse.

«Nous invitons par ailleurs tous les lockoutés à participer à des mobilisations constructives, comme celle organisée le 28 novembre prochain devant les locaux d’Alcoa et d’Hydro-Québec à Montréal», renchérit-il.

Du côté de la direction de l’Aluminerie de Bécancour, on disait continuer de travailler avec le syndicat pour négocier une convention collective équitable et concurrentielle. «Mais les manifestations de la partie syndicale à l’extérieur des maisons de certains cadres imposent un stress non nécessaire au processus de négociation», avait fait savoir la porte-parole de l’entreprise, Anne-Catherine Couture.

Tout cela survient au moment même où les travailleurs syndiqués de Rio Tinto au Saguenay‒Lac-Saint-Jean se mobilisent en appui aux lockoutés d’ABI et somment Rio Tinto de prendre ses distances face à la stratégie des lock-outs.

Dans une pleine page de journal publiée dans Le Quotidien et Le Nouvelliste, tous les syndicats représentant les 2300 syndiqués de l’aluminium du Saguenay‒Lac-Saint-Jean, à l’emploi de Rio Tinto, exhortent de «Cesser l’agression [que constitue le lock-out] et de négocier». « Rien ne justifie un lock-out. En agissant ainsi, Alcoa et Rio Tinto appauvrissent tout le Québec. Ils sont complices de cette agression envers les 1000 familles des travailleurs», peut-on lire dans la pub commanditée par les syndiqués de l’aluminium de Rio Tinto membres d’Unifor, du SCFP et des Métallos.

De plus, des brassards noirs en solidarité avec les lockoutés d’ABI sont distribués et portés ces jours-ci par les membres du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma (Métallos) du Syndicat des travailleurs énergie électrique nord (SCFP), du Syndicat des employés des installations portuaires (Unifor) et de la section locale 9491 des Métallos au Chemin de fer Roberval‑Saguenay.

«Les lock-outs, ça ne passe pas. Nous passons le message individuellement à nos contremaîtres dans nos usines et milieux de travail et nous passerons aussi le message dans la rue en envoyant une délégation à la manifestation qui se tiendra le 28 novembre prochain à Montréal en appui aux lockoutés d’ABI», explique le président du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma (SL 9490 des Métallos), Alexandre Fréchette.

Les syndiqués de l’aluminium interpellent directement leur employeur, Rio Tinto, qui possède également 25 % des parts de l’Aluminerie de Bécancour, pour qu’il se dissocie de la stratégie du lock-out en cours.

«Qui ne dit mot consent. Rio Tinto doit se positionner. Si elle s’oppose au lock-out, elle doit le faire savoir clairement à son partenaire d’affaire qu’est Alcoa. La gestion par lock-out, c’est néfaste pour les usines, néfaste pour les relations de travail, néfaste pour tout le Québec», poursuit-il.

Il encourage les lockoutés d’ABI à rester mobilisés alors qu’un intense blitz de négociations est en cours. «Alcoa et Rio Tinto misent sur le découragement des lockoutés. Je me rappelle ce qu’on a vécu à Alma en 2012 pendant le lock-out, les membres étaient solides jusqu’à la fin. Je suis allé sur la ligne de piquetage d’ABI récemment, j’ai vu les mêmes visages déterminés que chez nos membres en 2012», conclut le syndicaliste.