Dans quelques mois, après les travaux, les automobilistes pourront réutiliser le lien.
Dans quelques mois, après les travaux, les automobilistes pourront réutiliser le lien.

Feu vert pour les travaux au lien interrives La Gabelle

Saint-Étienne-de-Grès — Le projet d’aménagement du lien interrives La Gabelle en vue de sa réouverture a enfin le feu vert. Les députés caquistes de la Mauricie ont en effet conjointement annoncé, jeudi, que le projet recevra une aide financière de 125 000 $ du Fonds d’appui au rayonnement des régions. (FARR). 

C’est tout ce qui manquait pour que le dossier débloque enfin puisqu’Hydro-Québec, rappelons-le, avait déjà fait savoir qu’elle assumerait 50 % du coût des travaux estimés à 250 000 $ visant à resserrer la sécurité tout au long du trajet.

Il faudra toutefois patienter quelques mois encore avant que l’accès soit à nouveau accordé aux automobilistes, le temps d’exécuter, ce printemps, les travaux d’aménagement exigés par Hydro-Québec et recommandés à la suite d’une enquête sur les meilleures pratiques en la matière.

Le maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Luc Dostaler, est «extrêmement heureux. C’est le dénouement espéré», dit-il. Ce dernier n’ose toutefois pas avancer de date précise pour la réouverture, mais il indique toutefois que les plans et devis des travaux ont déjà été faits afin de gagner du temps et que l’appel d’offres «sera lancé rapidement».

Le maire tient à préciser qu’en parallèle à ces futures mesures, il entend travailler au cours des prochaines semaines avec la Sûreté du Québec afin que les policiers soient davantage présents dans le rang Saint-Flavien et sur la route des Vétérans, et ce, toujours dans le but d’améliorer la sécurité à l’approche du lien.

Rappelons que le lien interrives La Gabelle est fermé depuis le 11 juillet 2018 à la suite d’un accident impliquant un employé d’Hydro-Québec.

De son côté, le ministre Jean Boulet indique que ce dossier le préoccupait depuis plusieurs mois. «On a, mes collègues et moi du caucus de la région de la Mauricie, fait des interventions, rencontré les personnes concernées, discuté avec nos collègues aussi, mes collègues au conseil des ministres. C’est vraiment important. Il y a des impacts humains, sociaux, économiques», rappelle-t-il.

«Les coûts estimés à environ 250 000 $ seront partagés à 50 % par Hydro-Québec et à 50 % par le Fonds d’aide au rayonnement des régions», précise-t-il.

«Ça a été un beau travail d’équipe», ajoute le ministre. Les maires de toutes les municipalités touchées ont écrit des lettres d’appui. «C’est un beau travail collectif qui donne un beau résultat et qui va contenter tellement de monde», se réjouit-il. Pas moins de 1000 véhicules empruntaient en effet cette voie chaque jour. «Ça va avoir des répercussions aussi au plan économique», prévoit M. Boulet.

Bien qu’il n’ait pas quantifié ces répercussions économiques, rappelons qu’une étude réalisée par le Centre local de développement des Chenaux en 2005 précisait qu’une fermeture de ce lien coûterait 2,2 M$ de plus par année aux automobilistes, ce qui donne une petite idée de son importance.

«Nous sommes conscients, chez Hydro-Québec, à quel point la population apprécie le privilège de circuler sur notre installation de production d’électricité qu’est le lien interrives La Gabelle», indique Simon Racicot-Daignault, directeur principal Production et maintenance.

«C’est pourquoi, depuis le tout début de la fermeture survenue en juillet 2018, nous avons travaillé de concert avec nos partenaires du milieu dans l’objectif d’une réouverture sécuritaire pour tous les utilisateurs et nos employés», dit-il.

Notons que l’ouverture du lien interrives La Gabelle a débuté en 1999. Il s’agit d’un raccourci très apprécié entre les municipalités de Saint-Étienne-des-Grès et Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Rappelons qu’un comité formé de représentants de ces deux municipalités, d’Hydro-Québec et de la Sûreté du Québec a été créé, après la fermeture, pour essayer de trouver des solutions, voire une combinaison de divers moyens, permettant de mieux contrôler le comportement des automobilistes, tant aux abords du lien que sur ce dernier.

Entre les 22 octobre et 9 novembre 2018, le lien avait été rouvert afin de permettre à Hydro-Québec de mener un sondage et de documenter l’utilisation de sa voie de circulation.

Les données recueillies auprès de 3200 répondants avaient révélé que les personnes qui empruntent le lien sont principalement des travailleurs, surtout en semaine, ainsi que des personnes pratiquant des activités récréotouristiques. Pour 70 % des répondants, le lien était emprunté parce qu’il permettait de sauver du temps.

Finalement, c’est la question des sommes à investir qui a retardé le règlement de ce dossier, car les deux municipalités connectées au lien ne pouvaient se permettre d’investir de l’argent pour régler une situation qui touchait bien plus que leurs citoyens respectifs.

Il n’a pas été possible de parler au maire de Saint-Étienne-de-Grès, Robert Landry, jeudi. Dans une entrevue précédente accordée au Nouvelliste, toutefois, ce dernier avait précisé que sa municipalité n’avait pas l’intention de payer la note, d’autant plus que les citoyens de Saint-Étienne ne représentent que 30 % des usagers.

Notons que les problèmes de circulation sur le lien interrives ne datent pas d’hier. En 2006, Hydro-Québec l’avait fermé pendant trois semaines dans le but d’y faire des travaux afin d’éviter que les automobilistes et les camionneurs transgressent les règles de circulation pour gagner quelques minutes. Il appert que les travaux n’avaient pas réussi à venir à bout de l’impatience des conducteurs. Reste maintenant à voir si les mesures qui seront aménagées au printemps en viendront à bout cette fois.