Feu de la fête nationale au parc de la Rivière-Grand-Mère: «ce n’est pas une demande du ministère»

Shawinigan — Alain Lirette souhaitait obtenir l’heure juste au sujet du feu de joie de la Saint-Jean-Baptiste sur l’île du parc de la Rivière-Grand-Mère et visiblement, son cri du cœur lancé mercredi dans le cadre du dévoilement de la programmation régionale des festivités a produit son effet. Le responsable de la fête nationale à Shawinigan doit rencontrer vendredi matin la directrice du Service de l’aménagement du territoire de la Ville de Shawinigan, Élyse Ménard, pour tirer cette histoire au clair.

Lors de la conférence d’information de mercredi, M. Lirette a publiquement déploré que le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques remette en question la présentation du célèbre feu de joie, sous prétexte de protéger les travaux de dragage effectués au début de l’année dans la rivière Grand-Mère pour retirer des sédiments qui nuisaient à l’environnement. Jeudi, il avouait qu’il n’avait jamais échangé avec le ministère sur ce point, mais plutôt avec la Ville de Shawinigan. Une rencontre pour préparer cette fête avait été organisée en mai.

«Des gens de la Ville m’ont dit qu’étant donné que l’île avait été refaite, le ministère était plus ou moins intéressé à ce qu’il y ait un feu», raconte M. Lirette. «Ils me disaient qu’ils devaient suivre les ordres du ministère. En réalité, je pense que ça vient plus de la Ville que du ministère. Ça se défriche un peu!»

Effectivement, à la direction régionale du ministère, on s’interrogeait sur cette sortie jeudi. «C’est la Ville de Shawinigan et non le MELCC qui a demandé des mesures d’atténuation, considérant que l’île est fraîchement revégétalisée», indique Daniel Messier, conseiller en communication au ministère.

Du côté de la Ville de Shawinigan, François St-Onge, directeur des communications, assure que la situation sera clarifiée vendredi matin.

«Nous avons simplement mentionné qu’il faudrait mettre quelque chose en place pour protéger les travaux qui ont été faits, protéger l’environnement», explique-t-il. «Nous n’avons pas une liste de demandes, mais on veut voir avec lui comment on peut travailler de la meilleure façon possible. L’environnement, ça nous préoccupe. Ce n’est pas une demande du ministère.»

M. Lirette répète qu’il comprendrait mal que ces travaux, finalement exécutés après une longue attente, servent de prétexte pour mettre fin à une tradition.

«Ça fait 76 ans qu’il y a un feu sur cette île et je ne pense pas que ça ait pollué la rivière Saint-Maurice», fait-il remarquer. «À la 77e édition, je ne pourrais pas faire de feu? Je suis rendu à minuit moins cinq. La fête n’est pas très loin!»

Le responsable s’attend à ce que la Ville lui formule «certaines exigences», mais visiblement, rien qui puisse compromettre ce feu de joie. «C’est sûr que je vais me battre pour avoir une fête qui a de l’allure», maintient-il.

M. St-Onge assure que du côté de la Ville, l’annulation du feu de joie n’a pas été évoquée dans les discussions.

«Jamais de la vie!», laisse-t-il tomber.