L'incendie serait en voie d'être maîtrisé à Saint-Étienne-des-Grès
L'incendie serait en voie d'être maîtrisé à Saint-Étienne-des-Grès

Feu de forêt à Saint-Étienne-des-Grès: une intervention difficile

Saint-Étienne-des-Grès — Vent, chaleur, approvisionnement en eau laborieux, la vingtaine de pompiers qui combattaient toujours, samedi en fin de journée, l'incendie de forêt qui s'était déclaré la veille à Saint-Étienne-des-Grès ont dû composer avec diverses problématiques. «Le feu est contenu, mais n'est pas encore maîtrisé», indique Isabelle Gariépy, porte-parole à la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU).

Le feu qui a détruit deux résidences et quelques bâtiments secondaires se sera finalement étendu sur une quarantaine d'hectares, estime la SOPFEU. L'incendie étant «contenu», signifie qu'il ne se déplace pratiquement plus, souligne-t-on. Il s'agit maintenant de le maîtriser, avant de passer en phase ultime de l'intervention, c'est-à-dire procéder à son extinction définitive, fait valoir Isabelle Gariépy. Cela pourrait encore prendre plusieurs jours, avance-t-on. «C'est là que les pompiers entrent dans le périmètre et s'assurent qu'il n'y a plus aucune source de chaleur», explique la porte-parole. On espérait y arriver samedi matin, mais le vent et la chaleur se mettant de la partie, le travail des pompiers aura quelque peu ralenti, indique-t-on.

Si l'heure n'est pas encore au bilan, on peut d'ores et déjà dire que les dommages, dans les circonstances, demeurent modestes. C'est tout un secteur de Saint-Étienne-des-Grès qui a dû être évacué. On a craint le pire pendant un moment. Rappelons qu'au plus fort de l'incendie, vendredi, quatre avions de la SOPFEU et des pompiers de six municipalités avoisinantes étaient mobilisés pour combattre le brasier. Les services incendie de Saint-Boniface, de Charette, de Yamachiche, de Trois-Rivières, de Saint-Barnabé et de Saint-Élie-de-Caxton ont ainsi été appelés en renfort. «On avait 10 000 pieds de boyaux au sol», image Daniel Isabelle, directeur du Service incendie de Saint-Étienne-des-Grès. Si presque tous les citoyens avaient pu regagner leur foyer, tard dans la soirée de vendredi, une dizaine de résidences de la rue Lambert demeuraient sous le coup d'un ordre d'évacuation en fin de journée, samedi.

Approvisionnement en eau laborieux

Des bris mécaniques qui touchent deux puits municipaux de Saint-Étienne-des-Grès, bien qu'ils n'aient pas occasionné pas de rupture dans l'approvisionnement en eau, ont rendu plus laborieuse l'intervention des pompiers de la municipalité, appelés en renfort par la SOPFEU, samedi matin, pour maîtriser l'incendie.

Pas plus tard que le 20 mai dernier, la Municipalité émettait un avis de restriction d'utilisation de l'eau potable. «En raison d'une consommation excessive de bris mécaniques causés à deux puits de la municipalité, nous sommes dans l'obligation d'imposer pour une période temporaire une interdiction d'arrosage et de remplissage des piscines», peut-on lire dans la communication envoyée aux citoyens.

Au sortir d'une réunion d'urgence pour traiter de la question, le maire de Saint-Étienne-des-Grès, Robert Landry, explique qu'un problème dont on tente toujours d'identifier la source a effectivement vu les réserves d'eau de la municipalité baisser de moitié. S'il est difficile pour l'instant de dire si la situation est liée à une surconsommation ou à une fuite qu'il reste à repérer, il demeure qu'un bris mécanique touchant une pompe dans une des stations d'eau potable fait bel et bien chuter la pression dans le réseau, au point où les bornes-fontaines deviennent inutilisables, indique-t-il.

Conséquemment, même si des bornes-fontaines se trouvent à l'extrémité de la rue Lambert, là où les équipes de la SOPFEU étaient déployées samedi, trois camions-citernes exécutaient des allers-retours continus entre le foyer de l'incendie et une borne-fontaine située à près de trois kilomètres de là, sur le territoire de la Ville de Trois-Rivières, pour fournir les pompiers en eau. S'il n'a pas voulu trop commenter la situation, le directeur incendie de Saint-Étienne-des-Grès, Daniel Isabelle, concédait tout de même que l'on espérait voir un quatrième camion se joindre aux efforts de l'équipe en début d'après-midi.

Trois camions-citernes exécutaient des allers-retours continus entre le foyer de l'incendie et une borne-fontaine située sur le territoire de la Ville de Trois-Rivières.

À la SOPFEU, on ne se formalisait pas trop de la façon dont l'eau était acheminée sur les lieux, tant qu'on n'en manquait pas. La porte-parole de la société, Isabelle Gariépy, indique que cela fait partie du travail d’avoir à combattre le feu dans des conditions où les points d'eau sont plus éloignés. Des «piscines» étaient déployées près de l'incendie et les pompiers de Saint-Étienne-des-Grès assuraient un ravitaillement soutenu.

Cette importante mobilisation de ressources aura toutefois comme conséquence de gonfler la facture de l'intervention. Évoquant le premier ministre Legault et sa gestion de la crise sanitaire, le maire Landry déclare que «ce n'est pas le temps de regarder à la dépense, c'est le temps d'arroser le feu». On devrait par ailleurs être en mesure de savoir lundi si la SOPFEU épongera en tout ou en partie la facture de l'intervention, indique-t-il.

On ne voyait plus le ciel

Danielle Carbonneau habite au coin des rues Principale et Lambert depuis une quarantaine d'années. Quand elle a vu le ciel s'obscurcir au point d'en perdre la trace du soleil, elle et son mari n'ont pas attendu l'ordre d'évacuation pour comprendre qu'il valait mieux partir. «Les gens sortaient de la rue, et nous disaient "il s'en vient"», raconte-t-elle.

Le couple a donc rassemblé quelques objets de valeurs – «les photos des enfants», souligne Mme Carbonneau – et a quitté sa maison sans savoir s'il la reverrait. Les époux ont trouvé refuge chez leur fille et le mari de Mme Carbonneau allait aux nouvelles au centre communautaire municipal. C'est là que sur les coups de 10 heures la plupart des citoyens ont eu la permission de regagner leur demeure.

Samedi matin, tandis qu'elle se remémorait avec émotion les événements de la veille, Danielle Carbonneau n'avait que de bons mots pour les pompiers et les policiers qui sont intervenus pour combattre l'incendie. «On parle beaucoup du personnel de la santé, mais eux aussi ce sont nos sauveurs», déclare-t-elle.

Pandémie oblige, les règles de distanciations sociales auront été appliquées à la lettre au centre communautaire, explique de son côté Robert Landry. Un repas a été offert aux personnes qui y auront trouvé refuge. Les citoyens qui n'ont pas eu la permission de réintégrer leur maison se seront tournés vers leur entourage ou dirigés vers un hôtel.

L'incendie de forêt en secteur habité vient rappeler que la prudence est de mise et que tout feu à ciel ouvert est présentement interdit sur l'ensemble du territoire québécois, insiste pour sa part la SOPFEU. «S'il n'y a pas de pare-étincelles au-dessus de votre feu, avec des trous de moins d’un centimètre, c'est considéré comme un feu à ciel ouvert», souligne Isabelle Gariépy.