Des dizaines de milliers de visiteurs sont attendus jusqu’au 7 octobre à Louiseville à l’occasion du 40e Festival de la galette de sarrasin.

Festival de la galette de sarrasin: une longévité hors du commun

Louiseville — Fondé sur l’importance de mettre en relief un mets traditionnel et la musique folklorique, le Festival de la galette de sarrasin est devenu lui-même une tradition en Mauricie, lui qui fête ses 40 ans en 2018.

Dès vendredi, les Louisevillois accueilleront des dizaines de milliers de festivaliers. Ceux-ci viendront manger de la galette de sarrasin et déguster le p’tit caribou, comme le disait le père Sarrasin (personnifié par le regretté Jules Baribeau) dans les réclames publicitaires il y a plusieurs années.

Ce personnage est disparu du festival depuis neuf ans, mais l’événement a su s’adapter et résister à la vague d’extinction de nombreux festivals.

«Quand je suis arrivé en politique (dans les années 1970), toutes les municipalités avaient un festival. Mais au fil des ans, ça prend de l’argent et de la bonne volonté pour un festival. La plupart des festivals sont tombés. Traverser 40 ans, c’est un exploit», déclare Yvon Picotte, président du festival durant plus de 10 ans et toujours actif au sein de l’organisation à titre de président sortant.

André Auger a pris la relève d’Yvon Picotte après l’édition de 2015. Le président du festival confirme que l’activité demeure spéciale après toutes ces années.

«C’est le plus gros événement dans Maskinongé. Quarante ans, c’est pas rien. Au fil des ans, il y a eu des gens qui avaient à cœur de faire quelque chose avec le festival. Il y a encore des bénévoles qui veulent continuer ce qui a été lancé dans le temps.»

Le bénévolat demeure une composante essentielle dans l’organisation d’un festival. Jean-Pierre Gélinas, qui a présidé le festival durant six ans, a accepté d’être le président d’honneur du 40e afin justement de souligner le précieux apport des bénévoles.

«C’est rare qu’un festival dure 40 ans. Comme président, je garde comme souvenir que c’est beaucoup de travail! Mais quand on a une bonne équipe, ça va bien. J’ai été très bien secondé quand j’ai été là. La base, c’est le bénévolat.»

Jean-Pierre Gélinas est persuadé que le festival a encore plusieurs années devant lui. Yvon Picotte est du même avis.

«Le festival dure depuis 40 ans, car tout le monde réalise qu’il est important. C’est une grande fête, c’est bon pour les marchands, c’est bon pour tout le monde. Et chaque fois que le festival a eu des difficultés, il a passé au travers. Le festival a été bâti sur les traditions et il faut garder la tradition. Ceux qui vont décider d’œuvrer pour le festival ne doivent pas avoir peur de mettre du temps. Tant qu’on aura des gens pour relever ce défi, ça va être bon.»

Yvon Deshaies veut lui aussi que le festival continue. C’est la raison pour laquelle le conseil de Louiseville contribue financièrement à cet événement.

«On met entre 70 000 $ et 75 000 $ par année en argent et en temps, dit le maire. Pendant le festival, nos employés montent l’Avenue du terroir. C’est quatre ou cinq gars pendant huit jours. Quand ils sont là, ils ne sont pas ailleurs en train de boucher des trous dans le chemin! On fournit l’électricité à Place Canadel. Le festival a besoin de notre aide, mais ça vaut la peine. C’est notre festival. Ça fait connaître Louiseville. Sur 40 ans, beaucoup de personnes sont venues chez nous. Et les retombées sont bonnes pour nos commerçants. Ça fait une fierté dans une ville.»

Début vendredi

Le 40e Festival de la galette de sarrasin de Louiseville débute vendredi. Si l’organisation conserve certaines activités traditionnelles comme le défilé, la criée, l’accueil du sarrasin, le couronnement de la reine-meunière et les soirées de spectacles, elle innove cette année en présentant samedi un derby de démolition et en proposant une section pour les enfants durant les deux fins de semaine.

«La place de la famille offrira des activités gratuites pour les enfants. On parle de jeux gonflables, de maquillage, de pièces de théâtre. On a une entente de trois ans avec la famille Lygitsakos qui nous prête son terrain gratuitement (où était anciennement le restaurant El Greco). Et le derby de démolition va nous apporter du financement différent de ce qu’on a actuellement. Le financement diminue chaque année, il faut être imaginatif. Il faut rentabiliser le festival», raconte M. Auger, qui voit d’un bon œil la tenue d’événements spéciaux en dehors de la durée du festival dans les années à venir.

Le 40e réserve tout de même un aspect nostalgique. Pour souligner cet anniversaire spécial, le festival ramène la Veillée à Joseph. Cette soirée, qui aura lieu le vendredi 5 octobre, mettra en vedette les Cousins Branchaud et les Cuillères à carreaux et présentera de nouveau le duo composé de Roger Provencher et de Guy Millette qui a su faire rire les spectateurs au fil du temps.

«La dernière Veillée à Joseph remonte à 2011. J’ai fait 10 ans de Veillée à Joseph, cinq ans de gala folklorique, 20 ans à la criée. J’ai fait ma part. Mais j’ai été approché par le président. J’avais le goût pour le 40e. Ça va être une soirée à la bonne franquette. Les gens qui ont assisté à la Veillée à Joseph il y a sept ans vont se retrouver cette année!», raconte Roger Provencher, en assurant que les personnages du duo seront de retour.

Noir Silence et Vilain Pingouin sont au nombre des artistes qui monteront sur la scène de Place Canadel durant le festival.

Au programme
Vendredi:
• 11 h: Exposition de peintures à l’église (jusqu’à dimanche)
• 20 h: Salut Poirier fête les 40 ans avec Iconik, King 16 et Lipstick Rodeo à la Place Canadel
Samedi
• 11 h: Cérémonie d’accueil et de bénédiction du sarrasin devant l’hôtel de ville
• 12»h: Course de boîtes à savon
• 12 h 30: Bingo à la Place Canadel
• 12 h 30: Derby de démolition sur l’avenue Deveault
• 20 h: spectacle de Noir Silence, Vilain Pingouin et les Frères à ch’val à la Place Canadel
Dimanche
• 10 h 30: Messe de la Confrérie
• 13 h: Spectacle du duo Sonic, Monique Gagnon, les 2 Frères b et Jacky et Manon à la Place Canadel