Mario Lebel sera désormais un «simple bénévole» pour le Festival de chasse.

Festival de chasse: Mario Lebel répond au maire et quitte la présidence

LA TUQUE — Le maire de La Tuque avait demandé récemment au Festival de chasse de rendre des comptes et de faire un choix définitif sur son modèle de gouvernance. Le comité organisateur a tranché dans une correspondance envoyée à la Ville. Le président de l’évènement, Mario Lebel, a profité de l’occasion pour quitter ses fonctions et devenir «un simple bénévole» prêt à collaborer.

«Vous comprendrez que la gouvernance du Festival et de son organisation est dorénavant sous votre responsabilité. De ce fait, je n’ai plus la légitimité de prétendre être le président d’un comité qui n’a plus de dépendance décisionnelle. C’est pourquoi je vous annonce que je ne suis maintenant qu’un simple bénévole au sein d’un comité qui offre ses services à la nouvelle organisation à naître. La population et les bénévoles du comité vous appuient, nous n’attendons que votre invitation», a indiqué Mario Lebel.

Ce dernier avait été invité par le maire à faire un choix quant au modèle de gouvernance de l’évènement. Il a expliqué qu’après réflexion, le comité organisateur du Festival de chasse n’envisageait pas de devenir un organisme à but non lucratif .

«Nous savons ce que la mise en place et l’administration d’un OBNL peuvent demander en termes de temps, et nous ne souhaitons pas nous investir dans un tel projet […] La Corporation étant un organisme légalement constitué, avec comme administrateurs des élus et des employés de la Ville, les bénévoles du comité considèrent qu’ils n’ont pas à vous proposer de modèle en particulier, puisqu’il est de la responsabilité d’un conseil d’administration de prendre les décisions relatives à sa gouvernance».

Le comité a donc décidé de poursuivre avec le modèle actuel qui implique une plus grande supervision de la part de la Ville.

Le maire avait indiqué lors de la dernière assemblée publique qu’il était inquiet des états financiers de l’évènement. Mario Lebel assure qu’il n’a été mis au courant de la problématique qu’une seule journée avant la rencontre entre les deux parties.

«J’imagine que vous comprenez que, malgré ma bonne volonté, ce court délai avant notre rencontre a eu pour effet de ne pas être en mesure de bien vous expliquer le déficit, n’ayant pas eu le temps nécessaire pour en faire une bonne analyse […] Je vous assure que je partage votre inquiétude, et je m’excuse de ce que je pourrais appeler mon manque de rigueur. Soyez assuré que moi et l’ensemble des bénévoles ne sommes pas insensibles face à cette situation. De façon unanime, nous sommes aussi d’avis qu’elle mérite d’être analysée et sommes prêts à collaborer avec vous si vous le souhaitez», indique-t-il.

Le maire de La Tuque avait également demandé un plan de redressement budgétaire au comité organisateur du Festival de Chasse.

«Comme maire vous devez sûrement savoir que ce sont les administrateurs d’un conseil d’administration qui sont imputables à l’organisation. Il est donc, selon moi, logique que ce soit à eux que revienne la responsabilité de se pencher sur la question budgétaire et d’établir un plan de redressement. Toutefois, sachez une fois de plus que je suis ouvert à leur offrir ma collaboration afin de fournir des pistes de solutions qui soient satisfaisantes pour les deux parties», note Mario Lebel.

Ce dernier a toutefois proposé une piste de solution qui impliquerait les municipalités de La Bostonnais et de Lac-Édouard.

«Si chacune des municipalités devenait des partenaires financiers, ce serait déjà une bonne façon d’amorcer le redressement budgétaire. Les deux municipalités ont des retombées économiques indirectes compte tenu du nombre de pourvoiries et de territoires de chasse dans chacun de leur village. De plus, ils pourraient participer à notre programme des Ambassadeurs et ainsi aider le Festival à se faire connaître auprès des nombreux chasseurs à les visiter».

Mario Lebel a également témoigné sa déception vis-à-vis la sortie publique du maire lors de l’assemblée du mois de mars.

«Je trouve même préoccupant votre façon de faire, à savoir qu’une correspondance, suite à une rencontre privée, se retrouve sur la place publique avant d’obtenir une réponse, ou même la fin de l’échéancier. Par contre, la réussite et la survie de l’évènement me préoccupent et me tiennent à cœur et c’est ce qui l’emporte sur la déception que je pourrais avoir envers vous et l’ensemble du conseil suite aux derniers évènements», a-t-il indiqué.

La Ville réagit

Le maire a voulu dissiper «les inquiétudes et les rumeurs», mardi soir, lors de l’assemblée publique. Il a confirmé qu’il y aurait bel et bien un Festival de chasse en 2019.

«Un entrepreneur local est venu me rencontrer, quelqu’un de sérieux, mais que je ne peux pas nommer. Il le fera en temps et lieu. Il y a déjà un groupe organisé. Ils vont se présenter sous forme d’un OBNL. C’est important. Ça rencontre les exigences du Conseil d’agglomération. Sous peu, ces gens-là seront responsables de faire leurs annonces à l’effet que le Festival va prendre d’autres formes, d’autres orientations. Ce sera leur décision. Pour ce qui est de Ville de La Tuque, nous continuerons de travailler en partenariat avec ces gens-là», a noté le maire Pierre-David Tremblay.

Ce dernier a également confirmé que la Ville allait éponger le déficit de 22 000$ du Festival de Chasse via la Corporation des activités populaires La Tuque. «On s’est entendu avec le groupe pour, cette année, éponger la somme déficitaire de 22 000$», a-t-il ajouté.