Il faudra moderniser encore plus le centre de tri, embaucher plus de trieurs et sensibiliser les citoyens.
Il faudra moderniser encore plus le centre de tri, embaucher plus de trieurs et sensibiliser les citoyens.

Fermeture du marché de l’Inde pour les papiers mixtes: Récupération Mauricie aura besoin d’aide

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Saint-Étienne-des-Grès — Après les pellicules de plastique qui n’ont aucun débouché pour le recyclage, voici qu’avec l’annonce récente de la fermeture du marché de l’Inde, les papiers mixtes représentent la nouvelle épine dans le pied des centres de tri du Québec, incluant Récupération Mauricie à Saint-Étienne-des-Grès.

«Ça fait déjà un bon moment qu’on paie environ 20 $ la tonne pour s’en débarrasser», raconte le président de RM, le maire Luc Dostaler. Or les papiers mixtes (boîtes de céréales, circulaires, journaux et divers types de papiers) représentent rien de moins que 30 % de toutes les matières récupérées en Mauricie, soit quelque 10 000 tonnes par année.

Ce n’est pas d’hier que le marché est difficile. Cette fois, par contre, l’Inde exige la quasi-perfection soit moins de 1 % de contaminants dans les papiers mixtes qu’elle achète de l’étranger. Pour illustrer le degré de raffinement de cette exigence, on peut dire que c’est l’équivalent d’enlever la petite fenêtre de plastique dans une enveloppe, illustre le président de RM.

Malgré des investissements de plusieurs millions $, Récupération Mauricie n’arrive à épurer ses matières récupérées qu’à 2 % de contaminants, indique M. Dostaler.

De nouveaux investissements de plusieurs centaines de milliers de dollars seront donc nécessaires pour aspirer à satisfaire l’Inde qui suit de près la Chine, laquelle s’est fermée aux importations occidentales de matières recyclables pour les mêmes motifs de contamination en 2017.

Une modernisation supplémentaire du centre de tri sera nécessaire, estime Luc Dostaler, mais «ne peut être la seule responsabilité des centres de tri», dit-il.

Le centre de tri de Québec y arrive, signale-t-il et RM peut y arriver, estime-t-il, moyennant de l’aide du gouvernement.

Sur la chaîne de tri, les choses vont vite. Il suffit de ne pas attraper au vol une branche d’arbre, une couche ou un morceau de boyaux d’arrosage — autant de matières qui ne doivent jamais être mises dans le bac bleu — pour dévaluer un chargement de matières recyclables face aux acheteurs. Il faudra donc plus de trieurs aussi.

La consigne du verre, très attendue par les centres de tri, viendra régler également une partie du problème, indique M. Dostaler.

Pour l’instant, la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie et Récupération Mauricie demandent aux citoyens de continuer à mettre les journaux, revues et papiers de bureaux dans le bac bleu. Elles demandent également aux citoyens un effort pour mettre les bonnes matières dans le bac.

Luc Dostaler ne voudrait pour rien au monde que les citoyens perdent l’habitude de recycler ces matières qui finiront par trouver preneur, d’autant plus qu’il en coûte beaucoup plus cher d’enfouir les papiers mixtes que de payer pour les vendre sur les marchés internationaux. Et les papiers mixtes propres peuvent être transformés en nouveau papier, rappelle-t-il.

Luc Dostaler précise que fort heureusement, il existe de bons marchés pour vendre les contenants de plastique, l’aluminium, les boîtes de conserve et même le verre. Il faut donc continuer à récupérer.

La fermeture des marchés chinois et indien n’est pas sans rappeler l’année 2018 qui avait failli avoir raison du système de récupération en Mauricie puisqu’il fallait payer, là aussi, pour se départir des matières qui avaient perdu leur valeur dans un contexte de crise économique internationale.

Pour l’instant, le président ne veut pas parler de pertes financières, car des efforts sont mis afin de trouver d’autres débouchés le plus rapidement possible.

«Il faut travailler à développer des marchés québécois» pour valoriser nos matières récupérées, plaide le président de RM.