Steve Dubé, directeur général de la Corporation des événements de Trois-Rivières.
Steve Dubé, directeur général de la Corporation des événements de Trois-Rivières.

Fermeture des lieux culturels : l’expérience de la première vague sera d’une grande aide

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Depuis le printemps dernier, les acteurs du milieu culturel ont multiplié les efforts pour poursuivre leurs activités tout en se conformant aux exigeantes mesures sanitaires de la Santé publique. Voilà que ces efforts sont à nouveau contrecarrés par le passage de Trois-Rivières en zone rouge, entraînant pour la deuxième fois en moins d’un an la fermeture des salles de spectacles, des musées et des lieux de diffusion culturelle en général. Heureusement, l’expérience de la première vague devrait servir aux acteurs de ce milieu, les guidant dans cette nouvelle période trouble qui s’amorce.

Il fallait probablement être très déconnecté de l’actualité pour ne pas voir venir ce reconfinement partiel que vivront dès samedi soir à minuit quatre secteurs de la Mauricie et du Centre-du-Québec (Trois-Rivières, Bécancour, Nicolet-Yamaska et Drummond). C’est donc sans surprise que Steve Dubé, directeur général de la Corporation des événements de Trois-Rivières a appris jeudi que la saison se terminerait plus tôt que prévu pour l’Amphithéâtre Cogeco. Le timing était cependant heureux, indique-t-il. «On n’avait pas d’événements prévus en octobre, puisqu’il fallait rentrer tous les équipements extérieurs à l’intérieur pour en faire l’entretien, pour ensuite opérer le cabaret. Par contre, on reporte au printemps tous les événements qui étaient prévus jusqu’au 31 décembre. Les détenteurs de billets seront informés via notre infolettre et par les réseaux sociaux de la suite des choses», explique-t-il.

Il est difficile pour la Corporation de prévoir l’avenir. M. Dubé indique que son équipe et lui travaillent déjà sur plusieurs scénarios.

«On s’est donné la mission d’être aussi dynamique que possible, tant qu’on a la possibilité de l’être. Si les règles changent et qu’on peut réexploiter la salle, différents scénarios sont prévus, avec différents types de configuration. Mais pour l’instant, on doit tout mettre sur pause», précise-t-il.

Si la situation devait perdurer, le virtuel pourrait s’avérer de nouveau une avenue intéressante. L’équipe de la Corporation doit d’ailleurs se réunir la semaine prochaine pour étudier les différentes options envisageables.

En ce qui concerne les Délices d’automne, qui ont lieu samedi et dimanche, l’événement est maintenu. La formule avait déjà été adaptée en proposant aux citoyens d’acheter un panier de pique-nique contenant des repas de restaurants et des produits d’entreprises agroalimentaires de la région, ce qui permettait d’éviter les rassemblements et les contacts. Le seul changement est dans les possibilités d’endroits où aller déguster son pique-nique: mieux vaut éviter les parcs pour ne pas créer des rassemblements. En ce sens, la Corporation des événements ne compte pas jouer à la police avec les gourmands de passage samedi et dimanche, prévient M. Dubé. «Les gens sont informés des directives de la santé publique et c’est à eux de faire ce qui leur est demandé.»

Dernière chance pour «faire le plein de culture»

De son côté, dès jeudi soir, Culture Trois-Rivières (Culture 3R) annonçait la fermeture des cinq lieux de diffusion culturelle sous sa responsabilité qui étaient demeurés ouverts, soit la salle J.-Antonio-Thompson, la Maison de la culture, le Musée Boréalis, le Centre d’exposition Raymond-Lasnier et l’Espace Pauline-Julien. Comme pour la plupart des lieux touchés par le passage en zone rouge, cette fermeture aura lieu samedi, à minuit. Il reste donc une journée aux amateurs de culture pour profiter de ces espaces avant qu’ils deviennent inaccessibles pour une durée indéterminée.

Nancy Kukovica, directrice générale de Culture Trois-Rivières.

«Si les gens veulent faire le plein de culture avant la fermeture, ils ont jusqu’à 17h, samedi», mentionne Nancy Kukovica, directrice générale de Culture 3R.

Comme la Corporation des événements, l’organisme paramunicipal ne compte pas se tourner les pouces en attendant le retour de Trois-Rivières à un palier d’alerte moins élevé.

«On a prouvé dans les derniers mois notre capacité à la résilience et à l’adaptation. On est déjà en train de réfléchir à des moyens d’adapter certaines activités. Pour d’autres projets, on est en train d’analyser ce qu’on peut faire pour rester présent», indique Mme Kukovica.

Au moins, Culture 3R pourra s’appuyer sur une certaine expérience, celle du printemps et de l’été, alors que comme bien d’autres organismes et lieux dédiés à la diffusion culturelle, il a fallu redoubler de créativité pour que la culture demeure présente.

«On se sent plus outillé, fort de l’expérience vécue au printemps. Tout le monde a fait preuve d’une grande capacité d’adaptation et l’avantage qu’on a, c’est qu’on sent qu’on a plus de repères qu’au printemps», conclut-elle.

D’autres musées fermés

Du côté de Nicolet, le Musée des cultures du monde a aussi annoncé qu’il fermerait ses portes à partir de dimanche, pour une durée indéterminée.

Le Musée Pierre-Boucher de Trois-Rivières a pour sa part annoncé qu’il fermerait ses portes au public dès la fin de la journée, vendredi, jusqu’au 28 octobre. Il en va de même pour le Musée POP, mais du contenu sera disponible sur son site internet et sur les réseaux sociaux.

À Bécancour, le Centre de la biodiversité a également annoncé qu’il serait fermé du 11 au 28 octobre inclusivement. Le verger demeurera ouvert pour une dernière fin de semaine, jusqu’au lundi 12 octobre, afin de permettre de vider les arbres de leurs derniers fruits.