Des propriétaires de bars du centre-ville de Trois-Rivières seraient intéressés à laisser leur établissement ouvert jusqu'à 6 heures lors d'événements spéciaux comme le Grand Prix de Trois-Rivières.

Fermeture des bars à 6 heures: de l'intérêt aussi à Trois-Rivières

L'idée de permettre d'ouvrir des bars jusqu'à 6 h, comme le prévoit le projet-pilote de la Ville de Montréal, séduit quelques propriétaires de bars du centre-ville de Trois-Rivières. Lors des fêtes ou des grands événements, cette mesure pourrait atténuer les impacts de la sortie massive des bars à 3 h.
«C'est une idée qui peut être avantageuse pour nous surtout lors de fêtes comme le jour de l'An et l'Halloween ou d'événement comme le FestiVoix ou le Grand Prix», souligne Ian O'Shaughnessy, du groupe propriétaire des bars Le Temple, Le P'Tit Pub, Le Trèfle et l'Embuscade, tous situés au centre-ville de Trois-Rivières.
M. O'Shaughnessy soutient que les bars sont pleins à 3 h lors de ces événements et qu'il est parfois difficile de montrer la sortie aux clients, dont certains sont des touristes, surtout dit-il alors que les taxis ne sont pas toujours suffisamment nombreux pour servir tout le monde. «Je prône beaucoup l'ordre et la sécurité à la sortie des bars», précise-t-il en soulignant qu'il ne pense pas que fermer chaque soir à 6 h soit une bonne décision d'affaires.
William Plante, un des propriétaires du bar La Grange, aussi situé au centre-ville de Trois-Rivières, abonde dans le même sens. Il soutient qu'une telle mesure serait particulièrement intéressante lors de grands événements, lorsque les bars sont bondés à 3 h.
«Pour les fêtes et festivals, ça serait positif», dit-il en amenant un bémol. «Pour le reste du temps, est-ce qu'il y a un marché?»
Le tenancier de La Grange affirme de plus que les sorties massives des bars peuvent apporter plusieurs problèmes de sécurité. Les attroupements de personnes engendrent quelques fois des tensions, et dégénèrent à l'occasion en bagarre.
De plus, il croit lui aussi que l'attente trop longue pour un taxi peut entraîner certaines personnes à prendre leur voiture, même s'ils sont en état d'ébriété. Ce triste phénomène a souvent été observé par Opération Nez rouge, lors de soirées très achalandées où les bénévoles sont débordés.
Le restaurant Planète Poutine de la rue Hart est un des seuls restaurants toujours ouverts à la fermeture des bars. Le copropriétaire de l'entreprise, Alexandre Auger, avoue que les clients nocturnes arrivent massivement à 3 h.
«À 2 h 30, le restaurant est vide et trente minutes plus tard, il y a une grande file d'attente», souligne le restaurateur qui précise que plusieurs personnes attendent des taxis dans son établissement.
Rappelons que la Ville de Montréal permettra durant les fins de semaine entre le 12 juin et le 5 juillet, à 19 bars de l'alcool jusqu'à 5 h 30 du matin. Ils devront fermer leurs portes une demi-heure plus tard.
Ce week-end, Le Soleil rapportait que plusieurs commerçants de Québec aimeraient que leur Ville imite la métropole. Des propriétaires de bars de la Grande-Allée estiment que l'ouverture prolongée serait souhaitable particulièrement lors d'événements comme le Festival d'été.
La Ville pas fermée à l'idée
Selon la Loi sur les permis d'alcool, c'est la Régie des alcools, des courses et des jeux qui, «sur demande et de façon exceptionnelle, peut modifier les heures d'exploitation prévues par les premier et troisième alinéas de l'article 59, lors d'une manifestation culturelle, sociale, sportive ou touristique.» Mais encore faut-il qu'une demande lui soit acheminée, pour ensuite être étudiée.
Le maire Yves Lévesque ne se dit pas fermé à l'idée de placer une telle demande pour les bars du centre-ville à l'occasion d'un événement comme le Grand Prix, par exemple, mais attendra de voir le résultat du projet-pilote mené à Montréal avant.
«Pour le moment, personne n'a manifesté le besoin de nous interpeller là-dessus. Si la SDC (Société de développement commercial) vient nous voir avec une demande de ses membres, on verra ce qu'on peut faire. En même temps, je crois qu'il faut attendre de voir ce que donnera l'expérience menée à Montréal», a-t-il commenté.
Avec la collaboration de Paule Vermot-Desroches