Fermeture de nuit du pont Laviolette: des travaux rassurants... et inquiétants!

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Les travaux de renforcement du pont Laviolette, qui vont nécessiter sa fermeture de nuit dès l’automne, se veulent à la fois rassurants et inquiétants pour les élus de la région.

«Au-delà du fait que ça va sûrement avoir un inconvénient pour les travailleurs de nuit, mon inquiétude se situe au niveau des transports d’urgence », a commenté la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois.

D’ailleurs, celle-ci entend bien profiter d’une rencontre avec les représentants du CIUSSS pour s’enquérir d’un plan B. «S’il y a quelqu’un qui doit être transporté en ambulance, habituellement, le corridor qu’on utilise ici, c’est Trois-Rivières. S’il faut que j’aille à Drummond ou à Victo, c’est le double du temps», fait-elle remarquer.

«Je veux être rassurée que si jamais j’ai une urgence, on ne met pas la vie des gens en danger parce qu’on ne peut plus traverser le pont. Quelles seront les alternatives? Va-t-on stabiliser les patients ici à Nicolet? J’ai plusieurs inquiétudes face à cette nouvelle-là», renchérit Mme Dubois.

Du même souffle, cette dernière salue la préoccupation du ministère des Transports dans sa façon de planifier ses travaux. «Je comprends que la nuit, il y a beaucoup moins de trafic. C’est probablement la période qui est la moins dérangeante pour les citoyens qui utilisent le pont quotidiennement», a-t-elle ajouté.

Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, trouve que l’horaire des travaux proposé est raisonnable. «On convient qu’on n’a pas le choix d’entretenir le pont. Il y a des travaux qui sont nécessaires. C’est sûr qu’idéalement, on ne le ferme pas. Mais on ne peut pas faire ces travaux-là en gardant le pont ouvert. Je ne peux pas critiquer le temps qu’ils ont choisi de le fermer», a-t-il indiqué.

Tout comme il apprécie que ces fermetures soient annoncées d’avance. «Et si ça implique des travailleurs, peut-être arranger leur horaire en fonction de ça», suggère-t-il.

À l’instar de la mairesse de Nicolet, Donald Martel espère que des discussions ont eu lieu au sujet du transport d’urgence en ambulance.

«Je n’ai pas cette information. Je vais certainement creuser ça. Je souhaite qu’ils aient pris cette précaution et je ne serais pas étonné qu’ils l’aient prévu. «Est-ce qu’il y a moyen de faire passer?», soulève-t-il comme interrogation.

Pour sa part, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, réagit positivement à un tel chantier. «C’est un mal nécessaire de faire ce travail-là. Les experts connaissent ça mieux que nous autres. Le pont a 50 ans. C’est nécessaire de faire durer une infrastructure aussi vitale et importante que celle-là, les travaux en question visant à lui donner une durée de vie supplémentaire de 70 ans», souligne-t-il.

Celui-ci dit apprécier la décision de réaliser sa réfection de nuit et durant la semaine. «Je trouve que c’est génial comme façon de faire. Je trouve que le ministère se soucie beaucoup de la qualité de vie des citoyens. Il n’y aura pas un empêchement ni une source de frustration comme on vit à Montréal avec plein de canards jaunes en pleine fin de semaine, où les gens travaillent juste de jour et ferment les chantiers la nuit», fait valoir le premier magistrat.

Pour lui, la façon d’informer la population est extrêmement importante. «Ça s’ajoute aux travaux du pont de la rivière Godefroy qui vont commencer cet automne. On va avoir un automne assez chargé du côté de Bécancour parce qu’il y a toute une section entre la rivière Godefroy et le secteur Sainte-Angèle qui va être fermée, ce qui nécessitera un détour par la rue des Jasmins. Tout ça va demander une concertation, de la communication aux citoyens pour éviter qu’ils se retrouvent devant des tronçons fermés », affirme-t-il.

Rappelant que 40 000 personnes empruntent quotidiennement le pont Laviolette, le maire Dubois parle d’un lien qui est absolument incontournable et indispensable pour l’économie de Bécancour et Trois-Rivières.

«Je ne pourrais pas imaginer comment de temps on pourrait vivre sans le pont. Il faut le traiter selon l’importance relative qu’il a sur nos économies respectives», croit-il.

À Trois-Rivières, son homologue Jean Lamarche signale «qu’à chaque fois qu’on a eu à fermer le pont, ça nous fait juste réaliser son importance, comment il est intégré dans l’économie et la vie des citoyens». «Bécancour serait le bout du monde sans pont», lance-t-il.

L’ancien conseiller en communication au ministère des Transports juge la façon de faire respectueuse des citoyens, compte tenu que le tout se fera de nuit, « au moment où les débits de circulation sont les plus bas ».

«C’est quand même des travaux importants et nécessaires. Maintenant, comme maire, ce qui me préoccupe, c’est les entraves. On sait déjà que la circulation à contresens, ça reste une mesure qui est supportable pour les citoyens», fait-il valoir.

Selon lui, on réalise l’importance du pont Laviolette «lorsqu’on doit mettre seulement qu’une voie dans chaque direction ou lorsqu’on doit le fermer». «On le réalise encore plus comment ce pont-là fait partie intégrante de la vie des gens de la Mauricie et du Centre-du-Québec», précise le maire trifluvien.

Pour le ministre responsable de la Mauricie, Jean Boulet, ces travaux, qu’il avait annoncés avec son collègue François Bonnardel, s’imposent pour assurer la sécurité et le maximum de pérennité au pont Laviolette «qui est une voie de passage tellement importante pour la qualité de vie et l’économie de Trois-Rivières, de la région et du Québec».

«Le ministère va ne faire que ce qui est requis pour assurer la santé, la sécurité de la population. Ce sera fermé de façon à affecter le moins possible la population et à avoir le moins possible d’impact sur l’économie et la qualité de vie. Je fais appel à la compréhension et la patience de la population de la Mauricie. Les travaux vont se faire avec diligence. Il ne faut jamais perdre de vue la finalité de ces travaux-là qui sont vraiment d’assurer la santé et la sécurité de tout le monde», conclut le député de Trois-Rivières.