Le CIUSSS MCQ a fait le point mardi sur la création d’une clinique de proximité au Centre Cloutier-du Rivage. On voit sur la photo, Karine Lampron, directrice adjointe des services de santé primaire, et Nathalie Boisvert, directrice des services ambulatoires et des soins critiques.

Fermeture de l'urgence Cloutier-du Rivage: le CIUSSS persiste et signe

Trois-Rivières - Face au barrage de critiques et de questionnements qu’il doit affronter depuis l’annonce de la fermeture de l’urgence du Centre Cloutier-du Rivage, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) persiste et signe. La nouvelle clinique de proximité va offrir des soins et des services plus accessibles et mieux adaptés au besoin de la population de Cap-de-la-Madeleine, a-t-il réitéré, lors d’une conférence de presse, mardi après-midi, dont l’objectif était de «rectifier certaines informations erronées» circulant au sujet de ce projet.

«Ce qu’on veut faire c’est de rassurer la population, spécifiquement pour dire qu’il y aura toujours des services à Cloutier-du Rivage. On a entendu dire qu’il n’y aurait pas de radiologie, qu’il n’y aurait pas de laboratoire, c’est complètement faux. Tous ces services demeurent en place. On va aussi avoir du sans rendez-vous, donc c’est encore possible de se présenter sur place pour voir un professionnel de la santé, une infirmière praticienne spécialisée ou un médecin de famille», explique Karine Lampron, directrice adjointe des services de santé primaire au CIUSSS MCQ.

À quelques jours de la fermeture de l’urgence qui est prévue vendredi, le CIUSSS a donc voulu se montrer rassurant. «Dans tout changement, il y a toujours des inquiétudes. Le but c’est de répondre aux préoccupations et de bien rectifier les faits. [...] On est convaincu que ce modèle est le modèle de l’avenir, le modèle de demain», assure Mme Lampron.

La nouvelle clinique va ouvrir ses portes le 21 octobre. Les heures d’ouverture seront du lundi au vendredi de 8 h à 20 h ainsi que le samedi, le dimanche et les jours fériés de 8 h à 16 h. Un médecin de famille sera sur place du lundi au vendredi de 8 h à 17 h.  

Rappelons que le projet prévoit l’embauche de cinq infirmières praticiennes spécialisées (IPS). Seulement deux ont été trouvées jusqu’à présent dont une en santé mentale. «Au niveau des infirmières, on a encore des postes qui sont à pourvoir. Cependant, on n’est pas inquiet par rapport au fonctionnement, parce que plusieurs infirmières praticiennes spécialisées vont mettre l’épaule à la roue. Donc, toutes nos plages [horaires] sont comblées», explique Mme Lampron. 

Elle admet qu’elle ignore quand tous les postes d’infirmières praticiennes spécialisées seront comblés. Le processus pourrait même durer plusieurs mois. «On est en recrutement continu et on sait qu’on a des finissantes qui s’en viennent en 2020-2021.»

Quant aux critiques formulées par le syndicat des infirmières qui estime que ce projet est improvisé, Mme Lampron n’est évidemment pas d’accord. «C’est leur opinion, mais nous, depuis le début, on tient des rencontres très régulières avec notre personnel. Les gens sont informés, donc il faudrait leur demander en quoi c’est improvisé jusqu’à maintenant.»

D’autres professionnels seront à la disposition des usagers comme des travailleurs sociaux, des kinésiologues, des nutritionnistes et des inhalothérapeutes.  D’ailleurs, à l’exception de la transformation de l’urgence, tous les services offerts au Centre Cloutier-du Rivage vont demeurer ouverts et inchangés, a assuré Mme Lampron.

Par ailleurs, de la fermeture de l’urgence à l’ouverture de la clinique de proximité, soit du 12 au 20 octobre, le Centre Cloutier-du Rivage sera en période de transition. Des travaux de rénovation seront réalisés afin de réaménager les lieux et une formation sera offerte à l’équipe de la clinique. «Pendant la période de transition, des infirmières seront sur place pour faire une évaluation de l’état de santé, de rassurer les gens et de les orienter vers un médecin si le besoin est», explique Mme Lampron. 

De plus, un médecin sera ajouté au Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) pendant cette transition. Il est aussi prévu qu’une infirmière du CHAUR accompagne la population face à ces changements.

Le CIUSSS a également annoncé que dans la foulée de la création de cette clinique, 1500 patients orphelins du secteur Cap-de-la-Madeleine se verront attribuer un médecin de famille. En effet, les 1500 patients du secteur Cap-de-la-Madeleine inscrits sur la liste d’attente du Guichet d’accès à un médecin de famille seront pris en charge graduellement au cours des prochaines semaines. 

Certains pourraient être contactés dès cette semaine. Cela est rendu possible grâce à l’engagement des cinq médecins de famille qui travailleront à la clinique et à la contribution des infirmières praticiennes spécialisées, souligne Mme Lampron. 

Est-ce que la clinique sera bel et bien fonctionnelle le 21 octobre? «Ça va être une clinique prête à recevoir des gens. Je ne peux pas dire qu’on va être à 100 % de fonctionnement et de roulement, comme chaque chose qui débute, on y va par la théorie des petits pas, mais plusieurs professionnels vont être sur place et les médecins également», affirme Mme Lampron. «À partir du 21, il faut que les gens retiennent qu’ils peuvent continuer à se rendre à Cloutier-du Rivage. Le service va être exceptionnel», assure Nathalie Boisvert, directrice des services ambulatoires et des soins critiques au CIUSSS MCQ.

PÉTITION DE PLUS DE 7000 SIGNATURES

Par ailleurs, la pétition s’opposant à la conversion de l’urgence du Centre Cloutier-du Rivage a recueilli plus de 7000 signatures. Elle a été remise au député libéral André Fortin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et de services sociaux. L’instigatrice de la pétition, l’infirmière à la retraite Andrée Lanneville, a rencontré la ministre de la Justice et députée de Champlain, Sonia LeBel, mardi matin. 

«Je voulais lui dire pourquoi on n’est pas d’accord avec la fermeture de l’urgence, quel est notre point de vue et quels sont les effets secondaires qui vont toucher la population», explique-t-elle. Mme Lanneville a qualifié la rencontre de positive tout en soulignant que Mme LeBel a écouté attentivement ses arguments.  «La balle est dans son camp», a-t-elle ajouté.