Les frères Paul et Étienne Lafond s’apprêtent à tourner la page par rapport à l’épicerie familiale.

Fermeture de l’épicerie Lafond

NICOLET — À défaut de pouvoir trouver un acheteur, l’épicerie Lafond de Nicolet fermera ses portes le 1er août prochain, et ce, après 65 ans d’existence.

«Je me suis fait offrir un poste en enseignement, dans le domaine de la boucherie. Je commence le 2 août. J’ai décidé de prendre cette voie-là. Mon père Louis est sur le bord de prendre sa retraite. Deux dirigeants s’en allaient et mon frère Paul ne voulait pas le reprendre si on n’était pas là. Il a le goût d’un nouveau défi», a expliqué au Nouvelliste Étienne Lafond.

Démarré par sa grand-mère, «qui vendait des bonbons à un sou dans le salon», le commerce était à vendre depuis janvier dernier. «C’est plutôt tranquille. Oui, ça a bougé pendant un certain temps. Ça prend des sous. Il y a quelques acheteurs qui se sont renseignés au niveau de la bannière, de la MRC», raconte le copropriétaire.

Celui-ci faisait pourtant partie d’un groupe de commerçants qui plaidaient pour la revitalisation du centre-ville de Nicolet. «On a essayé de faire quelque chose avant de prendre une décision, de se mettre tous ensemble les commerçants et d’essayer de faire bouger le centre-ville», confie-t-il.

En 2015, l’épicerie Lafond avait connu une forte baisse de son volume de vente alors que plusieurs commerçants avaient décidé de quitter le centre-ville. «On avait lancé sur les réseaux sociaux comme un système de capsules à saveur humoristique. Ça marchait gros. On a réussi à remonter ça. Ce n’est pas parce que ça n’allait pas bien. Notre magasin va très bien. On a eu une augmentation entre 12 % et 15 % juste à cause des réseaux sociaux à partir de 2016», souligne celui dont l’entreprise compte une quinzaine d’employés.

La mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, ne cache pas sa déception, «surtout dans le contexte où on met beaucoup d’efforts à ramener des gens au centre-ville».

«Ceci dit, on comprend tout à fait la décision des Lafond, c’est une famille qui a travaillé extrêmement fort et qui a d’autres défis. On continue quand même à essayer d’attirer des gens», assure-t-elle.

Selon cette dernière, «il y a d’autres projets qui s’en viennent». «La possibilité de travailler ce projet-là en forme collective est sur la table. Il y a énormément de travail qui se fait en collaboration. C’est encore dans les cartons. On souhaite maintenir une épicerie au centre-ville. On sait que c’est ce qui donne l’élan pour amener d’autre monde, d’autres commerces. C’est sûr qu’on continue de garder le cap pour maintenir cette épicerie-là», conclut Mme Dubois.