Lucie Lampron est aidante naturelle pour ses deux parents.

Femme et proche aidance, «un défi»

TROIS-RIVIÈRES — À l’instar de près d’un million de Québécoises, Lucie Lampron est aidante naturelle. Elle s’occupe de son père et de sa mère. Rencontrée au Centre loisir Multi-plus, à Trois-Rivières, dans le cadre d’une activité aidant-aidé, l’infirmière à la retraite aborde sa situation avec humour. «J’ai juste changé de grandeur de couches», banalise-t-elle, sourire en coin.

C’est avec son père que Mme Lampron vient rencontrer chaque semaine des gens, qui comme elle, vivent en prenant soin d’un proche en situation de perte de capacités cognitives.

L’activité hebdomadaire n’en est pas une de répit, mais bien de «rehaussement», où l’on mise sur le plaisir que peuvent encore avoir ensemble l’aidant et l’aidé.

Pour la deuxième partie de l’activité, les aidants et les aidés partent chacun dans leur groupe. Les premiers échangeront sur leur quotidien et la réalité de l’état de santé de leur proche, les autres feront des exercices visant à travailler leurs capacités motrices et cognitives.

Ce genre d’initiative, où la relation aidant-aidé est ainsi valorisée, serait unique dans la région, selon Lucie Lampron. Elle contribue à faire accepter sa situation à ceux qui la vivent et à briser l’isolement, indique la proche aidante.

Pour l’Appui pour les proches aidants d’aînés de la Mauricie et du Centre-du-Québec, le 8 mars, Journée internationale des femmes, est l’occasion de rappeler qu’«être femme et aidante est un défi de taille».

L’organisme qui a pour mission d’améliorer la qualité de vie des personnes proches aidantes de la région souligne que les femmes doivent composer avec des réalités parfois complexes. Représentant la majorité des personnes proches aidantes au Québec, souvent en situation de faible revenu, celles-ci doivent conjuguer le soin de leur proche avec des responsabilités familiales importantes, fait valoir l’Appui.

«On observe une certaine incongruité dans le fait qu’elles obtiennent dans une moins grande mesure une aide publique par l’entremise des crédits d’impôt qui leur sont destinés», déclare l’organisme.