On voit l’enseignante Sandra Hamel avec ses élèves de maternelle.
On voit l’enseignante Sandra Hamel avec ses élèves de maternelle.

Faire l’école en plein air à La Tuque

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — «J’aime être dehors et je n’aime pas les microbes.» On peut dire que la pandémie a donné le petit coup de pouce dont avait besoin Sandra Hamel pour se lancer tête première dans son projet de classe extérieure. L’enseignante de maternelle du La Tuque High School expérimentera au courant de la prochaine année scolaire l’apprentissage en plein air, été comme hiver, avec ses 13 élèves.

L’idée d’aménager une classe au grand air lui trottait dans la tête depuis un moment. Un abri spacieux directement dans la cour d’école n’attendait qu’à être utilisé. Cet espace servira de lieu de rassemblement et d’apprentissage.

«Cet endroit n’était pas exploité à sa juste valeur», mentionne Sandra Hamel.

Déjà au premier coup d’œil, on peut reconnaître l’environnement d’une classe. L’enseignante a pris soin d’accrocher les lettres de l’alphabet, des crochets pour le sac à dos, un tableau. Des jouets ont également été amenés. Les ateliers et les activités s’étendront aussi dans la nature à proximité de l’école. Ils utilisent, entre autres, les sentiers et les installations du Club des Trois Raquettes, que l’enseignante remercie chaleureusement pour leur implication.

«On va souvent à leur gazebo, et les enfants adorent ça», note-t-elle.

Tout peut servir à l’apprentissage dans la forêt, l’enseignante se sert des roches, branches, feuilles d’arbres, de l’eau. Les enfants comptent, mesurent, découvrent et ils expérimentent également.

«On peut aussi ramasser des objets pour vérifier s’ils flottent ou s’ils calent, c’est un peu de la science. Ils le lancent eux-mêmes dans le lac pour vérifier», explique-t-elle.

Beau temps, mauvais temps

La plus grande menace du projet qui attend l’enseignante et sa troupe est assurément l’hiver. Les températures polaires représenteront un défi, mais on mettra tout en œuvre pour les affronter, en assurant évidemment la sécurité des élèves.

La classe est aménagée à proximité de l’école.

«On dit aux parents de bien habillés les enfants pour l’hiver. On se fie à eux. On aimerait bien acheter des combinaisons pour le froid, mais on n’a pas de budget pour le moment. Le défi, c’est de trouver les sous», avoue l’enseignante.

«C’est sûr qu’on ne pourra pas s’asseoir 25 minutes à chanter une chanson à -30, avoue-t-elle, par contre pour les jeux libres, c’est vraiment simple même à -30. Il suffit de bouger».

Beau temps, mauvais temps, Sandra Hamel souhaite passer le plus de temps possible avec sa troupe à l’extérieur, mais elle est bien consciente qu’il faudra nécessairement entrer dans l’école à quelques moments.

«Évidemment, on ne peut pas apprendre à tenir un crayon l’hiver à -30. Je n’aurai pas le choix d’aller à l’intérieur. Je veux qu’ils soient prêts à aller en première année».

Pour se lancer dans une telle aventure, Madame Sandra l’avoue, il faut faire preuve de débrouillardise et de beaucoup de créativité.

«C’est aussi un défi en tant que prof. Il faut que je m’ajuste vite vite vite», lance-t-elle.

Sandra Hamel s’est inspirée de différents projets pour se lancer, mais également d’un cours qu’elle a suivi récemment sur la formation en nature.

L’expérience a été très bien accueillie par les parents qui sont convaincus des bienfaits de cette expérience. Ils se sont lancés avec plaisir dans cette aventure.

La classe est aménagée à proximité de l’école.

«Ma fille arrivait d’une garderie en milieu familial (qui met de l’avant le projet Enfant Nature). Pour une enfant comme la mienne qui était habituée d’être dehors, pour faire plein d’activités ludiques et d’apprentissages, ça facilite beaucoup son intégration», témoigne Charlotte Petrod, la maman d’une des élèves.