Angelica Caidedo, participante au projet et Chrystelle Jabrane, responsable du projet chez COMSEP.

Faire le lien entre l’école et la maison

Trois-Rivières — Accompagner son enfant sur la voie de la réussite scolaire, quand sa propre histoire académique est teintée d’échecs ou de conflits, présente son lot de défis. N’avoir connu l’école que dans une culture autre que celle de la terre d’accueil est également un obstacle à surmonter. Le projet École citoyenne vise précisément à «faire le lien entre ce qui se fait à l’école et ce qui se fait à la maison». Dès la maternelle. Avant que les difficultés ne surgissent.

L’organisme COMSEP profitait vendredi des festivités entourant la Journée de l’alphabétisation familiale pour présenter les réussites — «pas toujours chiffrables», précise-t-on — du projet mis sur pied en 2006 et qui se déploie aujourd’hui dans 12 classes de maternelle, réparties dans cinq écoles de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

L’initiative «de mixité sociale et de mixité culturelle», comme le souligne Chrystelle Tardif, responsable du programme, vise à aider les parents à apprivoiser le «projet scolaire» dès la maternelle. «Ce n’est pas toujours évident quand on a eu une histoire moins heureuse avec l’école de guider ses enfants sur le chemin de la réussite», explique Marie-Josée Tardif, coordonnatrice adjointe chez COMSEP.

L’accompagnement de parents issus de l’immigration dans la démystification de la culture scolaire québécoise est une autre réussite dont se félicite l’organisme. Angelica Caicedo, Colombienne d’origine et mère de quatre enfants, a ainsi pu profiter du projet pour se familiariser avec le système d’éducation québécois. La jeune femme, au Québec depuis une dizaine d’années, tire également parti des outils mis à la disposition des parents «pour pratiquer mon français», souligne-t-elle.

Au nombre des outils développés par COMSEP et par les écoles associées, on compte des trousses d’accompagnement à la lecture, des livres pour enfants traduits en swahili, en arabe ou en espagnol et des jeux de dextérité. On explique que ceux-ci visent à créer un lien entre ce qui se fait à l’école et ce qui peut être fait à la maison.

«Quand un élève entre à l’école, c’est toute une famille qu’il faut accueillir», fait valoir Manon Rocheleau, directrice aux écoles Saint-Philippe et Saint-Paul de Trois-Rivières, impliquées dans le projet. La directrice note que le lien parent-école n’est pas toujours facile, s’articulant trop souvent autour d’une situation devenue problématique. Elle louange le projet d’École citoyenne précisément parce qu’il a le mérite de nouer une relation avec le parent sur une base positive. «On peut travailler ensemble, on est complémentaire, notre lien est indissociable», explique la directrice.

Chez COMSEP, on se réjouit des effets collatéraux du projet. Celui-ci a pour conséquence heureuse d’ouvrir les portes de l’organisme à de nombreuses familles. Depuis 2016, parmi les 283 parents qui ont pris part au projet École citoyenne, plus d’une centaine ont été accompagnés par l’organisme à travers l’un de ses différents programmes. On parle notamment d’aide à l’emploi et de mesures de francisation.