France Gélinas, bénévole, Tina Leblanc, coordonnatrice de la popote roulante du CAB de Grand-Mère, Céline Bouchard, bénévole, Alain Boucher et Marie-Pier Drouin, respectivement directeur général et agente de développement à la CDC du Centre de la Mauricie, préparent les 60 repas du jeudi, dans le cadre de la semaine québécoise des popotes roulantes.

Faire davantage que servir des repas

Shawinigan — On se serre un peu les coudes dans les cuisines du centre d’action bénévole (CAB) de Grand-Mère. C’est que dans le cadre de la semaine québécoise des popotes roulantes, l’occasion est belle d’inviter des gens du milieu à mettre la main à la pâte, pour les sensibiliser à la réalité de ce service qui répond à un besoin de base pour de nombreux aînés et personnes en perte d’autonomie.

Bénévoles d’un jour, Alain Boucher et Marie-Pier Drouin, respectivement directeur général et agente de développement à la Corporation de développement communautaire (CDC) du Centre de la Mauricie, s’affairent ainsi, aux côtés des habitués, à préparer les 60 repas qui prendront la route ce matin.

«Les émotions sont garanties», assure Sylvie Gervais, directrice générale du CAB de Grand-Mère. C’est qu’au-delà de la livraison de repas, la popote roulante est parfois la seule visite que recevront les «clients» dans la semaine. On brise ainsi l’isolement.

Le service exerce aussi un rôle parallèle de vigie. Mme Gervais explique qu’il y a quelque temps, c’est une de ses équipes de livraison qui a constaté le décès d’un des bénéficiaires du service. Un événement rare, concède-t-elle, mais qui illustre le rôle de première ligne qu’exercent les bénévoles affectés à la livraison.

En plus des deux repas chauds, on livre aussi des repas congelés une fois par mois. Une routine qui a mobilisé près de 120 bénévoles au cours de la dernière année, permettant de servir plus de 5000 repas à 128 clients, au CAB de Grand-Mère seulement. À l’échelle du Québec, le Regroupement des popotes roulantes avance le chiffre de 2 millions de repas par année, pour toutes les popotes roulantes réunies. Un travail qui mobilise plus de 10 000 bénévoles et offre un soutien à près de 30 000 personnes.

À Grand-Mère, si les repas sont vendus au coût de 5 $ — seuil de l’autofinancement, indique-t-on —, la qualité n’en est pas moindre. Les opérations de la cuisine sont d’ailleurs strictement supervisées par le MAPAQ. L’endroit respire la propreté. Deux équipes préparent 30 repas chacune, côte à côte. Bien que la bonne humeur règne, on sent les bénévoles pleinement investis dans le sérieux de leur tâche.

Vers 10 h 15, une certaine fébrilité s’installe dans la cuisine. Les chauffeurs et les «baladeurs» commencent à arriver — on travaillera en équipe de deux. Les plats sont emballés, on place le tout dans des sacs isolants. On vérifie les itinéraires de livraison. Les trois équipes se mettent en route. Le duo de la CDC suivra pour poursuivre son immersion. D’ici midi, tous les repas auront été livrés.

Cela fait 43 ans que la popote roulante du CAB de Grand-Mère assure la livraison de repas dans la région, deux fois par semaine.

Sylvie Gervais convient d’emblée que la popote roulante est un service phare du CAB de Grand-Mère. C’est d’ailleurs souvent ce service qui va engendrer la naissance d’un centre d’action bénévole.

Or, à Grand-Mère, le CAB offre aussi une douzaine d’autres services. On le constate en ce moment, la salle communautaire de l’organisme a été transformée en centre d’impôt, pour toute la durée du mois de mars. On peut profiter du service si son revenu se situe en deçà d’un certain seuil — 25 000 $ pour une personne seule, 30 000 $ pour un couple et 2000 $ pour chaque enfant à charge. Des chiffres établis par Revenu Québec dans le cadre du Programme des bénévoles. On suggère au CAB une contribution volontaire de 5 $ pour les photocopies et les cartouches d’encre.

Si l’organisme est toujours à la recherche de bénévoles, l’important demeure que les gens qui sont dans le besoin n’hésitent pas à se prévaloir de ses services, insiste la directrice. «Certains ont beaucoup de difficulté à demander de l’aide. Les services sont là, il faut en profiter», déclare-t-elle.