Marjolaine Arcand et son conjoint Simon Bergeron, absent sur la photo, sont actuellement en voyage en Islande. Ils ont dû trouver un plan B pour revenir au pays, à la suite de l’annonce de la faillite de Wow air.

Faillite de Wow Air: des maux de tête pour plusieurs voyageurs

MONTRÉAL — La fin des activités du transporteur à bas prix Wow Air, qui a mis la clé sous la porte, donne des maux de tête à des milliers de passagers, dont des Trifluviens, qui font des pieds et des mains afin de rentrer chez eux.

En grande difficulté financière, l’entreprise islandaise fondée en 2011, qui n’avait plus d’options pour effectuer un redressement, a d’abord annulé tous ses vols, jeudi, avant d’aviser les voyageurs de se renseigner auprès d’autres compagnies aériennes pour se rendre à destination. D’après les estimations du gouvernement islandais citées par divers médias européens, il y aurait environ 4000 voyageurs bloqués, dont 1300 en transit.

Cette nouvelle est venue compliquer les plans de nombreux touristes, dont ceux de Marjolaine Arcand et de son conjoint Simon Bergeron. Après une journée passée à découvrir les paysages islandais en voiture, les deux Trifluviens ont appris la nouvelle de la fermeture de Wow Air.

Habitués des voyages, ils ont ensuite sauté sur le téléphone pour communiquer avec leur compagnie d’assurance et leur émetteur de carte de crédit afin de connaître les options qui s’offraient à eux.

«On a tenté de joindre la compagnie aérienne, mais nous avons été informés que plusieurs clients ont appelé et que Wow Air ne répond juste pas», explique Marjolaine Arcand.

Après plus d’une heure au téléphone avec différentes compagnies d'assurances, on leur annonce que les billets, achetés au coût de 86 $ par personne, allaient être remboursés, en plus des nouveaux billets achetés pour le retour qui s’élèvent à 2678 $ dont le trajet prévoit un arrêt à Londres.

«Les autres compagnies aériennes ont augmenté leurs prix, ils ne sont pas fous», ajoute la Trifluvienne. «L’assureur paye aussi les frais de subsistance à partir du moment où le voyage dure plus longtemps que prévu.»

Parents de deux enfants en bas âge, les deux résidents de Trois-Rivières assurent à tous qu’ils vont bien et qu’ils prennent la situation avec un grain de sel. «La dernière fois que nous avons voyagé en amoureux, nous avons eu un dégât d’eau à la maison en notre absence. Donc si on relativise, trois heures d’appel c’est pas si pire», note Marjolaine Arcand.

Marjolaine Arcand et Simon Bergeron sont actuellement en voyage en Islande. Ils ont dû trouver un plan B pour revenir au Pays, à la suite de l’annonce de la faillite de Wow air.

De son côté, la Québécoise Anne Dongois terminait jeudi un séjour de quatre jours en Islande et s’est empressée de réserver deux billets auprès d’Icelandair.

«Nous avons été chanceux parce que nous avons vu le courriel de Wow Air très tôt et nous avons pu nous tourner vers une autre option», a-t-elle expliqué au cours d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, en route vers l’aéroport de Reykjavik.

En voyage avec son conjoint, Mme Dongois a toutefois dû allonger 1700 $ pour acheter deux billets auprès d’Icelandair - une dépense qui n’était initialement pas planifiée.

Sur son site web, Icelandair indiquait, jeudi après-midi, qu’il n’était pas possible d’acheter un billet aller simple vers Montréal avant samedi - où le prix était d’au moins 2170,68 $.

Un remboursement possible?

C’est en 2015 que la compagnie fondée par l’entrepreneur Skuli Mogensen a commencé à offrir des liaisons depuis Montréal et Toronto vers l’Europe en passant par Reykjavik - la capitale islandaise. Wow Air desservait également Vancouver.

Au total, l’entreprise assurait des liaisons entre 27 aéroports d’Europe et d’Amérique du Nord. Le site web d’Aéroports de Montréal n’affichait aucun vol de Wow Air dans sa liste de départs prévus jeudi. Par l’entremise d’un communiqué et de courriels envoyés à ses clients, Wow Air indiquait qu’il serait possible de tenter d’obtenir un remboursement pour leur vol manqué auprès de leur compagnie de carte de crédit.

Au Québec, le Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages offre une protection à ceux qui ont acheté leur billet d’avion auprès d’un agent titulaire d’un permis au Québec, a rappelé l’Office de la protection du consommateur.

Toutefois, pour ceux ayant réalisé la transaction d’une autre façon, comme par internet, les options sont moins nombreuses. «La convention d’utilisation de la carte de crédit, généralement, prévoit que l’émetteur va rembourser le montant au client si ce dernier n’obtient pas le service qu’il a acheté, a expliqué le porte-parole de l’Office, Charles Tanguay. Lors de situations semblables dans le passé, les Visa et MasterCard de ce monde avaient rapidement signalé leur intention de rembourser rapidement leurs clients.»

Toutefois, à moins d’avoir une assurance à cet effet, les voyageurs devront assumer eux-mêmes des dépenses supplémentaires comme l’achat d’un autre billet d’avion pour rentrer au bercail.

- Avec des informations de l’Associated Press