Plusieurs raisons expliquent le faible retour en classe des élèves en difficulté durant la pandémie.
Plusieurs raisons expliquent le faible retour en classe des élèves en difficulté durant la pandémie.

Faible retour en classe des élèves en difficulté

Trois-Rivières — Les services particuliers dispensés par les écoles aux élèves en difficulté sont importants pour assurer la réussite scolaire de ces derniers. Or, à la lumière de statistiques recueillies par Le Nouvelliste auprès des trois commissions scolaires de la région, il appert qu’entre le tiers et la moitié de ces élèves ont repris le chemin des classes le 11 mai dernier. Cette situation n’est pas sans préoccuper les commissions scolaires.

À La Riveraine, environ 48 % des élèves en difficulté du secteur primaire sont revenus en classe. C’est elle qui présente le plus haut taux. Malgré cela, «il est certain que la Commission scolaire souhaite que le plus d’élèves en difficulté possible fréquentent le milieu scolaire», indique la secrétaire générale, Émilie Guay. «Cependant, certains besoins ou conditions de santé font en sorte que la présence en classe est plus difficilement envisageable de la part des parents», explique-t-elle. «Certains ont donc fait le choix de garder les enfants à la maison pour des raisons de vulnérabilité liées à la santé ou des difficultés d’adaptation anticipées en lien avec les nouvelles règles sanitaires», ajoute Mme Guay en précisant que le taux actuel de fréquentation des élèves en difficulté n’est pas considéré comme «étant anormalement bas ou problématique».

Cette dernière précise que néanmoins, «des travaux de réflexion et de collaboration avec les partenaires du CIUSSS sont en cours au sujet de la fréquentation scolaire des élèves en difficulté».

Le phénomène est également observé dans les deux autres commissions scolaires de la région, dont celle de l’Énergie où le taux de fréquentation des élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation est présentement de 32 %. Ils sont en effet 44 sur 139 en classe en ce moment, précise la responsable des communications, Amélie Germain-Bergeron.

Dans les classes spécialisées (troubles du comportement déficience intellectuelle, langage et les classes REACCH) 35,4 % des élèves sont présentement sur les bancs d’école à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. Il s’agit d’un faible taux, reconnaît la Commission scolaire. «Nous aurions souhaité qu’il soit plus élevé pour nos milieux vulnérables», indique la porte-parole, Anne-Marie Bellerose.

La Commission scolaire observe également qu’une portion seulement, soit 39,3 %, des élèves des écoles de milieux socio-économiques défavorisés sont en classe.

Il faut rappeler qu’en comparaison, lors de la rentrée du 11 mai, 55 % de tous les élèves de la Commission scolaire de la Riveraine étaient de retour, 48 % à la Commission scolaire de l’Énergie et 48,5 % à Chemin-du-Roy.

Cette commission scolaire croit qu’il est «bien difficile d’interpréter ces résultats puisque nous n’avons pas questionné les parents sur les motifs de leur choix d’effectuer ou non le retour en classe de leurs enfants», indique Mme Bellerose.

Pour s’occuper de cette clientèle particulière, «nous sommes vraiment à la limite. Nous n’avons plus de marge de manœuvre avec le personnel dans nos écoles. Toutes nos ressources disponibles sont utilisées», dit-elle.

Dans le cas des élèves absents, des communications hebdomadaires sont faites avec les parents, rappelle-t-elle, afin de leur rappeler l’importance, pour la réussite scolaire, d’une présence en classe de leur enfant.

«Le personnel des écoles communique chaque semaine avec les familles dont les enfants sont à la maison et qui éprouvent certaines difficultés ou qui se retrouvent en contexte de vulnérabilité», précise-t-elle.

À Chemin-du-Roy «nous sommes vraiment à la limite» en matière de nombre d’enseignants pouvant s’occuper de cette clientèle particulière», reconnaît Mme Bellerose. «Nous n’avons plus de marge de manœuvre avec le personnel dans nos écoles. Toutes nos ressources disponibles sont utilisées», dit-elle.

À la Commission scolaire de l’Énergie, on assure être présentement «en équilibre de nos ressources humaines et ne vivons pas de problématique de manque d’enseignants pour soutenir l’ensemble de nos élèves», assure Amélie Germain-Bergeron.

À la Riveraine aussi, les écoles communiquent de façon hebdomadaire avec les familles afin de transmettre des contenus d’apprentissage, pour maintenir le contact. «Les élèves en difficulté, comme tous les autres élèves, peuvent revenir à l’école dans la mesure où ils nous avisent une semaine à l’avance», précise la secrétaire générale, ce qui est le cas ailleurs aussi.

+

Pourcentage du retour en classe au primaire des élèves en difficulté

Commission scolaire de La Riveraine : 48 %

Commission scolaire du Chemin-du-Roy : 35,4 %

Commission scolaire de l’Énergie : 32 %