Joanne Blais, directrice de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie.

Faible hausse de candidatures féminines aux élections en Mauricie

(Trois-Rivières) Au total, 148 femmes ont déposé leur candidature pour le poste de mairesse ou de conseillère dans les 42 municipalités qui composent le territoire de la Mauricie, soit 29 % des candidatures.

Lors des élections municipales de 2013, on comptait 143 candidates, pour 28 % des candidatures.

«C’est intéressant qu’on ait maintenu un certain taux de mise en candidature chez les femmes, mais il reste encore beaucoup de choses à faire, parce qu’on est encore loin du 50 %. L’idéal, c’est qu’il y aurait autant de femmes que d’hommes qui se présentent parce que si on veut augmenter significativement le nombre de femmes élues, il va falloir augmenter de façon significative le nombre de femmes qui sont candidates aux élections municipales», a commenté la directrice de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie, Joanne Blais. 

Vendredi dernier, pas moins de 59 candidates ont été élues sans opposition contre 58 il y a quatre ans. Pour les conseillères municipales, 134 femmes sollicitent un mandat, comparativement à 130 en 2013. 

Puis, sur les 42 municipalités, 14 femmes, comparativement à 13 en 2013, sollicitent un siège à la mairie, et déjà trois d’entre elles ont été élues sans opposition.

Selon Mme Blais, «il y a encore beaucoup de travail à faire afin que les femmes se sentent davantage interpellées et qu’elles prennent enfin leur place».

«N’oublions pas que les femmes représentent 51 % de la population de la province, mais constituaient, jusqu’en septembre 2017, à peine le tiers des élus municipaux. L’augmentation du nombre de candidates et d’élues dans les conseils municipaux constitue donc un enjeu primordial pour la santé démocratique», affirme-t-elle.

À son avis, les femmes se présentant aux élections municipales contribuent non seulement à l’égalité entre les femmes et les hommes dans la société, mais elles ont également un impact direct sur leur communauté.

«Nous sommes conscientes qu’il y a encore des obstacles qui se dressent devant les femmes qui désirent s’impliquer en politique municipale, voilà pourquoi nous travaillons à les déconstruire et à trouver des solutions concrètes», admet la directrice.

Or, celle-ci est convaincue que les candidatures féminines auraient été plus nombreuses si son organisation avait reçu le financement nécessaire pour inciter les femmes à faire le saut en politique municipale.

«C’est sûr que le gouvernement dit que l’égalité est une priorité, qu’il faut avoir plus de femmes dans les instances de décision et en politique municipale, qu’il mobilise le ministère des Affaires municipales et la Fédération québécoise des municipalités, sauf qu’il faut continuer à investir dans les régions pour qu’il y ait du monde proche des femmes sur le terrain», fait remarquer Mme Blais. 

La Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie est toutefois fière de continuer de travailler en collaboration avec plusieurs acteurs, de différentes régions, dans le cadre du projet Plus de femmes en politique? Les médias et les instances municipales, des acteurs clés! 

«Ainsi, nous profitons de l’occasion pour interpeller de nouveau les médias et les instances municipales, étant eux-mêmes partie prenante des solutions touchant la représentation des femmes dans ce lieu décisionnel», conclut celle qui félicite les femmes qui ont décidé de relever le défi le 5 novembre prochain.

Du côté de la Table de concertation du mouvement des femmes Centre-du-Québec, on n’avait pas encore complété le traitement des données pour être en mesure de les commenter.