À la lumière de leur récente expérience sur le parcours D’Arbre en arbre du Parc de l’île Melville à Shawinigan, les trois membres d’une famille de la région de Montréal ont mis en demeure la direction du parc ainsi que la Ville.
À la lumière de leur récente expérience sur le parcours D’Arbre en arbre du Parc de l’île Melville à Shawinigan, les trois membres d’une famille de la région de Montréal ont mis en demeure la direction du parc ainsi que la Ville.

Expérience troublante à D’Arbre en arbre: la corporation du Parc de l’île Melville et Shawinigan mises en demeure

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Les trois membres d’une famille de la région de Montréal considèrent que leur récente expérience sur le parcours D’Arbre en arbre du Parc de l’île Melville à Shawinigan a été dangereuse et l’encadrement offert déficient, à un point tel qu’ils ont mis en demeure la direction du parc ainsi que la Ville de leur verser une somme totale de 9000 $ en dédommagement pour les préjudices qu’ils disent avoir subis.

Un couple ainsi que leur fille âgée de 14 ans réclament en effet 3000 $ chacun, une reconnaissance de responsabilité ainsi que des excuses écrites. Ils se réservent également le droit de réclamer des dommages punitifs pour atteinte à un droit protégé par la Charte québécoise des droits et libertés.

Ils soutiennent avoir été victimes de «négligence extrême et d’incurie» lors de leur visite sur le site de parcours acrobatique le 13 septembre dernier. Dans le récit détaillé de leur expérience contenu dans la mise en demeure adressée à la Ville et aux dirigeants du Parc de l’île Melville, ils décrivent les heures qu’ils ont passées sur le Grand parcours comme étant une expérience traumatisante.

Alors que la pluie s’est mise à tomber, ils racontent avoir demandé «un surcroît de prudence dans nos manœuvres sur le parcours», notamment à la station 4, nommée Sans limite. L’un d’entre eux avait alors de la difficulté à manœuvrer et avait besoin d’aide. Ils mentionnent avoir appelé un patrouilleur à au moins trois reprises pendant une période d’environ dix minutes, sans avoir de réponse. Ils se sont par la suite retrouvés dans une situation similaire lors d’une longue tyrolienne à la même station et déplorent que leurs appels aux patrouilleurs soient encore une fois demeurés sans réponse. Ils ajoutent que ce scénario s’est répété lors de l’avant-dernier trajet de la station 4.

«Inutile de préciser que ces étapes de fin de parcours ont été dangereuses, immensément stressantes étant donné la pluie abondante et marquées par la négligence grave de votre organisation qui n’a pas fourni les mesures de sécurité minimales pourtant promises», peut-on lire dans le document obtenu par Le Nouvelliste.

Après avoir entrepris le Grand parcours à 10 h 45, ils estiment l’avoir finalement complété vers 13 h 30, dans des conditions qu’ils qualifient «d’extrêmement difficiles». À la lumière de leur récit, ils n’étaient pas rendu au bout de leurs peines. En arrivant au pavillon d’entrée et de sortie du site, ils racontent avoir constaté que les lieux étaient déserts et que tout le personnel avait quitté.

«Votre personnel avait quitté sans vérifier au préalable si des participants se trouvaient sur le Grand parcours. Il s’agit d’un acte de négligence grossière et du manquement le plus grave à vos obligations de sécurité et de surveillance. Vous avez manqué, aussi, à votre obligation d’assurer la sûreté des personnes (article 1 de la Charte) et vous nous avez mis en danger avec une insouciance crasse», poursuivent-ils.

Le directeur général du Parc de l’île Melville, Luc Désaulniers.

De plus, ils déplorent qu’ils se soient retrouvés prisonniers à l’intérieur du site car, selon eux, toutes les clôtures étaient verrouillées quand ils ont finalement terminé. De plus, ils n’avaient pas de téléphone pour appeler à l’aide, car un préposé leur avait demandé de laisser leurs appareils dans leur voiture lors de l’achat des billets.

«Les clôtures du site sont hautes d’au moins huit pieds et sont équipées, à leur sommet et sur toute leur longueur, de fils piquants de type barbelé. À nos risques et périls, nous avons dû approcher une benne à ordures, y faire monter notre fille de 14 ans, qui s’est agrippée aux maillons de la clôture, l’a enjambée en tentant de ne pas se blesser sur les barbelés et l’a descendue de l’autre côté pour aller appeler à l’aide. Près de 400 mètres plus loin, notre fille est tombée sur quelqu’un (une dame préposée au stationnement du camping) et lui a communiqué notre situation», mentionnent-ils, avant de conclure en disant qu’ils ont été remboursés, et ce, malgré une attitude qu’ils qualifient de désabusée de la part de la préposée encore en fonction.

Pour que ça ne se reproduise pas

Joint au téléphone, le père de la famille confie que la raison principale de cette mise en demeure est d’éviter que des situations semblables arrivent à nouveau.

«Ça prend une prise de conscience, car ce n’est pas normal. On a été chanceux, car on n’a pas été blessé. Ça s’est bien terminé pour nous mais il ne faudrait pas que ça se reproduise», confie-t-il.

Le directeur général du Parc de l’île Melville, Luc Désaulniers, soutient quant à lui que les patrouilleurs certifiés qui travaillaient ce jour-là lui ont assuré qu’ils avaient bien vérifié qu’il ne restait plus personne sur le parcours selon la procédure habituelle avant de verrouiller les barrières et de quitter. De plus, il précise que ses employés lui ont indiqué qu’ils n’ont jamais entendu d’appels à l’aide.

«Peut-être que c’est en raison du bruit de la forte pluie qui tombait», avance-t-il, comme piste d’hypothèse.

En temps normal, les préposés demandent aux personnes qui se lancent à l’assaut du parcours de laisser une pièce d’identité au kiosque, qu’ils leur remettent lorsqu’elles rapportent l’équipement une fois qu’elles ont terminé. De cette façon, les employés peuvent savoir combien de personnes sont sur le parcours. Cette pratique a cependant dû être mise de côté en raison de la pandémie de COVID-19. Par contre, M. Désaulniers reconnaît qu’une mesure alternative aurait pu être mise en place.

Du côté de la Ville de Shawinigan, on confirme avoir reçu la mise en demeure et qu’elle a été transmise au service des affaires juridiques. Autant le maire, Michel Angers, que le directeur général, Yves Vincent, n’ont voulu faire de commentaires sur ce dossier.