On voit les pompiers lors d’une pratique de sauvetage sur glace et en eau froide qui a eu lieu ce week-end.
On voit les pompiers lors d’une pratique de sauvetage sur glace et en eau froide qui a eu lieu ce week-end.

Exercices de sauvetage sur glace et en eau froide pour les pompiers de La Tuque

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
LA TUQUE — Les pompiers du Service de sécurité incendie de la Ville de La Tuque se sont entraînés tout le week-end sur la rivière Saint-Maurice. Ils ont effectué des exercices pratiques en sauvetage sur glace et en eau froide. Alors que les tragédies impliquant les plans d’eau et les motoneigistes se multiplient, on se prépare au pire à La Tuque où l’on dénombre plus de 10 000 lacs sur le territoire et de nombreuses rivières.

«On est entouré de plans d’eau et il y a beaucoup de motoneigistes dans le secteur. On sait qu’on n’est pas à l’abri de ce genre d’incidents qui se sont passés au Saguenay et à Magog», lance le chef de division aux opérations incendie du Service incendie, André Vézina.

«C’est certain qu’on préfère pratiquer dans un mode pédagogique et avoir du plaisir à le faire, mais on est prêt à le faire en mode réel», ajoute-t-il.

Toutefois, c’est pour être prêt à toute éventualité que le Service incendie effectue ces exercices sur la rivière Saint-Maurice.

Sur place, 16 pompiers divisés en deux équipes ont pratiqué des techniques avec les équipements et vêtements spécialisés que requiert ce type de sauvetage.

«On fait plusieurs manœuvres dans le cas d’une personne qui serait tombée à l’eau, soit qu’elle serait accrochée à la glace, soit qu’elle serait complètement à la dérive, comme des motoneigistes par exemple […] C’est un entraînement annuel qu’on fait pour garder nos connaissances actualisées et être prêts en tout temps», explique David Matteau, lieutenant instructeur pour le Service incendie de Ville de La Tuque.

En plus de s’entraîner à différentes positions, les membres du Service incendie jouent également le rôle de la victime dans l’eau lors de ce type d’exercice.

L’activité s’est déroulée sur la rivière Saint-Maurice en amont du barrage La Tuque, sous le pont qui mène à la route forestière 25.

«Il faut trouver un plan d’eau sécuritaire et le meilleur environnement possible pour ça. Même en entraînement, on fait des vérifications au niveau de la glace. On vérifie la structure, l’épaisseur, la composition de la glace… On s’assure que ce soit sécuritaire pour procéder à l’entraînement. On est en mode de maintien de compétences», ajoute M. Vézina.

Évidemment que la récente tragédie qui s’est déroulée au Lac-Saint-Jean et les motoneigistes sauvés de justesse sur le lac Magog dans les derniers jours viennent rappeler l’importance de ces formations.

Des pompiers du Service de sécurité incendie de La Tuque lors d’une pratique de sauvetage sur glace et en eau froide.

«C’est certain qu’on y pense. On sait que ça peut nous arriver à nous aussi et ça prend tout son sens d’être prêt à agir», note David Matteau.

Le Service incendie de la Ville de La Tuque a dû intervenir sur la glace à quelques reprises dans les trois dernières années, pas seulement pour des motoneigistes.

«Beaucoup de gens pratiquent la villégiature, ils vont emprunter les cours d’eau en raquettes, à la marche, en ski de fond, peu importe, et il y a en effet des incidents», confirme André Vézina.

On apprenait récemment que l’industrie touristique québécoise devrait se plier à de nouvelles normes en matière de sécurité, notamment pour les motoneiges et les autres véhicules hors route.

Une formation sera obligatoire pour tous les guides en véhicules hors route ainsi que pour les touristes voulant louer un véhicule hors route.

«La formation qui sera exigée va faire en sorte que les choses vont peut-être changer. […] Par contre, personne n’est à l’abri d’un incident comme ça lorsqu’il s’aventure sur un plan d’eau».

«Les gens ont aussi en mémoire ce qui s’est passé dans les dernières semaines. Je crois que les gens vont finir la saison avec certaines craintes. Ils redoublent de prudence, moi le premier. J’avais de petites inquiétudes samedi, même si ce sont des plans d’eau que je suis habitué d’utiliser. J’ai eu le réflexe de vérifier la surface avant de m’y aventurer. On veut tous continuer de pratiquer ce magnifique sport d’hiver, mais pas au détriment d’en perdre la vie, ça c’est clair», ajoute le chef de division aux opérations incendie du Service incendie, André Vézina.

Des nombreux motoneigistes attendus à La Tuque

Le Challenge Blanc, un rallye de navigation hors-piste pour les motoneigistes, aura lieu dans quelques semaines à La Tuque. Le Service incendie sera prêt à intervenir à tout moment et dans toutes les situations.

«On connaît en grande partie les circuits qu’ils empruntent. On connaît les tracés et les points d’accès. […] L’organisateur a une équipe de sécurité. Ils ont des gens qui ferment les pistes pour s’assurer que tout le monde est passé. C’est bien structuré et bien organisé».

«Nous on s’assure quand même d’avoir toute l’information pertinente, les moyens de communication efficaces… On sait par où passer pour intervenir, que ce soit pour une blessure, un sauvetage ou autre chose», note M. Vézina.

On voit les pompiers lors d’une pratique de sauvetage sur glace et en eau froide qui a eu lieu ce week-end.

Ce dernier n’est pas sans rappeler que les participants à cette activité ne sont pas des débutants.

«Ce sont des grands débrouillards de la motoneige. […] On est à l’abri de rien et il y a des plans d’eau dans le circuit. Il faut être prudent, c’est certain», a-t-il conclu.