Richard Vadeboncoeur, vice-président au développement des affaires chez GDG Environnement, lors d’une conférence sur le Bti présentée à Shawinigan en février.
Richard Vadeboncoeur, vice-président au développement des affaires chez GDG Environnement, lors d’une conférence sur le Bti présentée à Shawinigan en février.

Exclusions de terrains: un impact à prévoir, estime GDG Environnement

Shawinigan — GDG Environnement prend note des nombreuses exclusions exprimées dans le secteur Saint-Gérard-des-Laurentides pour contrer l’épandage du larvicide biologique pour contrôler les insectes piqueurs. L’entreprise reconnaît également que la superficie que ces terrains occupent pourrait réduire l’efficacité habituelle du traitement dans cette zone pour certaines espèces.

Richard Vadeboncoeur, vice-président responsable du développement des affaires pour GDG Environnement, fait remarquer que le traitement contre une espèce spécifique de mouches noires (similium genestis), dans la rivière Saint-Maurice, ne sera pas touché par cette mobilisation.

«C’est leur seul gîte et il n’est donc pas affecté par des restrictions», explique M. Vadeboncoeur. «Le moustique, lui, vole à un kilomètre. Donc, un voisin qui a une très grande terre à bois dans le secteur Saint-Gérard qui s’exclut, il y aura moins d’efficacité dans un rayon d’un kilomètre. Mais c’est difficile à dire à quel pourcentage.»

Des mesures seront effectuées, au cours des prochaines semaines, afin de vérifier plus précisément les conséquences de ces exclusions. M. Vadeboncoeur s’attend à ce que l’impact se limite au secteur Saint-Gérard.

«La très grande partie de nos travaux continueront à se faire», tempère-t-il. «Nous aurons quand même une bonne efficacité à Shawinigan.»

Bien qu’il concède que ces exclusions nuisent à l’efficacité du traitement dans la zone impliquée, M. Vadeboncoeur assure que GDG Environnement s’efforce de respecter la volonté des gens.

«Si vous êtes un propriétaire et que vous ne voulez pas qu’on aille chez vous, pensez-vous que nous irons quand même?», questionne-t-il. «C’est le droit à la propriété. C’est toujours respecté, nous avons un système impeccable. Tout est géoréférencé. Si ces citoyens nous voient, c’est parce que nous serons chez un voisin.»

M. Vadeboncoeur ne nie pas que quelques «erreurs de système» aient pu se produire au fil des années, mais il ne s’agit pas d’un comportement délibéré. «Ceux qui veulent des exclusions n’ont pas à s’inquiéter», réitère-t-il. «Nous n’avons pas intérêt à nous faire des ennemis.»

Néanmoins, le porte-parole ne peut s’empêcher de déplorer cette mobilisation. «Nous trouvons que c’est très dommage, parce que, premièrement, les gens payent quand même», fait-il remarquer. «Deuxièmement, à qui font-ils du mal? Ils se font du mal à eux-mêmes et à leurs voisins. Nous sommes dans une période où on devrait plutôt se serrer les coudes. Ce sont des travaux importants, qui ont été jugés prioritaires par le gouvernement. Ça doit donc être maintenu, surtout qu’on s’attend à ce que les gens soient davantage dans leur cour cette année. Ce n’est pas le temps de se battre et d’alimenter des chicanes de voisins!»

«Nous avons la chance, au Québec, d’avoir un programme 100 % biologique», rappelle le porte-parole. «Si les gens veulent participer à la protection de l’environnement, ils ne choisissent pas le bon combat. Ils devraient plutôt faire des pétitions pour arrêter l’usage de pesticides chimiques, la perte d’habitats, les mauvaises pratiques agricoles ou industrielles. Le contrôle biologique est avant-gardiste et ce sera là encore longtemps.»

M. Vadeboncoeur ne croit pas que le contrôle biologique devienne plus compliqué dans la région, même s’il observe un questionnement plus soutenu à Shawinigan et à Trois-Rivières qu’ailleurs à travers la province. Malgré tout, l’administration municipale trifluvienne a réalisé un sondage, l’été dernier, dont les résultats démontrent que 70 % des répondants étaient favorables au contrôle des insectes piqueurs, rappelle-t-il.

«Vous l’avez, votre réponse», pointe M. Vadeboncoeur. «Ce n’est pas GDG qui le dit...»

Reprise

Le vice-président de GDG Environnement précise que les premiers traitements doivent s’amorcer cette semaine, un peu partout. «On ne parle pas des grandes manœuvres aériennes, mais pour les points chauds, les petites mares exposées au soleil, il peut y avoir une différence de trois semaines avec les milieux encore enneigés. Il y a aussi les ruisseaux, où sont les mouches noires pendant toute l’année. Dès que l’eau se réchauffe un peu, c’est le temps de traiter.»

M. Vadeboncoeur ajoute qu’un protocole particulier est mis en place en cette période de pandémie, afin de respecter les directives de la Santé publique. «La distanciation sociale va dans les deux sens», rappelle-t-il. «Ça vaut aussi pour les citoyens à l’endroit de notre personnel, nos employés qui travaillent malgré tout ce qui se passe. Une petite main d’applaudissement quand ils passent, ce serait apprécié.»