Luc Laramée explique le fonctionnement de l’horloge astronomique Espace-temps qu’il a réalisée avec entre autres des enseignants et des étudiants du Cégep de Trois-Rivières.

Être conscient de notre existence

TROIS-RIVIÈRES — «L’objectif de ce projet est que les gens prennent conscience qu’on existe sur cette Terre et de faire attention à nous. On est tous pris sur une boule et on doit régler nos problèmes. C’est une prise de conscience de la profondeur de l’être.»

Luc Laramée en a passé des heures à concevoir, à travailler sur des prototypes et à recommencer son ouvrage concernant son projet d’horloge astronomique. Ce projet qui bouillonne dans la tête de l’ébéniste et sculpteur depuis 10 ans voit finalement le jour: avec la collaboration d’enseignants des départements de physique et de génie électrique et d’étudiants du Cégep de Trois-Rivières, il a développé et fabriqué cette horloge qui permet de se situer par rapport au temps (jours, mois, saisons) et de comprendre le fonctionnement du système solaire.

«C’est des heures et des heures de travail. Ça a été un long parcours», ajoute M. Laramée, lors de l’inauguration de cette horloge qui a eu lieu mardi à la bibliothèque Louis-Martel du cégep trifluvien.

L’horloge d’environ 1,25 mètre de diamètre (environ quatre pieds) a la forme d’un présentoir circulaire sur lequel on retrouve les inscriptions relatives au temps, mais aussi un globe terrestre et une boule éclairée faisant office de soleil. Cette horloge permettra aux visiteurs de la bibliothèque d’apprécier non seulement l’inclinaison de la Terre, mais aussi de réaliser tout le chemin parcouru par les habitants de notre planète en 365 jours.

L’horloge léguée par M. Laramée au Cégep, d’une valeur de 15 000 $, est manuelle pour l’instant. L’objectif est que les mouvements de ses différentes composantes soient commandés par ordinateur.

«La commande électronique de cette horloge est complexe: faire incliner la Terre, créer l’ombre sur la Terre. Mais c’est un projet qui fait travailler nos enseignants sur la recherche et aussi nos étudiants. C’est du développement d’expertise pour trouver des solutions à des problèmes qui apparaissent simples, mais qui sont complexes», raconte Denis Rousseau, directeur des études au Cégep de Trois-Rivières, qui se souvient avec le sourire que la première version de cette horloge mesurait 14 pieds de diamètre!

Selon Luc Laramée, la conception, l’élaboration et la réalisation de l’horloge astronomique sont estimées à plus de 100 000 $. M. Laramée désire que cet outil pédagogique soit présent dans les écoles primaires et secondaires. Voilà pourquoi il a développé un modèle plus petit évalué à environ 5000 $. Il a notamment abandonné le socle en bois pour le remplacer par un baril de tôle. Le globe terrestre est plus petit.

Le développement de ce modèle a été fait en collaboration avec l’école secondaire Le Tremplin de Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Des élèves inscrits en arts plastiques ont décoré le baril de tôle afin d’égayer cette pièce qui sera utilisée à des fins pédagogiques.

«L’horloge sera placée dans notre bibliothèque et sera mise à la disposition des élèves pour comprendre notre système solaire. Ce sera utilisé dans les cours de sciences afin de prendre conscience de notre place dans l’univers», se réjouit Étienne Houle, le directeur adjoint du Tremplin.

Luc Laramée a contribué financièrement à ce projet et aimerait bien renflouer les coffres de son atelier en vendant des exemplaires de son horloge à des écoles. Il a aussi développé un modèle réduit pour le secteur résidentiel.

Parallèlement à ce projet, M. Laramée a pondu un roman inspiré de cette aventure. Le livre sera lancé cet automne.