Le professeur Gilles Parent réclame formellement le retrait du volet religieux du cours Éthique et culture religieuse.

Éthique et culture religieuse: le ministre de l’éducation interpellé

Trois-Rivières — Profitant de la conjoncture du débat sur la laïcité et de l’arrivée d’un nouveau gouvernement, Ghyslain Parent, professeur au département des sciences de l’éducation de l’UQTR, interpelle formellement le ministre de l’Éducation, lui demandant de soustraire le volet religion du programme Éthique et culture religieuse, qui vise les élèves du primaire et du secondaire du Québec. Le professeur en appelle à la cohérence des orientations du gouvernement.

Dans une lettre de trois pages, adressée au ministre Jean-François Roberge, M. Parent soutient notamment que le cours «contient des lacunes importantes qui nuisent à l’éducation et à la liberté de conscience à la fois des étudiants et des pédagogues qui ont l’obligation de dispenser cet enseignement». Il rappelle également que différentes pétitions ont été déposées à l’Assemblée nationale réclamant que le gouvernement réévalue la pertinence du cours. La dernière en date, intitulée Retrait du volet «culture religieuse» du cours Éthique et culture religieuse, avait reçu l’appui de 5345 personnes au moment de son dépôt, le 30 novembre 2016.

Selon le professeur Parent, le cours ne respecte pas les droits des non-croyants. Il s’inquiète également que, selon lui, certains enseignants transgressent les volontés du programme et fassent du prosélytisme en classe.

Membre du Mouvement laïque québécois, Ghyslain Parent s’est fait connaître dans la région pour avoir participé à la lutte visant à abolir la prière lors des assemblées du conseil municipal de Trois-Rivières. Plus récemment, il est un de ceux qui avaient pris la parole pour remettre en question la présence du recteur de l’UQTR sur des affiches annonçant une messe de Pâques dans les murs de l’établissement universitaire trifluvien.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’est engagé à revoir le format du cours d’éthique et culture religieuse d’ici la fin de son mandat

Reconnaissant des lacunes dans le cours d’éthique et culture religieuse, l’ancien ministre de l’Éducation sous le gouvernement libéral, Sébastien Proulx, s’était engagé à se pencher sur la question. C’est le matériel scolaire fourni aux professeurs qui posait le plus de problèmes, rapportait-on. C’était il y a un an, soit dix ans après l’implantation du cours dans le programme du ministère de l’Éducation.

Aujourd’hui, alors que c’est la CAQ qui est aux commandes, M. Parent se questionne sur les orientations qui seront prises. Il souligne que le ministre actuel est un ancien enseignant du primaire et qu’il a lui-même déjà donné le cours d’éthique et culture religieuse dans le cadre de ses fonctions.

Le professeur Parent mentionne dans sa lettre qu’«une étude faite au Québec auprès de futurs enseignants montrait que ceux-ci mettaient en doute tous les dogmes de la religion catholique et montrait qu’un nombre limité de futurs pédagogues croyaient en des divinités quelconques». Selon lui, cette situation crée un malaise chez plusieurs.

Au ministère de l’Éducation on dit ne pas vouloir commenter spécifiquement la lettre de M. Parent, mais on réitère l’engagement du ministre à revoir le cours dans son format actuel d’ici la fin de son mandat. On se garde toutefois de faire le lien avec les débats actuels sur la laïcité.

L’abolition ou le retrait du volet religion du programme Éthique et culture religieuse est une revendication récurrente de plusieurs groupes et citoyens. À l’Assemblée nationale, le Parti québécois est le seul à réclamer son abolition.

La lettre de Ghyslain Parent a aussi été envoyée aux différents représentants des partis d’opposition et à la présidente du Mouvement laïque québécois.