Pénélope Goudreault, étudiante à la maîtrise en sciences infirmières à l’UQTR.
Pénélope Goudreault, étudiante à la maîtrise en sciences infirmières à l’UQTR.

Êtes-vous motivé à suivre vos traitements?

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — L’hypertension artérielle touche une personne sur cinq au Canada. C’est un problème de santé sérieux car ses complications vont de l’accident vasculaire cérébral à l’infarctus en passant par la démence, les dommages aux reins et à la vue.

«On l’appelle le tueur silencieux», rappelle Pénélope Goudreault car l’hypertension ne se ressent pas comme d’autres maladies chroniques. Cette étudiante à la maîtrise en sciences infirmières à l’UQTR s’intéresse donc de près à ce qui motive les patients à suivre les recommandations qui leur sont faites pour contrôler l’hypertension. «Très peu d’études dans le monde ont été faites là-dessus», dit-elle.

Par recommandations, explique Pénélope Goudreault, on entend notamment faire de l’activité physique chaque jour, respecter les apports recommandés de consommation de sodium et augmenter son apport en potassium par une consommation accrue de fruits et légumes, cesser de fumer et prendre les médicaments prescrits par le médecin.

«Les saines habitudes de vie sont la base pour combattre les maladies chroniques», rappelle-t-elle.

«Il y a plusieurs programmes de prévention, de promotion de la santé qui ont été faits auprès des personnes ayant des facteurs de risques cardiovasculaires, mais c’est souvent axé sur les connaissances et les compétences. Toutefois, on se rend compte que beaucoup de personnes n’adhèrent pas au traitement et aux recommandations», explique-t-elle.

«Ce que j’essaie de comprendre, c’est la motivation intrinsèque des gens à adhérer à ces traitements, ce qui fait en sorte que les gens vont y adhérer ou non», résume-t-elle.

L’infirmière constate en effet qu’à court terme, beaucoup de patients suivent les conseils prodigués, «mais à long terme, ils ne persistent pas», dit-elle.

Mme Goudreault veut savoir si les patients «se sont sentis soutenus dans la décision des traitements à instaurer, si leur initiative a été encouragée, s‘ils se sont sentis écoutés et si ça a un lien» avec leur adhésion aux trois principaux comportements à suivre (prise de médicaments, exercice et réduction du sodium).

«On veut savoir si au travers de ça, la motivation est venue jouer un rôle», résume-t-elle.

Bref, la chercheuse veut connaître la différence entre la motivation intrinsèque par rapport à la motivation dite contrôlée, «c’est-à-dire quand c’est le médecin, nos amis, les infirmières, nos proches qui nous disent qu’on devrait faire ça pour diminuer ou contrôler notre pression», ajoute-t-elle.

Selon Mme Goudreault, les études révèlent que la motivation contrôlée permet un changement de comportement, mais pas à long terme. Or, «l’hypertension est une maladie chronique», rappelle-t-elle. «Ce n’est pas une période de temps durant laquelle je fais attention à mes habitudes de vie. C’est pour toute la vie. Donc, il faut que ça vienne de nous.»

Mme Goudreault souhaite démontrer que lorsque la motivation vient de l’intérieure, la personne va alors adhérer au comportement recommandé.

Ces hypothèses sont présentement basées sur l’observation de patients atteints d’autres maladies chroniques, comme le diabète. Dans l’hypertension, dit-elle, c’est plus difficile d’adhérer parce qu’on ne ressent pas de malaise. Cela fait en sorte que 50% de patients atteints d’hypertension artérielle vont arrêter de prendre leurs médicaments après un an, signale Mme Goudreault en se basant sur une étude à long terme effectuée en Europe.

Cette infirmière souhaite, grâce à l’étude qu’elle désire entreprendre sur des personnes souffrant d’HTA, permettre aux professionnels de la santé «de mieux adapter leurs interventions auprès de ces personnes afin de s’assurer qu’elles maintiennent leurs comportements à long terme. «Il faut des études et de la recherche pour mieux adapter nos interventions», résume-t-elle.

Afin de trouver réponse à ses questions, Pénélope Goudreault est à la recherche d’une centaine de volontaires âgés de 18 à 65 ans atteints d’hypertension qui accepteraient de répondre à un questionnaire d’ici la fin du mois d’avril. Pour y répondre, il faut aller à l’adresse suivante : http://www.uqtr.ca/motivation_hypertension_arterielle.