Autant au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques qu’à celui des Transports ou de la Sécurité publique, les porte-parole ne prévoient aucune intervention, pour la bonne et simple raison que cette propriété de leur appartient pas.

État du mur de la Belgo: Québec s’en lave les mains

SHAWINIGAN — L’appel du maire de Shawinigan pour procéder le plus rapidement possible à la démolition du mur de l’ancienne usine Belgo qui longe le boulevard Pie-XII ne provoque pas de branle-bas à Québec. Autant au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques qu’à celui des Transports ou de la Sécurité publique, les porte-parole ne prévoient aucune intervention, pour la bonne et simple raison que cette propriété de leur appartient pas.

Rappelons que cette semaine, Michel Angers a raconté qu’un automobiliste avait récemment reçu une brique de ce mur sur le pare-brise de son véhicule. Craignant pour la sécurité des usagers de la route, le maire réclame que les travaux de démolition de ce fameux mur soient devancés. En principe, le MELCC devrait aller en appel d’offres pour cette deuxième phase de chantier l’an prochain. Pour le moment, il se concentre sur le nettoyage des nombreux débris qui décorent cette porte d’entrée de la ville.

Daniel Messier, porte-parole régional du MELCC, fait remarquer que les interventions du ministère sont uniquement guidées par l’ordonnance émise l’an dernier. Pour le reste, le site appartient toujours à Recyclage Arctic Béluga, une entreprise qui n’existe plus que sur papier.

«Les interventions d’urgence visant à sécuriser la route adjacente en raison de chutes potentielles de débris ne relèvent pas du domaine de responsabilité du MELCC», écrit M. Messier par courriel. Ce dernier ajoute que le ministère ne possède d’ailleurs aucune information technique sur l’état de ce bâtiment.

Même tiédeur du côté du ministère des Transports. Sa porte-parole, Émilie Lord, mentionne qu’une communication est établie avec la Ville de Shawinigan sur cet enjeu. Mais le MTQ n’est pas propriétaire des installations, rappelle-t-elle.

«La démolition du bâtiment et le nettoyage du site ne relèvent pas du ministère des Transports», tranche Mme Lord.

Au ministère de la Sécurité publique également, la porte-parole, Louise Quintin, mentionne qu’«aucune intervention n’est planifiée» pour sécuriser le mur de l’ancienne usine.

À la Sûreté du Québec, l’incident auquel le maire a fait référence cette semaine n’a, semble-t-il, fait l’objet d’aucune intervention policière. La porte-parole Hélène Nepton précise que la dernière visite à l’ancienne usine Belgo remonte en mai dernier.

«Nous avions reçu un appel pour un incendie et sur les lieux, nous avions constaté que des gens avaient allumé un feu», relate-t-elle. «Trois personnes ont reçu des constats d’infraction municipaux pour s’être introduites sur un terrain privé sans autorisation. Une autre personne avait une autorisation du propriétaire d’être sur place.»

Il est bien connu que des individus squattent les restes de l’usine pendant une bonne partie de l’année. Recyclage Arctic Béluga a longtemps dénoncé des vols de cuivre et du vandalisme sur ce site abandonné.

Intervention ministérielle

La députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, comprend qu’il faudra une intervention ministérielle pour mettre ce dossier sur la voie rapide. Elle a porté ce sujet à l’attention du caucus régional vendredi, auquel participait notamment le ministre responsable de la Mauricie, Jean Boulet.

«J’attends des retours», commente-t-elle. «Je comprends que la Sécurité publique peut intervenir quand il y a un danger. Tant que le mur est droit et qu’il a l’air sain, ce n’est pas un enjeu pour ce ministère. Mais il ne faut pas attendre que ça tombe, qu’il y ait un accident mortel ou qu’une catastrophe survienne pour travailler.»

Mme Tardif réitère que les cabinets de divers ministres travaillent sur ce dossier.

«Ils essaient de voir quelle décision peuvent-ils prendre à court terme», explique-t-elle. «Ça ne faisait pas partie des plans pour l’instant. C’est un nouvel écueil qui arrive. De mon côté, je pousse le dossier.»

Mme Tardif ajoute qu’elle aimerait entrer personnellement en contact avec l’automobiliste victime de la déveine, afin d’étoffer le sentiment d’urgence auprès des instances gouvernementales.