La signature de l’entente s’est en présence d’Yvon Courchesne, de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs du Centre-du-Québec, de Daniel Habel, président de l’UPA du Centre-du-Québec, et de Mario Proulx, membre de l’exécutif de l’UPA du Centre-du-Québec.

Espèces envahissantes à contrôler: entente entre chasseurs et agriculteurs

Trois-Rivières — Le jumelage conclu entre l’Union des producteurs agricoles du Centre-du-Québec et la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs du Centre-du-Québec permettra aux chasseurs de profiter de leur sport de prédilection tout en aidant les agriculteurs dans le contrôle des espèces animales un peu trop envahissantes.

Les deux organisations ont signé, vendredi, ce protocole d’entente qui prévoit un cadre de gestion ordonné de la chasse en territoire agricole privé. Cette entente permanente serait une première au Québec.

Ce territoire est aux prises avec des surpopulations de cerfs de Virginie et de dindons sauvages, notamment. Selon Daniel Habel, président de l’UPA du Centre-du-Québec, ces surpopulations représentent un réel problème pour le monde agricole.

«Ces espèces, lorsqu’elles arrivent en surnombre, viennent affecter les rendements au niveau de nos récoltes, viennent piétiner nos récoltes en périodes d’été. Certaines espèces s’attaquent à nos stocks qui sont à l’extérieur. On parle entre autres de balles de foin enrobées, de boudins d’ensilage. Ces pellicules, qui viennent couvrir les matières, lorsqu’elles sont perforées, on est voué à la perte de ces matières-là. L’intervention est nécessaire dans certains cas.»

Quelque 140 agriculteurs rendent disponibles leurs terres via cette entente. Sur les quelque 3000 entreprises que compte l’UPA au Centre-du-Québec, ce nombre peut sembler faible. Mais ce n’est pas l’ensemble des entreprises agricoles qui sont aux prises avec ce type de problèmes.

«L’intérêt est sur les zones où il y a un besoin de déprédation, où il y a surnombre de certaines espèces. Si on parle du cerf de Virginie, en gagnant l’autoroute 20, en s’éloignant du fleuve un peu, il y a une réalité de surnombre. Quand on regarde au niveau du dindon sauvage, ce sont des îlots que l’on retrouve un peu partout. C’est vraiment localisé comme phénomène», ajoute M. Habel.

Ce projet s’est échelonné sur deux ans, à coups de rencontres entre agriculteurs et chasseurs. Des agriculteurs de partout sur le territoire ont été sensibilisés à la réalité de la chasse. Les agriculteurs sont ainsi mieux informés et les chasseurs connaissent aussi mieux certaines contraintes comme les zones interdites.

La chasse est une activité qui représente toutefois certains risques d’accidents et de dommages de toutes sortes. Voilà pourquoi la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs du Centre-du-Québec exige que les chasseurs soient membres individuels de la fédération.

«Cette carte de membre a une couverture d’assurance responsabilité civile de plusieurs millions de dollars qui couvre les activités de chasse et de pêche et les agriculteurs», précise Yvon Courchesne, président de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs du Centre-du-Québec, en soulignant que la chasse de ces espèces représente un outil de gestion.

Cet outil s’ajoute aux opérations d’effarouchement qui ont lieu sur les terres agricoles.